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  • Cosima désherite sa fille | Lola

    Comment Cosima Liszt Wagner, déshérita sa fille Isolde Franz Liszt appelait sa fille « ma terrible fille ». Elle le fut, peut-être, jusqu’ à déshériter sa propre fille Isolde, la première qu’elle eut avec Richard Wagner tout en étant encore mariée et vivant avec son premier mari Hans von Bülow qui reconnut Isolde, prêt à tout pardonner à Cosima ? Isolde eut la fâcheuse idée d’épouser un chef d’orchestre suisse Franz Beidler qui risquait de faire de l’ombre à Siegfried, le dernier rejeton que Cosima eut avec Wagner et l’unique de sexe masculin de ses cinq enfants *. C’est donc à ce dernier, Siegfried qu’il incombait d’assurer une « digne » descendance d’autant qu’il a choisi de travailler dans le même secteur que papa, la musique et qu’il se piquait d’être chef d’orchestre comme Franz Beidler, mari d’Isolde. Il y en avait un de trop, ce fut Franz qui fut chassé de Bayreuth par sa belle-mère Cosima. En 1909, Isolde très fâchée, intenta un procès à sa mère pour être reconnue fille biologique de Wagner, ce qu’elle était, et avoir sa part d’héritage. Hélas Hans von Bülow l’ayant déclarée comme sa fille, elle fut déboutée. Cette affaire poussa enfin Siegfried toujours célibataire à 46 ans à se marier et à avoir des enfants. Ouf la descendance est assurée mais plus jamais on osa évoquer le nom d’Isolde sur la colline. A lire Cosima Wagner, la maitresse de la colline par Oliver Hilmes, Editions Perrin (2012) *Pour mémoire, les deux premiers dont le père est Hans von Bülow, Daniela 1860/1940 et Blandine 1863/1941 et les trois derniers dont le père est Richard Wagner, Isolde 1865/1919, Eva 1867/1942 et Siegfried 1869/1930, seul garçon. Retour à Liszt intime Cliquez ici

  • oeuvres musicales

    Décourir Liszt, ses oeuvres sa vie, ses amis ses amours ... La Faust Symphonie Le thème du Docteur Faustus date du 16eme siècle. Personnage dépravé, magicien, astrologue, il s’était glorifié d’avoir conclu un pacte avec le diable Méphistophélès qui lui a permis de satisfaire tous ses désirs en échange de son âme. Il devint très vite un personnage de littérature, l’une des premières œuvres, la plus connue fut celle de Christopher Marlowe, poète anglais du 16eme siècle : Histoire tragique du Dr Faust. Le Faust de Goethe Goethe s’est emparé de ce thème qui l’a accompagné toute sa vie. Il en fit deux versions, la première la plus connue en 1808, Faust 1 et le second livre, Faust 2 avec une approche moins pessimiste fut publiée juste après sa mort en 1830. Au travers de ses poèmes, Goethe a sublimé le mythe de Faust et en a fait une source d’inspiration majeure de tout le 19eme romantique sous toutes ses formes, en littérature, poésie, musique, peinture, théâtre et au siècle suivant le cinéma s’y ajouta . La version qu’offre Goethe ne reprend pas exactement les mythes plus anciens, il y introduit notamment une histoire d’amour entre Faust et Marguerite. Nous pourrions résumer ainsi le premier poème : Le docteur Faust qui a passé sa vie dans la quête du savoir sans obtenir la satisfaction voulue souhaite se suicider. Le diable, Méphistophélès lui propose de lui rendre sa jeunesse et de lui apporter la richesse en échange de son âme. Celui-ci reste toujours insatisfait, il va séduire puis abuser de l’innocente Marguerite qui, subjuguée, va courir à sa perte et à celle de sa famille. Enceinte elle se sent déshonorée et tue le « fruit du péché ». Emprisonnée, elle repousse Faust qui veut l’arracher à son sort. Elle préfère s’abandonner à Dieu. C’est alors qu’une voix d’en haut la proclame sauvée. Dieu a pardonné. Liszt et Faust Méphistophélès accompagnera le très croyant Liszt sa vie durant, en musique bien sûr, de la Faust Symphonie à toutes les Méphisto valses et au travers de son obsession de la mort comme il pouvait la matérialiser par de petites choses ainsi d’une bague qu’il n’a jamais cessé de porter et d’une canne à l’effigie de Satan. La Faust symphonie est considérée comme l’un des chefs-d’œuvre absolus de Liszt. Elle est postérieure aux deux autres grands Faust, celui de Berlioz, La damnation de Faust et celui de Schumann, Scènes de Faust. Liszt a très exactement intitulé son Faust : Eine Faust-Symphonie in drei Charakterbilden, 1 Faust 2 Marguerite 3 Méphistophélès Que l’on peut traduire Une Faust symphonie en 3 portraits de caractères ou en 3 portraits psychologiques C’est Berlioz, son ami qu’il admirait tant qui lui a fait découvrir en 1830, le Faust de Goethe dans une traduction de Gérard de Nerval puis ensuite au travers de la fameuse Damnation de Faust et c’est à Weimar , la ville de Goethe où Liszt était Kapellmeister qu’ il composa sa célèbre symphonie. Initiée en 1840 mais achevée en 1854 après deux mois de travail intensif, elle fut jouée pour la première fois le 5 septembre 1857 lors de l’inauguration du monument à Goethe et Schiller devant le théâtre de Weimar. Liszt lui adjoindra 3 ans plus tard l’épilogue « Choral Mysticus » pour ténor et chœur d’hommes …. Œuvre grandiose considérée comme un poème symphonique comparable à la 9eme de Beethoven, elle montre selon Alan Walker, la maîtrise de Liszt pour la composition orchestrale. Œuvre d’une absolue nouveauté pour l’époque, elle fut dédiée à Berlioz. Trop innovante, elle dérangea et tomba dans l’indifférence. Elle fut très peu jouée dont une fois par Hans von Bulow puis demeura à l’abandon pendant près d’un demi-siècle. Aujourd’hui, reconnue, elle est unanimement considérée comme un monument de la musique romantique, pour ses innovations audacieuses, sa richesse musicale et sa grande subtilité. Pour terminer, citons de nouveau Alan Walker : « plus elle s’éloigne dans le temps, plus elle semble grandiose. » De l'interprétation des œuvres Voici la contribution d'une internaute « Il y a une grande mode aujourd'hui chez les jeunes interprètes, c'est de jouer le plus vite possible, et de faire le plus de mouvements possibles avec le corps, le visage, et les yeux en tournant la tête vers le public afin d'être vu. On a l'impression d'être dans la Rome antique, dans une arène, avec des fauves, la beauté n'est pas au rendez-vous dans ces cas-là. La vitesse est parfois tellement rapide que l'on ne reconnait même plus les œuvres. Pauvres compositeurs ! Quand on pense que Beethoven , avant d'être sourd, piquait des colères contre ceux qui jouaient trop vite ses œuvres ! Il doit se retourner dans sa tombe, le pauvre, tout comme les autres. Franz Liszt par exemple, sous prétexte que ses œuvres sont virtuoses, est joué très souvent sans sentiments. Mais pourquoi ne copient-ils pas les grands interprètes ? Parmi les vivants, il y a encore de merveilleux pianistes. Au festival Lisztomanias de Châteauroux, on a eu la chance d'entendre le merveilleux pianiste et professeur Bruno Rigutto en master class : il a passé son temps à ralentir ses élèves. Quelle interprétation des œuvres ! Et quelle maîtrise ! Beaucoup de jeunes laissent leurs doigts s'emballer. Le pire est lorsque le public applaudit à tout rompre ce genre d'exhibition. Heureusement qu'il reste quelques grands maîtres capables de faire comprendre à ces jeunes que la musique, c'est un art, et pas un duel contre son instrument. Une mélomane » La réponse de Liszt-franz.com , un jeune pianiste qui a bien compris cela. L’ouverture du festival Lisztomanias Châteauroux a démarré avec l’Orchestre Pasdeloup et François Dumont qui a dirigé du piano le concerto pour piano et orchestre n°3 en ut mineur op37 de Beethoven dans la cadence de Franz Liszt. Quelle est cette cadence ? Citons Alan Walker dans son Liszt tome 1, "Ce n’était pas contre les tempi rapides en tant que tels que protestait Schindler (1795-1864, biographe de Beethoven) mais contre le fait que les détails y perdaient leur effet. D’après Schindler, trois des experts les plus qualifiés de l’époque, Hummel, Hiller et Czerny s’accordent à témoigner du fait que Beethoven lui-même dirigeait ses œuvres plus lentement que ne fut la mode par la suite. Ce furent les tempi lents de Liszt dans les symphonies de Beethoven qui attirèrent l’attention du critique J.C. Lobe (1797-1881) lorsqu’ il entendit pour la première fois Liszt diriger trois de ses œuvres à Weimar : « Liszt prit les symphonies de Beethoven dans un tempo généralement plus lent que nous ne les avions entendues précédemment et leur réalisation y puisa singulièrement bénéfice". L’interprétation de François Dumont avec la cadence de Beethoven a fait l’objet de la part de Bruno Rigutto dans le cadre de sa master class du lendemain de l’appréciation suivante : « Belle interprétation, on comprenait chaque note, c’était clair, tout ce qu’il a joué, c’était comme de la lumière » Nous sommes d’accord avec vous Maître ! Les caricatures de Liszt au piano Les caricatures de Liszt Bruno Rigutto et la Master Class François Dumont Site officiel Cliquez ici François Dumont et l'Orchestre Pasdeloup - Lisztomanias 2020 Les caricatures de Liszt au piano notamment pendant sa Glanz-Period sont célèbres en particulier celles de Jànos Janko peintre et caricaturiste Hongrois publiées en 1873 et celle du peintre portraitiste Henri Lehmann le montrant en gravitation alors qu´il interprète son fameux galop chromatique. Liszt vivait sa musique avec tout son corps et cela était innovant voire choquant pour l’époque aussi ne manquait on pas de l’opposer à son non moins célèbre et concurrent de l’époque, Sigismund Thalberg . Citons Heinrich Heine , écrivain allemand : « Il est impossible d’imaginer un contraste plus tranché que Thalberg, noble, sensible, intelligent, tendre, calme, Allemand et même Autrichien opposé à Liszt, emporté, orageux, volcanique, fougueux comme un titan » François Joseph Fétis , musicien et critique Belge qui détestait Liszt, autant que Heine , conclura que Thalberg est le champion de la musique de l’ avenir et Liszt l’ apôtre du passé ! Quelle clairvoyance ! Liszt a été le premier à mettre tout son corps y compris sa magnifique chevelure en osmose avec la musique qu’il jouait. Il entrait ainsi en transe subjuguant son public par sa virtuosité et son fascinant charisme. Cela lui vaudra des charges bien imagées, Heine que nous venons de citer : « Quand il s’assied au piano, qu’il a rejeté plusieurs fois en arrière sa longue chevelure et qu’il commence à improviser, il se jette souvent avec furie sur les touches d’ivoire, alors surgit une forêt de pensées chaotiques … ». Plus tard en 1841, il écrira : « Liszt est une sorte de phénomène météorologique, quand il dépeint un orage au piano, nous voyons des éclairs ébranlant ses traits convulsifs, ses membres semblent secoués par la tempête et ses longs cheveux semblent ruisseler de plui e » De nombreux autres témoignages dépeignent Liszt au piano, parmi les plus célèbres - Friedrich Wieck professeur de piano allemand, père de Clara Schuman, « Certains pianistes transpirent, balayent leurs cheveux qui tombent sur leurs yeux, lorgnent l’auditoire tout énamourés d’eux-mêmes. » - Ernest Legouvé , écrivain français le décrit comme "un animal sauvage jetant constamment ses cheveux en arrière, ses lèvres tremblantes, ses narines palpitantes, balayant le public de son sourire". - Louis Moreau Gottschalk , pianiste et compositeur américain, fit en 1860, l’une des charges les plus féroces « Quand il jouait, le mouvement de sa tête, le balancement miraculeux de son corps, les contractions de ses énormes doigts le faisait ressembler à un fakir dans les affres d’ une convulsion extatique. Se penchant en arrière , les yeux fermés, la bouche serrée, secouant son immense chevelure, se ruant sur le clavier comme une bête sauvage sur une proie, balayant de ses cheveux les touches, les emmêlant de ses doigts sur ses yeux endoloris, il semblait lutter comme les anciens pythons dans l’ étreinte d’ un dieu invisible ». Nous voyons que la chevelure fait largement partie du mythe lisztien . Pourtant Liszt n´ a pas été le premier à adopter cette coiffure romantique, à commencer par Beethoven et surtout Paganini. Il eut de nombreux suiveurs notamment parmi ses disciples, comme Anton Rubinstein et Arthur Friedheim qui tous deux avaient coutume de rejeter leurs cheveux en arrière quand ils jouaient. Toutes ces démonstrations acrobatiques étaient-elles gratuites, répondaient elles au désir de Liszt de se faire de la publicité ou plutôt, comme l’explique Jean Marc Onkelinx sur son blog, ne sont-elles pas liées à la pensée musicale très sophistiquée de Liszt : «Le geste possède une signification strictement musicale et même s’ il peut impressionner l’ auditeur et le spectateur, cette libération du corps permet au piano de faire un bond en avant. Et cela c’était vraiment nouveau » ? Liszt Chef d'orchestre "Liszt, à la tête d'un orchestre, est le prolongement de Liszt au piano" (Lina Ramann ) Sa musique très en avance sur son temps déroutait le public et les musiciens particulièrement médiocres dans la première moitié du XIXème. La direction consistait alors à battre la mesure et à laisser l'orchestre jouer seul, certains chefs, allaient même s'asseoir. le bâton sur les genoux. Liszt au contraire s'impliquait, il n'hésitait pas à bondir sur l'estrade pour reprendre les musiciens, Il dirigeait de tous ses membres, de tout son corps, se "tortillait" selon ses détracteurs. Mais battre la mesure n'était pas pour lui l'essentiel. Sa gestuelle en tant que chef d’orchestre fut très critiquée à tel point que lassé, il jeta son bâton et écrivit : « La véritable tâche du chef d’orchestre consiste, selon moi, à se rendre ostensiblement quasi inutile. Nous sommes pilotes et non manœuvres". Les chefs de l’avenir donneront raison une fois de plus à ce précurseur. La modernisation de la technique des pianos D’autres éléments ont contribué au 19ieme siècle à améliorer la qualité, la rapidité du jeu, c’est la modernisation de la technique des pianos. Apparition du piano à 8 octaves, une plus grande longueur des cordes, les marteaux de cuir sont remplacés par des feutres et surtout le double échappement mis en place par Erard en 1821, amélioré en 1833, qui autorise une répétition rapide des notes. Caricature de Henri Lehmann. Liszt a 32 ans, il est au cœur de sa Glanz-Period. Lehman peintre, ami de Liszt et de Marie d'Agoult dont il réalisa plusieurs portraits. Cette caricature est intitulée Galop chromatique exécutée par le Diable de l’harmonie le 18 avril 1843. Liszt semble léviter de son siège, accréditant les critiques de ses acrobaties au piano. Il se mettait tout en mouvement, doigts, poignets, bras corps et même la chevelure dont il jouait provoquant parfois l’hystérie des foules et la fameuse Lisztomania Les célèbres caricatures de Jànos Janko Khatia Buniatishvili pour voir la vidéo Cliquez ici Glenn Gould Cliquez ici Des gestuelles d'aujourd'hui Lang Lang pour voir la vidéo Cliquez ici Liszt Chef d'orchestre "Forte" et "piano" Franz Liszt par l'image, Laszlo Les Ad nos, ad salutarem de Franz Liszt "... L' œuvre la plus puissante que j'e n'ai jamais entendue à l'orgue … " Le Ad Nos de Franz Liszt comme porte d’entrée vers la découverte d’une pratique d’interprétation cachée du XIXème siècle. Traduction du titre du dernier ouvrage, en allemand, de Bernhard Ruchti, Commentaires de Diane Kolin, musicologue, sur le livre de Bernhard Ruchti pour le site liszt-franz.com L’œuvre pour orgue Ad nos, ad salutarem undam de Liszt a quelque chose d’envoûtant. Tiré de l’opéra Le Prophète de Meyerbeer , qui a inspiré de nombreux compositeurs et a donné lieu à de multiples transcriptions et variations, le thème Anabaptiste, assez court, a donné naissance à une variation pour orgue et pour piano quatre mains assez longue, composée par Franz Liszt. Le musicologue, pianiste, organiste et compositeur Bernhard Ruchti a exploré durant plusieurs années l’histoire de cette œuvre. De cette recherche est né le livre « "...das Gewaltigste, was ich je auf der Orgel gehört habe ": Franz Liszts Ad Nos als Tor zur Wiederentdeckung einer verborgenen Aufführungspraxis des 19. Jahrhunderts », qui peut se traduire par « "…La plus grandiose œuvre pour orgue que j’ai jamais entendue…" : Le Ad Nos de Franz Liszt comme porte d’entrée vers la découverte d’une pratique d’interprétation cachée du XIXème siècle ». Disponible en allemand, il est prévu qu’il soit prochainement traduit en anglais. L’ouvrage comporte deux parties principales, une conclusion et un chapitre de ressources. La première partie retrace l’historique de l’œuvre, depuis les représentations de l’opéra de Meyerbeer jusqu’à l’influence de la composition de Liszt sur celles de l’organiste et pianiste Julius Reubke . La seconde partie porte sur l’interprétation d’Ad Nos et les pratiques d’interprétation du XIXe siècle, notamment en termes de tempi, à partir de notes laissées par Liszt sur ses partitions autographes, mais également d'écrits de ses contemporains, parmi lesquels figurent, entre autres, Hans von Bülow, Richard Wagner, Lina Ramann et Richard Pohl. Un troisième chapitre relie les deux précédents au travail de Bernhard Ruchti sur les décryptages de tempi dans les œuvres de compositeurs du XIXe siècle. Il y mentionne notamment son enregistrement d’Ad Nos dans la Cathédrale de Merseburg, où l’œuvre fut créée en 1855, et que Ruchti a interprété dans son tempo original sur la base de sa recherche en 2019. Enfin, un dernière partie permet de mettre en relation des passages importants de ce livre avec la partition d’Ad nos et l’enregistrement de Ruchti sur l’orgue de Merseburg; ce chapitre sera tout particulièrement utile aux musicologues et interprètes souhaitant à leur tour tester les hypothèses de Ruchti. Diane Kolin , musicologue. Fait à Toronto, Canada, le 29 mars 2021. Pour se procurer cet ouvrage Cliquez ici Diane Kolin musicologue Franz Liszt compositeur de lieder enchanteurs et originaux Le ténor Cyrille Dubois accompagné du pianiste Tristan Raës vient de sortir un CD enchanteur consacré à quelques-uns des plus beaux lieder de Franz Liszt Cliquez ici... . Il s'ajoute à d'autres enregistrements effectués par de prestigieux interprètes ; Dietrich Fischer-Dieskau a enregistré une anthologie accompagné par Daniel Barenbaum au piano (version vinyl : Cliquez ici... , Kiri Te Kanawa, Thomas Quasthoff, Jonas Kaufmann, Diana Damrau, Vincent Figuri, Cyril Huvé a aussi enregistré l'intégrale des lieder de Liszt accompagnant au piano plusieurs sopranos et ténors dont Ernst Haefliger . Ils ont tous donné raison à Hans Richter (1843-1916), chef d’orchestre ; « you will see, we will have to come back to Liszt. The excellence imbedded within Liszt' s songs will find their right place among the major songs of Schubert, Schumann and Wolf in the twenty-first century “. "vous verrez, nous reviendrons à Liszt. L'excellence enchâssée dans chacun de ses lieder trouvera sa juste place parmi les meilleurs lieder de Schubert, Schumann et Wolf au XXI ème siècle" Le lied désigne une petite pièce musicale- à l'origine poème germanique populaire- chanté par une voix et accompagné le plus souvent par le piano. C'est l'équivalent de la mélodie française à qui Berlioz donna ses titres de noblesse. Les thèmes essentiels des lieder sont l'amour, la nature, les voyages, la nuit, le désespoir, la mort. Schubert , que Liszt vénérait et dont il a transcrit plusieurs lieder, fut le plus prolifique, il en composa plus de 600, Schumann en composa 138. Pour Liszt ce serait 127 selon Alan Walker qui tient compte des reprises et des refontes conséquentes qu'il a effectuées à Weimar notamment sur les lieder qu'il avait composés pendant sa Glanz-Periode principalement de 1839 à 1849. Il les a composés essentiellement en allemand (70%) mettant en musique des poèmes de Goethe, Schiller, Heine , mais aussi en français avec 8 poésies de Victor Hugo , en italien avec les sonnets de Pétrarque et en hongrois . Comme d'habitude, Liszt le novateur, n'a rien fait comme les autres mélangeant les règles allemandes du lied avec les influences mélodiques françaises ou italiennes - en se référant à la tradition du bel canto et de l' opéra italien - et les influences tziganes. Busoni a bien résumé la ligne créatrice de Liszt :" la floraison mélodique du latin plane au-dessus de la profondeur de pensée du nordique ". En bref des compositions cosmopolites à l'image de Liszt qui n'ont pas plu, notamment aux puristes allemands qui l'accusèrent de dévoyer le genre du lied en lui donnant des couleurs et des structures trop transgressives. Liszt dit avoir beaucoup travaillé ses lieder qu'il a sans cesse remaniés notamment à Weimar de 1848 à 1861 où il avait à sa disposition des interprètes de très haut niveau comme Emilie Genast , qu' il pouvait accompagner lui-même. Serge Gut cite l’avis de Liszt sur ses premiers lieder " Ils sont la plupart du temps d'un sentimentalisme trop boursouflé et l' accompagnement est souvent trop touffu ". Il les a ainsi simplifiés, dépouillés au profit d'un ensemble équilibré, subtil, impressionniste, lyrique. Il espérait néanmoins que ses lieder de plus en plus désespérés au fur et à mesure qu'il vieillissait, trouveraient un public mais sans trop y croire. Il écrivit à Brendel en 1859 qu'il serait encore critiqué. Pourtant combien de fois dans des cercles où il était honni, sa musique a été applaudie quand on ne savait pas qu’il en était le compositeur. Ainsi cet exemple cité par Serge Gut, dans un des salons qui lui étaient fortement hostiles, par erreur ses lieder présentés comme des œuvres posthumes de Schubert remportèrent un grand succès et furent bissés. L’article du Monde du 17 janvier 1988 rend à Liszt, compositeur de lieder, ses lettres de noblesse. En savoir plus. Quelques lieder parmi les plus célèbres - Lieberstraume (Rêve d'amour) est un recueil de 3 œuvres avec deux versions la première pour voix et piano et la deuxième est une transcription pour piano seul. Ils décrivent 3 différentes formes d’amour. Le premier décrit l'amour religieux, le second évoque l’amour érotique le troisième, le plus célèbre, sur un poème de Freiligrath parle de l'amour mature : " oh aime tant que tu peux aimer ". On sait peu de chose sur ces lieder sinon qu'ils ont été composés à une époque où cela allait mal entre Marie d'Agoult et Liszt, la rupture étant consommée. Pour en savoir plus, nous vous invitons à écouter l'émission Musicopolis du 14 février 2019 consacrée à ce lied. En savoir plus. - Les trois sonnets de Petrarque , récits des amours du poète après sa rencontre avec Laure. Ces lieder extraits du livre 2 des Années de pèlerinage ont été inspirés par ses amours avec Marie d'Agoult au bord du lac de Garde. Ces sonnets ont été maintes fois remaniés, révisés, ils sont célèbres en version pour piano seul. Nous vous invitons à écouter Philippe Cassard dans l'émission de France musique " Notes du traducteur" du 20 juin 2015 Liszt, 3 sonnets de Pétrarque. En savoir plus. Et à vous enrichir en lisant Philippe André Les années de pèlerinage tome 1 et 2 En savoir plus. - Die Lorely fut le premier lied écrit sur un poème dramatique de Heine. Lorelei est le nom d'une nymphe qui attire les navigateurs du Rhin par ses chants jusqu' à leur perdition. On perçoit les traditions françaises et hongroises dans cette mélodie originale et captivante. - Der Fisherknabe , aussi dramatique que le lied précédent, le jeune pêcheur sur le lac terrifiant engloutissant une innocente victime. Ecriture pianistique dépouillée, lyrique plus que virtuose. - Les Lieder sur les poèmes de Victor Hugo : Enfant si j'étais roi, Oh quand je dors, Charmant gazon, Comment disaient-ils? Liszt et Hugo s’admiraient. Liszt lui a donné quelques leçons de piano. Écriture musicale pleine de charme inspirée d'une ligne mélodique française. - Die drei Zigeuner de Lenau . Véritable chef d’œuvre, atmosphère tzigane. On ne peut évoquer les lieder de Liszt sans parler des mélodrames, poèmes déclamés en musique qu'il composa au cours de ses dernières années. Il faut retenir Der traurige Mönch ( Le moine triste. ) composé en 1862 sur un poème de Nikolaus Lenau, œuvre audacieuse et originale. Alan Walker nous dit " c'est dans l' histoire de la musique, la première œuvre à appliquer la gamme par tons avec une telle rigueur. Il fallut attendre 50 ans, et les œuvres de Debussy, Schoenberg et autres pour voir une musique atonale comme celle-ci faire ses débuts officiels". Œuvre futuriste qui nous rappelle Le Pierrot lunaire de Schoenberg (Sprechstimme) mais encore une fois Liszt Le précurseur , ne fut pas reconnu, toujours le même préjugé , « le célèbre virtuose qui ne savait pas composer ». Liszt lui-même ne doutait-il pas de lui ou avait-il conscience de la modernité de ses compositions tardives lorsqu' il écrivit à Emilie Genast en 1860: "Ces dissonances atonales ne pourront probablement jamais être utilisées , tant elles sont monstrueuses et d' une sauvagerie inouïe ". Émile Haraszti (Musicologue 1835-1958) lui répondra quelques décennies plus tard : « tous les compositeurs modernes polyharmonistes dodécaphonistes descendent en droite ligne de Liszt ». Hans Richter avait raison, son corpus de lieder à la musique virtuose mais dépouillée est aujourd'hui reconnu comme un chef d'œuvre et chanté par les plus grands après avoir été une source d'inspiration pour tant d'autres compositeurs, Hugo Wolf, Richard Strauss, Gustav Mahler, Debussy ... Pour exemple deux lied de Liszt du plus connu au plus d’avant garde : "Liebesträum" / Rêve d'Amour (Dubois/Raës) Pour écouter cliquer ici. "Der traurige Mönch " /Le moine triste (Vincent Figuri / Lydia Jardon) Pour écouter cliquer ici. Pour la version française du Moine triste (Jacques Roland) Cliquez ici... Bibliographie : Alan Walker Reflections on Liszt (Kindle) Serge Gut Aspects du Lied romantique allemand Acte Sud Brigitte François-Sappey Guide de la mélodie et du lied Fayard Suzanne Montu-Berthon Un Liszt méconnu: Mélodies et lieder ( la revue Musicale) Philippe André Années de pèlerinage de Franz Liszt ( 1,2 et 3) Aléa Carillon de Franz Liszt et la musique minimaliste Cyrille Dubois "Angiolin dal biondo crin" Cliquez ici Ferruccio Busoni Pétrarque (1304-1374) Laure Laure de Sade (1310-1348), dite aussi Laure de Noves ; la muse de Pétrarque Die Lorelei Composé par Liszt en 1870 pour l'anniversaire de sa petite fille Daniela von Bulöw, l'Arbre de Noël est un ensemble de douze pièces, souvent inspirées de chants de Noël. La sixième intitulée Carillon rappelle par le rythme saccadé du carillon la musique minimaliste de Philip Glass "Music with changing parts". Première minute à écouter pour comparaison. Cliquez à droite sur les deux morceaux. Vos réactions, avez-vous d'autres exemples ? Cliquez ici... Pour prendre plaisir à cette oeuvre dans son intégralité écouter les interprétations de France Clidat et Leslie Howard Music with changing parts de Philip Glass Cliquez ici Carillon extrait de l'Arbre de Noël de Franz Liszt Cliquez ici "comprendre le sens mystérieux du poème de Dante" - La Dante Symphonie de Franz Liszt "comprendre le sens mystérieux du poème de Dante" - La Dante Symphonie de Franz Liszt La Dante Symphonie "comprendre le sens mystérieux du poème de Dante" - La Dante Symphonie de Franz Liszt Nous avons beaucoup apprécié la conférence de Nicolas Dufétel* sur la Dante Symphonie de Franz Liszt en prévision du concert de l'Orchestre de Paris qui s'est tenu le 14 novembre dernier à la Philharmonie de Paris. "Dante accompagna Liszt toute sa vie : dès les années 1830, il lui inspira une pièce de piano qui devint Après une lecture du Dante, d’après Victor Hugo, insérée dans la deuxième Année de pèlerinage (Italie). Au cours de ses tournées de virtuose, il voulut par la suite composer la Divine Comédie, en collaboration avec le poète Joseph Autran, pour orchestre, récitant et chœur. Cependant, il attendit d’être installé à Weimar pour finalement composer sa Dante-Symphonie entre 1855 et 1856. Wagner considérait cette œuvre, qui lui est dédiée, comme une « création aussi géniale que magistrale ». Selon lui, elle représentait « l’âme du poème de Dante dans sa transfiguration la plus pure » et, la musique se faisant exégèse, elle permettrait de comprendre le sens mystérieux du poème de Dante. On a par exemple souvent écrit que Liszt n’avait pas mis en musique le Paradis, puisque l’œuvre paraît être en deux mouvements : « Inferno » et « Purgatorio et Magnificat ». Cependant, la symphonie de Liszt, selon ses conceptions de la musique à programme, est comme une « vision » presque surnaturelle confiée au pouvoir de la musique. La conférence, illustrée par des documents inédits ou peu connus, se propose de revenir sur l’histoire, les mystères et le sens philosophique et religieux de cette œuvre unique, « un des actes les plus étonnants de la musique » selon Wagner". *Nicolas DUFETEL est chargé de recherche au CNRS (IReMus/Institut de recherche en musicologie, Paris). Ancien Fellow de la Houghton Library (Harvard, 2009) et postdoc à la BnF et à la Hochschule für Musik Franz Liszt de Weimar (Institut für Musikwissenschaft /Humboldt Stiftung), il enseigne à l’Université catholique de l’Ouest (Angers). Ses travaux portent sur Liszt, le XIXe siècle et l’histoire de la musique au Levant. Auteur d’une thèse sur la musique religieuse de Liszt, il a notamment publié l’édition critique du livre de ce dernier sur Wagner, Trois opéras de Richard Wagner (2013), Tout le ciel en musique. Pensées intempestives de Liszt (2016) et la Correspondance entre Liszt et Carl Alexander, grand-duc de Saxe-Weimar (2018). La Dante Symphonie : Dossier de la Philharmonie de Paris Cliquez ici ...et aussi "Dante nous hante" les chemins de la philosophie (diffusé le 23/10 sur France Culture) Cliquez ici La Dante Symphonie : Dossier de la Philharmonie de Paris Cliquez ici ...et aussi "Dante nous hante" les chemins de la philosophie (diffusé le 23/10 sur France Culture) Cliquez ici La Dante Symphonie : Dossier de la Philharmonie de Paris Cliquez ici ...et aussi "Dante nous hante" les chemins de la philosophie (diffusé le 23/10 sur France Culture) Cliquez ici la Barque de Dante ou Dante et Virgile aux enfers, par Eugène Delacroix - Musée du Louvre La vision de l’Enfer, par Gustave Doré © Metropolitan Museum « Ce que j’aime en Wagner, c’est Liszt » C’est ainsi que s’exprime le compositeur Philippe Hersant cité dans un livre contradictoire mais réjouissant, L’anti Wagner sans peine de Pierre René Serna qualifié « d’impertinent et salutaire, coup de pied dans la fourmilière des pèlerins de Bayreuth » par la critique. Serna dénonce dans l’une des rubriques « Emprunts » ceux de Wagner à ses devanciers ou contemporains tels que Mozart, Beethoven, Meyerbeer, Mendelssohn, Berlioz et Liszt. Pour continuer dans le sens de l’emprunt, mentionnons une intéressante conférence donnée dans le cadre du Cercle Wagner de Lyon par Christophe Looten : « Ce que nous apprend le journal de Cosima Wagner » : Le 25 janvier 1875 Richard et Cosima viennent de recevoir un oratorio de Liszt Les Cloches de la cathédrale de Strasbourg qui les déconcerte, il ne leur plait pas plus que ne leur ont plu les poèmes symphoniques de Liszt. Et pourtant à bien écouter le début de l’Excelsior de l’oratorio, on retrouve le thème du Saint Graal que Wagner développera pendant cinq heures dans Parsifal (1877-1882). Le 27 avril 1878, Cosima après avoir évoqué l’indicible modestie de son père cite Wagner qui reconnait avoir volé bien des choses chez Liszt. Un peu plus tard Wagner dira « tout est noble, princier, grandeur en lui ». Wagner admire l’homme mais moins le compositeur et C Looten nous fait sentir à la lecture du journal le complexe d’infériorité, voire la jalousie de Wagner à l’encontre de son beau-père. Si vous n’avez pas le temps d’écouter l’intégralité de la conférence, ce qui serait dommage, allez de la minute 49 à la 58 qui vous permettront une comparaison auditive des deux œuvres avec le commentaire du très pro-wagnérien C. Looten ne pouvant que magnifier la composition de Wagner. cliquez ici pour l’accès à la conférence de C. Looten Qu’en pensait le premier intéressé ? Franz Liszt a toujours été un admirateur indéfectible de l’œuvre de Wagner. Nicolas Dufetel en témoigne dans son livre original Tout le ciel en musique (1) dans lequel il cite les « pensées intempestives » de Franz Liszt : « Si j’avais un livre à faire sur Wagner, je prendrais volontiers pour épigraphe ce mot de Victor Hugo au sujet de Shakespeare : « j’admire tout-j ‘admire comme une brute ». « Il est des moments où je remercie Dieu de mon existence ; Wagner me les a fait ressentir plus intensément qu’aucun grand génie, ses confrères ». Prêt à tout pardonner à son gendre, Liszt, quand ses élèves lui faisant remarquer que Wagner l’avait encore copié, répondait que c’était flatteur d’être copié par un génie. (1) Tout le ciel en musique , pensées intempestives, Nicolas Dufetel, éditions Le Passeur 2016 Pour compléter vos connaissances musicales sur ces deux grands musiciens, lisez sur notre site la passionnante conférence « Liszt et Wagner » faite par le musicologue François Sabatier à l’église Saint- Eustache de Paris le 13 mai 2018 cliquez ici pour avoir accès à la conférence de François Sabatier Les Cloches de la cathédrale de Strasbourg Sardanapalo l'opéra en italien retrouvé de Franz Liszt Enfoui dans les archives de Weimar, dépoussièré par David Trippet, le premier acte a été monté à Weimar et joué les 19 et 20 août 2018. Franz Liszt en avait démarré la composition à Weimar en 1849 Voir dossier de présentation du site Forum Opéra.com Sardanapalo La mort de Sardanapale - Eugène Delacroix 1827 Musée du Louvre Pour ce qui est de la précocité de Franz Liszt en matière musicale, écoutez sur YouTube l'ouverture de "Don Sanche", opéra qu'il a composé à l'âge de 13 ans. https://youtu.be/qMaBhgVKgwE "Les Années de Pèlerinage" Ce cycle se compose de trois années : la première évoque la Suisse, les deux autres l'Italie. Toutes les pièces sont d'une grande profondeur poétique, et souvent d'inspiration littéraire, en particulier par des références explicites à Pétrarque, Schiller, Byron ou Dante. Le 2 mai 1832, Liszt écrivait dans une lettre à un de ses premiers élèves, P. Wolf : « Voici quinze jours que mon esprit et mes doigts travaillent comme deux damnés : la Bible, Platon, Locke, Byron, Hugo, Lamartine, Chateaubriand, Beethoven, Bach, Hummel, Mozart, Weber sont tout à l'entour de moi ; je les étudie, je les médite, les dévore avec fureur. »1 C'est dans cet état d'esprit de fièvre intellectuelle et artistique qu'il écrit le cycle des Années de pèlerinage. Au moment de sa rencontre passionnelle avec Marie d'Agoult en 1833, le compositeur est donc déjà plongé dans cette quête intellectuelle qui « contient en germe toutes les dispositions psychiques qui vont orienter Liszt vers la recherche de l'absolu, par les moyens des amours humaines, de l'art et de la religion. C'est à la lumière de ces aspirations multiples que s'élaborent les premières pièces des Années de pèlerinage dont les différentes étapes conduisant à la version définitive s'échelonneront presque jusqu'à la fin de sa vie. ». Liszt et Marie d'Agoult s'étaient rencontrés lors d'un concert dans un salon de la noblesse parisienne. La comtesse a alors vingt-huit ans, l'artiste six ans de moins. Malgré leur différente position sociale, ils éprouvent aussitôt une violente passion réciproque. Pour lui, elle quitte son mari, le riche comte Charles Louis Constant d’Agoult, de quinze ans son aîné, en 1835. Ils fuient alors la France et arrivent à Genève le 21 août 1835 ; Liszt y dirige la classe de piano du Conservatoire et se produit en artiste international. Au cours de ses excursions comme au hasard de ses lectures, le compositeur confie alors au piano ses impressions ; ainsi naissent 19 pièces destinées aux trois cahiers de l'Album d'un voyageur (1836) dans des pays « consacrés par l'histoire et par la poésie ». Après un tri sévère, certaines d'entre elles sont constitutives des Années de pèlerinage*. * source Wikipédia Senancour (1770-1846) la gloire auprès des romantiques Il fut élevé à Paris, puis chez un curé de campagne près d'Ermenonville , à Fontaine Chaâlis, où il se prit de passion pour Rousseau . Mélancolique et solitaire, il souffrit au collège des sarcasmes de ses camarades. Il s'enfuit le 14 août 1789, pour éviter le séminaire auquel son père le destinait, ce qui lui valut de figurer sur la liste des émigrés . Il s'installa en Suisse, fit un mariage malheureux, vit sa santé décliner. Il revint en 1795 à Paris, où il venait de publier un récit, Aldomen, ou le Bonheur dans l'obscurité. En 1799, il publia ses Rêveries sur la nature primitive de l'homme, où alternent contemplation des paysages de montagne, expression de la mélancolie, désir de changer la société. Oberman (1804) est le roman qui lui vaudra la gloire auprès des romantiques. Son amertume s'exprime à travers le journal intime d'un héros malheureux, dévoré d'ennui, de doutes et d'inquiétudes. Rêveries et descriptions de la nature y tiennent une grande place. Sainte-Beuve puis George Sand louèrent ce roman, passé presque inaperçu du vivant de son auteur, malgré l'attention que lui porta Charles Nodier . Liszt a intitulé Vallée d'Oberman l'une des pages des années de pèlerinage (la Suisse), où il a fait figurer une citation de l'œuvre de Senancour « Que veux-je? Que suis-je? Que demander à la nature ? » (Source Wikipédia) Les conférences des Lisztomanias international "Bohémianiser la langue : Liszt écrivain" A propos de "Des Bohémiens et de leur Musique en Hongrie" de Franz Liszt Conférencier : Sarga Moussa Directeur de recherche au CNRS A partir de l’ouvrage Des Bohémiens et de leur musique en Hongrie (1859), Sarga Moussa montrera que, contrairement à une idée répandue, Liszt avait une connaissance étendue de la langue française et cela même si c’était sa seconde langue (après l’allemand) et si la princesse Sayn-Wittgenstein, avec qui il vivait à Weimar, a contribué à la rédaction des ouvrages publiés par lui. Par l’emploi tout à fait conscient de mots d’origine étrangère, d’un vocabulaire spécialisé, ou encore de termes anciens, Liszt travaille la langue française de l’intérieur et fait preuve d’une créativité qui se manifeste également par une sensibilité particulière aux rythmes et aux sonorités. La langue française de Liszt est une langue métissée, « bohémianisée » : elle est, comme sa musique, d’une étonnante modernité. Sarga Moussa est directeur de recherche au CNRS, Centre National de la Recherche Scientifique, à Paris, Directeur-adjoint de l’UMR THALIM (CNRS-Université Sorbonne Nouvelle-ENS). Spécialiste de l’orientalisme littéraire et du récit de voyage en Orient, en particulier aux xixe et xxe siècles, il s’intéresse plus largement à la représentation des altérités culturelles dans la littérature française, à la question de l’esclavage, à la notion de cosmopolitisme, et aux études post-coloniales. En savoir plus Cliquez ici 2020 l'année Beethoven, Beethoven inspirateur de la période romantique En 1840 Franz Liszt est en pleine période de gloire, la « star » européenne constitue une vitrine de choix pour le facteur de pianos Conrad Graff (Vienne) qui passe commande au peintre autrichien Joseph Danhauser d’une représentation du compositeur environné d’une société idéale de musiciens, d’hommes de femmes de lettres et d’artistes animés par la passion de la musique romantique. Etienne Pivert de Senancour Sarga Moussa Pour agrandir l'image Cliquez ici. On y trouve Paganini, Rossini, Victor Hugo, Alexandre Dumas, George Sand, Marie d’Agoult et Byron le portrait au milieu de l'image. Tous sont dans une posture d’adoration du Maître, Liszt "le passeur" en communion avec le buste de Beethoven. Les partitions négligemment posées sur le pupitre laissent apparaître « Marcia funebre sulla morte d’un Eroe », le troisième mouvement de la Sonate pour piano n°12 opus 26 jouée lors de ses funérailles en 1827. Démarche symbolique, Liszt ne regarde pas la partition mais plonge son regard dans « les yeux vides de l’illustre compositeur » qu’il admirait profondément et dont il était un des plus grands interprètes. Pour en savoir plus ce ce tableau voyez la synthèse de Christophe Corbier Cliquez ici... Il avait activement participé, grâce aux nombreux concerts donnés en son hommage, à l’édification de la statue de Beethoven sur la Münsterplaz à Bonn que les membres des Lisztomanias international auront l’occasion de visiter lors de la croisière sur le Rhin qui se déroulera en septembre 2021. Soirée magique à la Roque d'Anthéron Un de nos contributeurs mélomane, Marc Lannuzel, a réussi à nous faire entrer dans la magie d'un récital lisztien donné par Bertrand Chamayou à la Roque d'Anthéron cet été. "En cette belle soirée du 10 août, alors que le crépuscule n'était pas encore là, nous remontions l'allée bordée de grands arbres du Château de Florans , hâtant nos pas vers l'auditorium de La Roque d'Anthéron où Bertrand Chamayou devait donner son récital. Fébriles oui nous l'étions tant la crise sanitaire nous avait privés de festivals et de concerts depuis le printemps. Pourtant dans la douce brise embaumée de Provence, aucune attente, aucune exigence. Seuls un apaisement et un abandon de tous les sens en prélude au romantisme lisztien que nous allions goûter. Le "Sposalizio " tout d'abord avec lequel Bertrand Chamayou nous fait entrer dans la rêverie que l'écho visuel des grands arbres entourant l'auditorium à ciel ouvert et le vol de grands oiseaux ne font que magnifier. Puis clin d'œil à l'époux de Cosima dans un "Parsifal " arrangé pour le piano et qui nous plonge alors dans une quasi extase de communion ! Légèreté estivale et élégiaque ensuite avec "Les Jeux d'Eau de la Villa d'Este ". Avec "La Lugubre Gondole ", la nuit était déjà là et avec elle un lent périple de mélancolie et de langueur suave où scintillent encore mes souvenirs vénitiens. D'autres pièces enfin, témoins irréfutables de la fascination (amour ?) de Liszt pour l'Italie dans ces "Années de Pélerinage " italiennes. La surprise vient après le concert, quand un Bertrand Chamayou très ému de pouvoir rejouer en public nous offre pas moins de sept bis ! Ravel, Saint Saëns, Debussy (dont "Clair de Lune" très à propos ce soir là à la Roque d'Anthéron). L'extase musicale du public, la communion entre ce public et le musicien, la générosité pure de Bertrand Chamayou, feront de ce récital du 10 août un grand moment de lumière dans une année noire. " Bertrand Chamayou, un grand lisztien Site Internet Cliquez ici Les Sept rappels de Bertrand Chamayou à la Roque d'Anthéron août 2020 - Vidéo de Paul Regnier Cliquez ici Récital autour de Liszt et Beethoven Nicolas Stavy à la BNF il s'agit d'un récital en ligne qui a eu lieu le 3 décembre 2020 à la BNF. Au cœur de ce récital de piano, bâti autour de l’anniversaire de Beethoven et de ses œuvres conservées dans les collections de la Bibliothèque Nationale de France , Nicolas Stavy interprète l’Appassionata , Trois pièces de Liszt , grand admirateur du maître allemand, sont également au programme : Après une lecture du Dante , immense fresque romantique et Du berceau jusqu’à la tombe , une pièce rarement jouée dont la BnF détient la première version et la Consolation n°3 . Pour revoir ce concert du 3 décembre sur internet Cliquez ici Site internet et actualité de Nicolas Stavy Cliquez ici Nicolas Stavy www. lisztiens.com Contact : reminiscences.liszt@gmail.com - Mob: +33 6 51 24 50 77 Mentions légales

  • Humaniste et humanitaire | Lola

    Liszt humaniste et humanitaire "Sa bonté était inépuisable, on ne pouvait la lasser (…) Il faisait le bien parce qu'il en avait le besoin impérieux et son cœur, comme une église, était ouvert à toute l'humanité". Janka Wohl Liszt fut humaniste par ses convictions, humanitaire par son engagement et caritatif par nombre de ses actions. Humaniste, parce qu'il plaça l'être humain, sa dignité et son élévation au centre de ses préoccupations. Humanitaire, parce qu'il voulut mettre son art, sa notoriété et son influence au service des hommes et du progrès social. Caritatif, enfin, par les innombrables secours matériels qu'il apporta aux plus démunis, aux victimes de catastrophes, aux artistes et, plus généralement, à tous ceux que les circonstances plaçaient dans le besoin. Ces trois dimensions sont indissociables chez Liszt. Elles trouvent leurs racines dans sa foi chrétienne, mais aussi dans les grands courants humanistes et sociaux qui marquèrent sa jeunesse : saint-simonisme, catholicisme libéral de Lamennais, puis franc-maçonnerie. Elles furent enfin nourries par une compassion particulièrement aiguë envers la souffrance humaine. Tout au long de sa vie, Liszt mit ainsi son art, sa célébrité, son argent et, plus tard, son temps et son enseignement au service des autres. Une générosité qui traverse toute sa vie Chez Liszt, la charité prit des formes diverses selon les périodes de sa vie et selon ce qu'il avait à donner. Il y eut d'abord le virtuose fortuné, dont la générosité fut alimentée par les gains considérables de ses grands concerts ; puis le compositeur installé à Weimar, qui mit son influence et son génie au service d'autres musiciens ; enfin le pédagogue qui consacra gratuitement une part importante de son temps à ses élèves. Ces différentes formes de générosité, loin de se succéder de manière étanche, ne cessèrent de s'entremêler. Liszt résumait lui-même cet engagement par une formule : « La devise de mon patron, saint François de Paule, est “Caritas !” J'y resterai fidèle ma vie durant ! » Sa fille aînée Blandine nous en livre, en mai 1858, un portrait particulièrement touchant : « Mon père non seulement a la beauté, le génie, l'esprit, mais il a une bonté qui à elle seule est plus grande que tous ses autres dons réunis. Il a un cœur immense, il ne peut souffrir le mal autour de lui [...] jamais une pensée mesquine, égoïste, n'entre dans son cerveau, et il faut l'avoir vu pour le comprendre. » Aux sources de son humanisme Plusieurs influences permettent de comprendre cette vocation humaniste et humanitaire. La foi et l'éducation chrétienne La première tient à l'éducation profondément religieuse qu'il reçut de ses parents et particulièrement à la foi de son père, Adam Liszt, qui avait lui-même envisagé la vie religieuse. Les aspirations spirituelles de Franz apparurent très tôt. Il fut tenté à plusieurs reprises d'entrer dans les ordres et, bien plus tard, se rapprocha encore davantage de l'Église. La charité chrétienne constitue donc l'un des fils conducteurs de son existence. Les idées sociales de son temps À cette éducation religieuse vint s'ajouter, dans les années 1830, l'influence des idées progressistes qui circulaient dans les milieux intellectuels parisiens fréquentés par le jeune Liszt. Le saint-simonisme prônait notamment l'amélioration morale, physique et intellectuelle des classes les plus nombreuses et les plus pauvres, ainsi qu'une société fondée davantage sur les capacités et les œuvres que sur les privilèges de naissance. Liszt ne pouvait rester insensible à ces idées d'égalité, de progrès et d'élévation de l'humanité par l'art et les sciences. Dans le même mouvement, il se rapprocha du catholicisme libéral de l'abbé Lamennais. Celui-ci contribua à lui faire prendre conscience que son art, par sa capacité à émouvoir les foules, pouvait dépasser le simple divertissement : la musique pouvait devenir un instrument d'élévation humaine et sociale. À ces influences s'ajouta son passage dans la franc-maçonnerie au début des années 1840. Les idéaux de concorde, de tolérance, de fraternité et de perfectionnement de l'homme ne pouvaient que le séduire. Liszt s'éloigna progressivement de certains de ces mouvements et évolua vers un catholicisme plus orthodoxe. Il ne renia cependant jamais les idéaux de fraternité et de progrès humain qui l'avaient profondément marqué dans sa jeunesse. Une compassion presque viscérale Une troisième raison, plus intime, tient à sa profonde empathie pour toute la misère du monde et à son ressenti aigu de la douleur d’exister, la sienne comme celle des autres. Le constat que la vie est souffrance engendre chez lui scepticisme et dépression, à tel point que la mort devient presque enviable. C’est ce qu’il exprime dans cette lettre à son gendre Émile Ollivier, à l’occasion de la naissance de sa fille : « Vous savez quel triste sentiment m’inspirent les enfants : leur avenir est exposé à tant de chances contraires ! L’existence humaine est si pleine d’amertumes et de déceptions, que je ne saurais plus me réjouir beaucoup de la venue au monde d’un petit être, sujet de toutes nos infirmités, malheurs et folies. Par contre, je ne m’afflige pas à l’excès de la mort de ceux que j’ai connus. Je trouve même leur sort enviable, car ils n’ont plus à supporter le dur joug de la vie et de la responsabilité qu’elle implique. » Cette empathie, cette compassion envers les plus défavorisés, se retrouvent tout au long de sa vie, dans ses actes comme dans ses écrits. Il l’affirme lui-même : « Le seul sens actif et très vivace que je conserve est celui de la compassion, avec les vibrations intenses des douleurs humaines. Parfois, à de courts moments, je ressens celles des malades dans les hôpitaux, des blessés à la guerre, et même celles des condamnés aux tortures ou à la mort. » De l'humanisme à l'action humanitaire Le mot « humanitaire » doit ici être compris dans le sens large que lui donnait le XIXᵉ siècle : ce qui concourt au progrès de l'humanité et à l'amélioration de la condition humaine. Chez Liszt, l'artiste ne doit donc pas vivre isolé de la société. Il possède une responsabilité envers elle. Dès 1835, dans ses textes consacrés à De la situation des artistes et de leur condition dans la société, il affirme cette mission sociale de l'artiste. Il écrit notamment : « La musique doit s'enquérir du PEUPLE et de DIEU ; aller de l'un à l'autre ; améliorer, moraliser, consoler l'homme, bénir et glorifier Dieu. » Il appelle même de ses vœux une musique nouvelle, « qu'à défaut d'autre nom nous appellerons humanitaire ». Cette expression est essentielle : chez Liszt, l'humanitaire ne se réduit donc pas à la charité. Il constitue une conception de la fonction même de l'artiste dans la société. En quoi son engagement se distingue-t-il ? La générosité de Liszt fût-elle véritablement originale dans un siècle où la charité et l'humanitaire constituaient un devoir de toute bonne famille et contribuait à la dignité du rang ? La question mérite d’être posée. Le philanthropisme des milieux les plus éclairés, de même que les doctrines proto-sociales comme celles des saint-simoniens, avaient largement fait leur œuvre. La plupart des musiciens de l’époque se devaient de donner des concerts de charité, soit en prévoyant la gratuité de certaines représentations pour les plus démunis, soit en reversant les recettes à l’une des multiples causes soutenues alors. Lorsque les musiciens oubliaient de s’en charger, ou ne le pouvaient pas, les organisateurs de concerts prenaient le relais et désignaient les bénéficiaires. Ainsi, nombre de musiciens proches de Liszt — Berlioz, Mendelssohn, Meyerbeer, Habeneck, Thalberg, puis plus tard Saint-Saëns, Fauré, ainsi que des chefs d’orchestre comme Pasdeloup, bientôt suivi par Colonne et Lamoureux — prévoyaient eux aussi des concerts de charité. Tous considéraient, comme Liszt, qu’il fallait démocratiser l’accès à la musique, facteur d’amélioration sociale du peuple. Liszt n’ inventa donc pas le concert de charité mais il fut sans doute le plus visible, en raison de l’immense succès qui fut le sien pendant la Glanzperiode. Cette célébrité lui permit d’être encore plus généreux que beaucoup d’autres, même s’il ne souhaitait nullement étaler ses actes de charité. Le secours aux victimes : les inondations du Danube L'un des épisodes les plus célèbres se déroule en 1838. À l'annonce des terribles inondations du Danube qui ravagèrent Pest, Liszt, alors à Venise, fut profondément bouleversé. Il se rendit à Vienne et organisa une série de concerts dont une partie importante des recettes fut destinée aux sinistrés. Sa célébrité devenait ainsi un moyen d'action : le virtuose mettait son talent au service d'une cause dépassant sa propre carrière. Cet épisode constitue sans doute l'un des exemples les plus évidents de ce que nous appellerions aujourd'hui une action humanitaire. Liszt et les canuts de Lyon Un autre exemple, tout aussi connu des lisztiens, concerne l’empathie qu’il manifesta envers les canuts de Lyon Lors de ses séjours à Lyon, Liszt fut frappé par les conditions de vie des ouvriers et dénonça le contraste entre leur misère et le luxe qu'ils contribuaient eux-mêmes à produire. « Tous entassés dans des réduits infects, enviant ceux d’entre eux qui, pour un insuffisant salaire, travaillent à parer l’opulence et l’oisiveté… La question sociale rejoignait ici directement son humanisme. Plusieurs ouvriers y avaient mené une insurrection et y avaient trouvé la mort ; Lamennais, chez qui Liszt séjournait alors, le sensibilisa à leur sort. De là vient l’épigraphe choisie par Liszt pour son œuvre Lyon, dédiée à ces ouvriers : « Vivre en travaillant ou mourir en combattant » Liszt et la défense des musiciens L'engagement humanitaire de Liszt ne s'exerça pas seulement en faveur des pauvres ou des victimes de catastrophes. Il prit également la forme d'un combat durable en faveur des artistes eux-mêmes. Défendre la dignité de l'artiste Dans De la situation des artistes et de leur condition dans la société, Liszt dénonce la condition subalterne réservée aux musiciens. Il réclame pour eux une véritable dignité sociale et résume leur situation d'une formule : « Plus ou moins ouvertement, plus ou moins profondément, tous souffrent. » À ses yeux, l'artiste ne doit plus être considéré comme un simple domestique chargé de divertir les puissants. Il possède une mission morale et sociale. La défense des musiciens devient ainsi une autre expression de son humanisme. Soutenir les compositeurs Liszt mit également son immense talent de pianiste au service de la musique des autres. Grâce à ses transcriptions, paraphrases, concerts et activités de chef d'orchestre, il contribua à faire connaître aussi bien les maîtres du passé que de nombreux compositeurs de son temps. Berlioz, Wagner, Schumann, Grieg, Smetana, Saint-Saëns et plusieurs compositeurs russes bénéficièrent, sous des formes diverses, de son intérêt, de son influence ou de son soutien. Il aida certains financièrement, recommanda d'autres, dirigea leurs œuvres ou les fit programmer. À Weimar notamment, sa position lui permit de défendre avec énergie la musique nouvelle. Il participa également activement à la souscription destinée à l'édification du monument Beethoven à Bonn. Sa générosité ne consistait donc pas seulement à donner de l'argent : Liszt donnait aussi sa réputation, son réseau et son influence. Le pédagogue : donner son temps Avec les années, alors que sa situation financière était moins brillante que pendant la Glanzperiode, une autre forme de générosité prit une importance croissante : l'enseignement. Liszt accueillit autour de lui un nombre considérable de jeunes pianistes et musiciens. Ses classes de maître furent généralement gratuites. Il ne donnait plus seulement de l'argent : il donnait son temps, son expérience et son savoir. Cette évolution résume assez bien les différentes formes prises par sa générosité au cours de son existence. Le virtuose avait partagé le produit de ses concerts ; le compositeur avait mis son influence au service de ses confrères ; le vieux maître transmit gratuitement ce qu'il avait appris pendant toute une vie. Humaniste, humanitaire et caritatif Humaniste, il le fut par sa conception de l'homme, par son souci de dignité et de progrès et par sa conviction que l'art devait contribuer à l'élévation de l'humanité. Humanitaire, il le fut au sens même que ce mot pouvait prendre dans son siècle et qu'il employa lui-même : l'artiste possède une responsabilité sociale et doit mettre son talent au service des hommes. Caritatif, il le fut enfin par ses actes : concerts de bienfaisance, dons, secours aux victimes, soutien matériel aux musiciens, aide aux plus pauvres et enseignement gratuit. Au-dessus de ces trois dimensions apparaît peut-être le terme qui les réunit le mieux : philanthrope, au sens premier de celui qui aime les hommes et cherche à améliorer leur sort. Chez Liszt, cependant, cette philanthropie présente une particularité : elle est inséparable de sa conception de l'art. Servir la musique et servir les hommes relevaient finalement, pour lui, d'une même mission. Copyright FQM Sources, voir menu C onnaître Franz Liszt/bibliographie Et plus particulièrement : Galliari, Alain, Franz Liszt et l’espérance du Bon Larron , Paris, Fayard, 2011. Clément, Jean-Yves, Franz Liszt ou la dispersion magnifique, Arles, Actes Sud/Classica, 2011. Moysan, Bruno, Liszt, virtuose subversif , Lyon, Symétrie, coll. « Perpetuum mobile ». Le comte de Saint-Simon1760-1825 Gravure posthume de Godefroy Engelmann 1825 Richard Wagner par Pierre Petit en 1861. Hector Berlioz par Pierre Petit , 1863 Inondations à Budapest en 1838 Révolte des canuts 1831 Retour vers l'engagement de Liszt Cliquez ici

  • Musique Chorale sacrée et religieuse | Lola

    La musique chorale sacrée et religieuse ★ Christus Oratorio — 1862-1866 — S.3 Une des entreprises les plus ambitieuses de Liszt. L'oratorio évoque la vie du Christ depuis la Nativité jusqu'à la Passion et la Résurrection. ★ Die Legende von der heiligen Elisabeth La Légende de sainte Élisabeth — 1857-1862 — S.2 Grand oratorio consacré à Élisabeth de Hongrie. Liszt y associe histoire nationale, légende médiévale et spiritualité. ★ Via Crucis Les quatorze stations de la Croix — 1878-1879 — S.53 Un sommet du dernier Liszt. La musique atteint un dépouillement extrême, parfois presque entièrement débarrassé des conventions harmoniques romantiques. ★ Missa solemnis Graner Festmesse — Messe de Gran — 1855 — S.9 Composée pour la consécration de la basilique d'Esztergom. Liszt disait l'avoir davantage « priée » que composée. ● Missa choralis 1865 — S.10 Une messe volontairement plus austère, tournée vers une conception renouvelée de la musique liturgique. ● Messe hongroise du couronnement Ungarische Krönungsmesse — 1867 — S.11 Composée à l'occasion du couronnement de François-Joseph et Élisabeth comme roi et reine de Hongrie. ● Requiem Pour voix d'hommes et orgue — 1867-1868 — S.12 Une œuvre sombre et austère, très éloignée des grands Requiem théâtraux du XIXe siècle. ● Psaume XIII S.13 Grande composition pour ténor, chœur et orchestre, représentative de la recherche lisztienne d'une nouvelle expression religieuse. Pour en savoir plus La musique chorale sacrée et profane de Liszt | Crescendo Magazine Crescendo Magazine (Dossier Liszt (3) par Harry Halbreich Cliquez ici Retour à l'oeuvre de Liszt Cliquez ici

  • où FL doit-il être inhumé | Lola

    Où Franz Liszt doit-il être inhumé ? Une querelle sans fin entre Weimar, Bayreuth et Budapest Après sa mort survenue le 31 juillet 1886 à Bayreuth où Cosima, sa fille, avait exigé, peut-on dire, que son père, bien malade, assista à la première représentation de Tristan au Festspielhaus, sa dépouille fut l' objet de querelles concernant son lieu d' inhumation. Qui furent les protagonistes qui " combattirent " pour s' approprier le corps du défunt? - Weimar , que Liszt ne cessa de fréquenter sur plus de 40 ans, faisant de cette ville une capitale musicale de premier ordre attirant l’élite mondiale des artistes de l’époque - Budapest : Liszt est Hongrois, il est né à Doborjàn aujourd'hui Raiding. Il fit maints séjours en Hongrie au cours de sa vie prouvant son attachement pour ce pays. - Bayreuth ou plutôt, devrions nous dire, Cosima qui tenait à ce que son père y soit inhumé et qui a fait ce qu' il fallait pour éliminer les deux autres compétiteurs. Concernant Weimar, elle exigea que son père fut enterré dans le caveau royal avec Goethe et Schiller, ce qui fut refusé et pour La Hongrie, elle prit ombrage d'un discours malencontreux du Premier Ministre de l' époque doutant du patriotisme de Liszt pour refuser jusqu' à la fin de ses jours qu' il y fut transféré. Finalement le mausolée fut construit à Bayreuth mais la querelle ne cessa pas et dura encore une quarantaine d' années. Même à ce jour certains Hongrois n'ont toujours pas perdu espoir. Que voulait Liszt? Peut-être est-il un peu responsable de cette situation puisqu'il a souvent donné des informations contradictoires quant à son lieu d’inhumation. Tout d’abord à Caroline Sayn-Wittgenstein et plus tard à son Valet Milka, il déclara qu'il souhaitait être enterré là où il mourrait. Puis d' autres fois il déclara que ce serait à Rome où il a souvent séjourné « si j’avais le choix de ma sépulture se serait au cimetière de Tivoli » ou à st Tropez, Blandine sa fille y avait acheté une maison juste avant de décéder. Cosima, selon Alan Walker, voyait en Liszt une ombre pour la renommée posthume de Wagner. La comparaison s' il était inhumé à Bayreuth, en bas de la colline, serait sans conteste favorable à Wagner. D'un côté le Festspielhaus consacré à l' œuvre de son mari, Wahnfried leur magnifique demeure (aujourd'hui musée) et le tombeau de Wagner dans le Parc. Pour Liszt, Juste de l'autre côté de la rue Siegfried strasse , un modeste appartement loué dans la maison de Frau Fröhlich, où il avait été hébergé durant ses derniers jours (Cosima n' en avait pas voulu à Wahnfried ) aujourd'hui transformé en un modeste musée et son mausolée au cimetière municipal de Bayreuth. Ainsi pour les visiteurs de la postérité, l'avantage en terme d’image serait à Wagner. Vengeance de la part de Cosima ? Liszt, son père, s’il ne manqua jamais de soutenir ses enfants matériellement, sur le plan affectif ne fut pas à la hauteur puisqu' il resta par exemple près de 9 ans sans venir les voir lorsqu'ils étaient à Paris élevés par leur grand-mère bien qu’ils ne cessèrent de le réclamer comme en témoignent leurs nombreuses lettres. Cosima n’a-t-elle pas écrit dans son Journal "qu’elle n' avait eu ni père ni mère et que seul Wagner l' avait aimé...". Pour en savoir plus, un livre incontournable, base pour tous ceux qui s' intéressent à Franz Liszt, le Liszt d’Alan Walker aux éditions Fayard en deux volumes. A lire les trois derniers chapitres du tome II relatant de façon très émouvante les derniers jours de ce grand musicien. Ouvrage bien documenté, sérieux, il se lit comme un roman, ce que fut la vie de Liszt. "en septembre 1887, le monument était en place. Au- dessus de l’entrée, on avait placé une inscription reproduisant une phrase du Nouveau Testament : " Ich Weiss dass mein Erlöser lebt " ( je sais que mon Rédempteur est vivant ). Le bâtiment fut endommagé au cours des dernières semaines de la Deuxième Guerre mondiale et le cercueil de Liszt fut provisoirement exhumé avant d’être réenterré au même endroit, recouvert cette fois d’une simple pierre tombale. En 1978, la ville de Bayreuth a restauré le mausolée d' origine qui est toujours en place aujourd'hui ." Extrait de Liszt d' Alan Walker tome 2 Fayard Copyright FQM Le mausolée de Franz Liszt à Bayreuth "Ich Weiss dass mein Erlöser lebt" "Je sais que mon rédempteur est vivant" Retour à santé et addictions Cliquez ici

  • le chef d'orchestre | Lola

    Liszt Chef d'orchestre Du pianiste au "chef-interprète" « Liszt, à la tête d’un orchestre, est le prolongement de Liszt au piano. » Lina Ramann « Ce n’est pas un simple métronome qui occupe l’estrade de chef d’orchestre, mais un chef plein de flamme et d’énergie, qui sait découvrir tous les raffinements de la musique et les faire ressortir de manière frappante. » Édouard Genast, 1844 « Lorsqu’il dirige Beethoven, Berlioz, Wagner, il s’identifie au compositeur ; il pénètre entièrement dans l’univers mental de ces esprits avec lesquels il est en parfaite affinité. Il joue sur l’orchestre comme il joue sur le piano. » Richard Pohl, 1854 Ces trois témoignages résument ce que Franz Liszt apporte à l’histoire de la direction d’orchestre. Avec lui apparaît une conception du chef qui ne se contente plus de battre la mesure et d’assurer la coordination des musiciens mais qui devient un chef-interprète. Weimar : du virtuose au chef Liszt devient véritablement chef d’orchestre à Weimar, où il prend ses fonctions de Kapellmeister à la cour à partir de 1848. C’est un tournant considérable dans sa vie. Après les années extraordinaires de la Glanzperiode, durant lesquelles il a parcouru l’Europe en virtuose adulé, Liszt abandonne la carrière itinérante du pianiste pour se consacrer davantage à la composition, à l’enseignement et au travail avec l’orchestre. Il n’est pourtant pas, au départ, un chef professionnel possédant l’expérience technique d’un Berlioz. Il apprend beaucoup par la pratique. Et les conditions dans lesquelles il travaille sont très éloignées de celles que connaîtront les grands orchestres modernes. Les effectifs dont il dispose à Weimar sont relativement modestes. Le temps de répétition est limité, le matériel orchestral n’est pas toujours satisfaisant et les musiciens ne sont guère familiarisés avec les difficultés inhabituelles des œuvres nouvelles que Liszt veut leur faire jouer. Liszt ne choisit précisément pas la facilité. Weimar, laboratoire de la musique nouvelle Pendant une dizaine d’années, Liszt transforme ainsi le petit théâtre de Weimar en un extraordinaire laboratoire musical. Il y monte, dirige ou fait travailler une quarantaine d’opéras, chiffre considérable compte tenu des moyens limités dont il dispose. Il défend naturellement Wagner, notamment Tannhäuser , et assure surtout, le 28 août 1850, la création mondiale de Lohengrin . Wagner, alors exilé, ne peut y assister. Liszt défend également avec passion Berlioz, dont il organise à Weimar plusieurs manifestations musicales. Il fait connaître Schumann, soutient de jeunes compositeurs associés à ce que l’on appellera bientôt la Nouvelle École allemande, et travaille naturellement à ses propres œuvres orchestrales. Weimar lui permet notamment d’expérimenter ses Poèmes symphoniques , de les entendre réellement sonner, puis de les reprendre et de les remanier. L’orchestre devient ainsi pour le compositeur un véritable instrument d’expérimentation. Mais il l’est également pour le chef. Liszt développe progressivement une conception très personnelle de la direction. Pour lui, le chef n’est pas simplement celui qui indique continuellement aux musiciens chacun des temps de la mesure. Il écrit en 1853 : « La véritable tâche du maître de chapelle consiste, selon moi, à se rendre ostensiblement quasi inutile. Nous sommes pilotes et non manœuvres. » Le geste du chef doit idéalement devenir moins une indication mécanique et permanente du temps qu’un moyen de faire comprendre aux musiciens la direction de la phrase, son caractère, sa respiration et la forme générale de l’œuvre. Liszt traite en quelque sorte l’orchestre comme un immense instrument. Et c’est ici que le chef rejoint le pianiste, il joue de l'orchestre comme du piano. Jouer de l’orchestre comme du piano Liszt avait bouleversé l’art du piano en donnant à l’interprétation une dimension physique, dramatique et presque théâtrale. À la tête de l’orchestre, on retrouve cette même conception. Il dirige avec tout son corps. Il vit physiquement la musique, accompagne la phrase par le geste, cherche à communiquer aux musiciens l’émotion et le mouvement intérieur de l’œuvre. Ses admirateurs y voient une extraordinaire puissance expressive. Ses détracteurs, eux, l’accusent de gesticuler, de « se tortiller » devant l’orchestre. Et on retrouve toujours ses mêmes opposants : Joachim, Hiller, Hanslick et Heine. Les caricaturistes s’en donnent à cœur joie. Mais derrière ces excès réels ou supposés apparaît une idée profondément moderne : le corps du chef devient lui-même un moyen d’expression musicale. Alors qu'auparavant les chefs sont habitués à diriger mécaniquement avec une battue stéréotypée et certains, même parmi les plus célèbres se contentent de démarrer l’ œuvre laissant au premier violon la charge de continuer, d’ autres s’ assoient , le bâton sur les genoux. Les partitions sont souvent médiocres avec des erreurs. Les chefs d orchestre eux mêmes ne disposent parfois que de la partition du premier violon. Liszt il attache une grande importance à la qualité du matériel musical et ne veut que des partitions correctement copiées. Il dirige également volontiers de mémoire, comme il avait été l’un des premiers à imposer le récital de piano joué de mémoire. Tout converge vers une même ambition : ne pas simplement faire jouer les notes, mais faire entendre l’œuvre. La conception lisztienne du tempo est également révélatrice. Pour Liszt, le tempo n’est pas nécessairement une donnée métronomique immuable. Il doit pouvoir respirer avec la structure de l’œuvre, le caractère d’un passage, la tension harmonique, la direction de la phrase et son contenu poétique. Le rubato lisztien est transporté, en quelque sorte, à l’échelle de l’orchestre. Il ne s’agit évidemment pas de permettre à chacun de jouer librement. Au contraire : une telle souplesse exige que l’ensemble des musiciens comprenne et partage une même conception de la phrase. Le chef ne devient donc pas moins important, il le devient davantage. Mais son rôle change, il passe de celui qui bat la mesure à celui qui interprète. Il n’est plus seulement celui qui assure la coordination de l’orchestre mais celui qui propose une interprétation de l’œuvre. Liszt appartient à une génération décisive dans l’histoire de la direction d’orchestre et avec des personnalités aussi différentes que Mendelssohn, Berlioz, Wagner et Hans von Bulow, il participe à la transformation progressive de la fonction du chef. Une direction qui ne fait pas l’unanimité Cette conception ne pouvait évidemment pas faire l’unanimité. À mesure que Liszt est invité à diriger de grandes manifestations musicales en Allemagne et qu’il impose des œuvres nouvelles, souvent difficiles, les critiques deviennent de plus en plus virulentes. Sa gestuelle est attaquée. Ses variations de tempo sont discutées. Certains contestent jusqu’à sa conception même de la direction. Liszt est un précurseur, ce qui ne signifie pas nécessairement qu’il soit le plus grand technicien de la baguette de son époque. La comparaison avec Berlioz est à cet égard intéressante. Berlioz possède une expérience considérable de l’orchestre et développe une réflexion extrêmement précise sur la technique de direction. N'a-t-il pas publié en 1855 un essai consacré à la direction d'orchestre intitulé "le Chef d'orchestre, théorie de son art ". Les deux hommes s’admirent, se soutiennent et défendent mutuellement leurs œuvres, mais cela ne les empêche pas d’avoir des conceptions différentes de la direction. Liszt privilégie davantage la plasticité de la phrase et la communication expressive avec les musiciens. Ainsi Berlioz conteste parfois la direction de son ami et fut dépité lorsque Liszt ne le laissa pas diriger son Benvenuto Cellini. 1858 : la rupture Liszt dû subir une polémique de plus en plus malveillante d'autant qu'il était souvent invité à diriger de grands festivals de musique en Allemagne et qu'il imposait des oeuvres nouvelles jugées difficiles. Après les difficultés croissantes rencontrées dans l’institution de Weimar et surtout le scandale entourant, en décembre 1858, la représentation du Barbier de Bagdad de Peter Cornelius, Liszt abandonne ses fonctions de chef. Il reste encore quelque temps à Weimar, mais une époque est terminée. Ce n’est qu’en 1861 qu’il quitte la ville pour Rome. Par la suite, Liszt dirigera encore à diverses occasions, mais il ne retrouvera plus une activité régulière comparable à celle des grandes années de Weimar. Un précurseur du chef d'orchestre moderne Certes, l'évolution est collective, Mendelssohn, Berlioz, von Bülow, Wagner et d’autres participent eux aussi à la transformation profonde de la fonction du chef au XIXe siècle, mais Liszt apporte quelque chose de très personnel : la conception de l’orchestre comme instrument de l’interprète. La partition n’est pas seulement un texte qu’il faudrait reproduire correctement. Elle doit reprendre vie dans le temps. Le tempo peut respirer. La phrase possède une direction. Le geste transmet une intention. L’orchestre doit comprendre avant même de simplement exécuter. C’est cette conception romantique du chef-interprète qui connaîtra une longue postérité. On peut y reconnaître une parenté esthétique avec une tradition qui culminera beaucoup plus tard chez des chefs tels que Wilhelm Furtwängler. Il ne s’agit évidemment pas d’une transmission directe d’une technique gestuelle de Liszt à Furtwängler. La filiation est celle d’une idée de l’interprétation : la partition n’est pas seulement exécutée ; elle est recréée dans le temps. En conclusion, Liszt le précurseur est reconnu comme un chef d’ orchestre moderne. Aujourd’hui, Weimar conserve cette association très forte entre Liszt et la pratique orchestrale : la Hochschule für Musik Franz Liszt insiste encore particulièrement sur l'apprentissage de la direction devant un véritable orchestre, plutôt que seulement au piano. Copyright FQM Sources, voir menu C onnaître Franz Liszt/bibliographie Et plus particulièrement : Alan Walker, Franz Liszt, Fayard, édition française. Les chapitres consacrés à Liszt chef d’orchestre et aux rapports de Liszt avec l’orchestre, notamment dans le premier volume traitant des années de Weimar, constituent une référence pour approfondir le sujet. "Il dirige de tout son corps" Caricature Cambridge University Caricature de Berlioz , satire d'Andréa Gelger(BNF) Wilhelm Furtwängler Franz Liszt jeune Chef d'Orchestre? 1853 Retour à Liszt et sa carrière Cliquez ici

  • Liszt et le Danube | Lola

    Tout savoir sur Liszt et le Danube Les voyages de l'association "Sur les pas de Liszt" sur les rives du Danube TEXTE A REVOIR Il y a eu tant de bons moments au cours de cette croisière lisztienne sur le Danube, tant de moments magiques sublimés par les 170 croisiéristes choristes, pianistes, mélomanes embarqués, qu’il est difficile d’en faire un résumé. Nous allons donc nous limiter pour ce site à quelques évocations purement lisztiennes de notre parcours, mais avant remercions les Listomanias International et en particulier Alain Rechner qui nous a donné la chance du 24 juin au 1er juillet dernier de passer des moments inoubliables en compagnie de Liszt bien sûr mais aussi de Beethoven, Schubert, Bartock, Offenbach et de tant d’autres. C’était un voyage de plus, organisé à la perfection par LI qui chaque année nous permet de découvrir Liszt dans de nouveaux environnements et de mieux comprendre ce compositeur virtuose. Raiding / Doborjan Lieu de naissance de Liszt le 22 octobre 1811. Ce petit village hongrois qui faisait jadis partie de l’Empire austro-hongrois sous le nom de « Doborjan » est aujourd’hui appelé « Raiding » et se situe en Autriche. Sous un soleil éclatant, nous avons visité la maison, bien restaurée convertie en lieu de souvenir. Nous avons essayé d'oublier le nouvel auditorium qui le jouxte et où chaque année a lieu le « Liszt Festival Raiding » pour ne voir que la petite église à quelques pas et le ru qui passe au fond du jardin et imaginer le petit Franciscus attentif aux leçons de musique de son père. Au retour, nous avons pu apercevoir au loin le Château des Esterhazy à Eisenstadt, employeurs d'Adam Liszt, le père nommé Intendant des Bergeries qui s'était fait tant d'amis parmi les musiciens de la cour. Szekszard Petite ville située au sud-ouest de la Hongrie à 140 km de Budapest le long du Danube. En 1838, Liszt a 27 ans et va revenir en Hongrie pour la première fois depuis son départ. Les grandes inondations du Danube qui ont dévasté Budapest l’incite à quitter Marie d’Agoult pour quelques concerts d’ entraide. Il y reçoit un accueil extraordinaire et il rencontre le Baron Antal Augusz ami indéfectible qui lui remettra le fameux sabre. A chaque fois que Liszt reviendra en Hongrie il sera reçu par Antal et souvent hébergé dans la propriété de ce dernier à Szekszard où plusieurs fêtes seront données en l’honneur de Liszt qui tentera d’en faire un petit « Altenburg ». Tous les musiciens, peintres, sculpteurs passaient pour le rencontrer. Même Olga Janina qui tenta de le tuer parce qu’il refusait ses avances. En 1871 Liszt y effectua un exode de 8 mois en raison de la guerre franco-prussienne. Lorsqu’ Antal décède, en 1878, Liszt dira « Nous ne faisions qu’une âme ». Nous avons visité la demeure d'Antal aujourd'hui école de musique Franz Liszt. Une statue du compositeur est à découvrir entre les branches du petit parc qui jouxte le bâtiment. Puis nous sommes allés voir le Palais du Gouvernement Provincial ancienne préfecture sur les ruines d'une Abbaye qui comprend un petit musée avec une pièce consacrée à Liszt où trônait un des ses pianos Chickering. Dans la grande salle de conseil nous avons pu écouter avec grand plaisir l’une des croisiéristes pianiste, Catherine Joly jouer "sospiro". Estergom Estergom fut la capitale de la Hongrie du X au XIIIème siècle. Sa cathédrale est la plus grande de Hongrie mais également la plus grande basilique d’Europe centrale. Sa construction a été lancée en 1820. Située au bord du Danube et au sein de l’Empire des Habsbourg, son inauguration a été honorée en 1858 par la présence de l’Empereur François Joseph, Liszt y dirigea pour la première fois sa célèbre messe d’Estergom encore appelée « Estergomi Misse » ou « Messe de Gran » ou encore « Missa Solemnis ». Elle fera dire à Liszt « J’ai plus prié cette messe que je ne l’ai composée ». Nous avons tous été touchés d’y entendre sous la direction de Gabriella Boda le « Salve Regina » de Liszt chanté magnifiquement par les choristes de la croisière. Budapest Les séjours de Liszt à Budapest furent nombreux notamment au cours de sa vie trifurquée. A chaque inondation grave du Danube, il y reviendra pour donner des concerts d’entraide, fêté et reconnu comme un héros national. Retenons deux lieux essentiels parmi ceux que nous avons visités. Eglise Saint Mathias Il y fut joué la "Messe hongroise du Couronnement " que Liszt composa pour l’Empereur François Joseph, couronné Roi de Hongrie. Liszt très controversé à l’époque en raison de son soutien aux patriotes hongrois n’eut pas la chance de diriger son œuvre et ne reçut même pas d’invitation officielle. Il fut néanmoins ovationné selon Alan Walker, biographe de Liszt, presqu'autant que l'Empereur et s'en retourna à son domicile, les appartements de l’Eglise paroissiale de Pest, à pied après avoir franchi le fameux pont des Chaines. Rien n'ayant beaucoup changé, il était si facile de l'imaginer. Réconciliation fut faite peu après avec l’Empereur François Joseph qui le décora. Liszt Memorial Museum Construit en 1881, ce bâtiment appelé "Vieille Académie de musique" , accueille le mémorial et le centre de recherche Franz Liszt. C'est une composante de l’Académie de musique de Budapest (aussi nommée Université de Musique Franz Liszt). Liszt y a vécu au premier étage de 1881 à 1886 année de sa mort à Bayreuth, dans un appartement qui a été reconstitué en 1986 et qui accueille le musée Franz Liszt de Budapest. Sans doute l'endroit le plus émouvant en raison de la présence de Liszt que l'on sentait dans chaque pièce où étaient disposés tant de souvenirs qui l'ont accompagné de son vivant, des tableaux dont des dessins de Gustave Doré, des portraits, des tapisseries de la princesse Carolyne, des bustes de Beethoven, Schubert et Weber, des meubles et surtout plusieurs instruments de musique, harmonium, harmonica en verre, pianos orgues, un Bôsendorfer et deux grands pianos Chickering dont un spécialement fabriqué pour Liszt sur lequel Nicolas Stavy a joué avec émotion quelques mesures de la consolation n°3. Bratislava Presbourg ou Pozsony du temps de Liszt. Dans cette ville le souvenir de Liszt est à chaque coin de rue omniprésent. En grande pompe avec une statue sur le fronton de l’opéra aux côtés de Mozart, Beethoven… ou plus modestement par un buste ou une plaque commémorative dans la ville ou même par quelques affiches taguées. Cette croisière nous a permis beaucoup d’autres visites très enrichissantes, Melk, Dürnstein et des rencontres inoubliables avec les croisiéristes ; Pierre Reach, Nicolas Stavy, Nicolas Dufetel avec une arrivée magistrale en bateau sur la basilique d'Estergom lors d'une de ses conférence évoquant le lieu, Katalin Vâmosi, Yanis et Marouan Benabdallah et surtout Gabriella Boda qui de main de maître a dirigé nos chanteurs venus des quatre coins du monde ; 14 nationalités représentées. Nous attendons avec impatience la prochaine croisière sur le Rhin, toujours à la rencontre de Liszt et surtout de Beethoven en cette année 2020, année anniversaire de sa naissance.

  • Introduction | Lola

    L'engagement Engagement religieux Comme beaucoup de ses contemporains, Janka Wohl, femme de lettres et amie de Franz Liszt, demeure frappée par ce qu' on appelle sa « foi du charbonnier ». Après la mort de Liszt, elle écrivit : « La philosophie allemande n'avait pas non plus de secrets pour Liszt, et je n'ai jamais pu comprendre comment le même cerveau pouvait être en si bons rapports avec tous les grands athées, déguster leurs argumentations en connaisseur et en gourmet, et avoir en même temps une foi aussi vive, aussi naïve, aussi profonde, la foi de quelque jeune villageoise qui ne sait pas lire. » Une trentaine d'années plus tôt, Liszt avait déjà donné sa réponse dans une lettre de 1855 adressée â à la princesse Carolyne : « S'il était constaté que toutes les preuves métaphysiques à l'appui de l'existence de Dieu sont réduites à néant par les arguments de la philosophie, il en resterait toujours une absolument invincible : l'affirmation de Dieu par nos gémissements, le besoin que nous avons de lui, l'aspiration de nos âmes vers son amour. Cela me suffit, et je n'en demande pas davantage pour rester croyant jusqu'au dernier souffle de ma vie. » Pour en savoir plus Cliquez ici Humaniste et humanitaire Sa fille aînée Blandine nous confirme cela avec ce touchant portrait écrit en mai 1958 « Mon père non seulement a la beauté, le génie, l’ esprit, mais il a une bonté qui a elle seule est plus grande que tous ses autres dons réunis. Il a un cœur immense, il ne peut souffrir le mal autour de lui, et par son charme il pallie toutes les blessures, et par sa charité il enlève toute les misères - jamais une pensée mesquine égoïste n’ entre dans son cerveau, et il faut l’ avoir vu pour le comprendre. » Blandine Ollivier mai 1858 Pour en savoir plus Cliquez ici Engagement politique Au fond, Liszt fut un politique au sens premier du terme : un homme de conciliation et de diplomatie. Diplomate, c’ était d'ailleurs un métier qu'il aurait volontiers exercé s'il n'était devenu musicien. En définitive, si Liszt paraît parfois versatile dans ses engagements, il n'est ni un révolutionnaire, ni un réactionnaire. Il incarne une troisième voie : celle de la culture, de la morale et de la foi, destinée à prévenir la violence des conflits, convaincu que la transformation du monde passe d'abord par l'élévation spirituelle et culturelle. Pour en savoir plus Cliquez ici Citoyen du monde Liszt à Carolyne Sayn-Wittgenstein « Pour moi, comme pour Humboldt, le patriotisme n’est qu’une forme très relative et tronquée du sentiment. En tant qu’artiste, j’ai peu de goût pour les cocardes, qui prêtent très aisément au cocasse et n’ont que faire dans les régions que nous hantons. » Liszt l’utopiste a toujours rêvé d’un monde meilleur, plus juste, sans racisme et sans frontières. « L’étroitesse d’esprit et le racisme n’étaient pas de son monde. » a écrit Peter Raabe. C’ était plus qu’ un voyageur cosmopolite, c’ était un citoyen du monde. Pour en savoir plus Cliquez ici Retour à la page d'accueil Cliquer ici

  • Paul-Hubert des Mesnards | Lola

    Paul Hubert des Mesnards Dans les pas de Liszt et les "Portraits musicaux" "Fréquence protestante 100.7 FM" Paul-Hubert des Mesnards commence l’étude du piano à 11 ans. Il reçoit une solide formation musicale à l’Académie Marguerite Long, sous la conduite de Madame Carmen Taccon – Dévenat (qui a formé depuis l’un des plus remarquables pianistes français, Alexandre Tharaud ). Il est lauréat de plusieurs concours (Royaume de la musique, UFAM, Léopold Bellan) ; il joue Rhapsody in Blue de Gershwin avec l’Orchestre Philarmonique d’Île-de-France. Sa formation se termine avec un prix d’excellence des Conservatoires de la Ville de Paris. À l’heure du choix, ce ne sera pas le Conservatoire National Supérieur de Musique, mais une formation d’ingénieur (École Supérieure d’Électricité) et de management (SUPELEC) , puis une carrière de consultant d’entreprise dans les domaines de la créativité et de l’innovation, dans lesquels il acquiert une expertise reconnue. Mais, parallèlement, la passion du piano l’habite toujours, et il se perfectionne auprès du Maître polonais Marian Rybicki et de la pianiste géorgienne Ethery Djakéli. Il reçoit aussi les conseils de France Clidat, Gabriela Torma, Irakli Avaliani, Colette Fernier, Bernard Maclain, Maciej Pikulski, Ephraïm Laor, Eric Heidsieck. Il joue plusieurs fois à France Musique dans l’émission « À vous de jouer ». Grand amateur de musique de chambre, il se produit en duo violoncelle et piano et à deux pianos. Depuis 2009, il est retraité, mais poursuit son activité professionnelle en indépendant jusqu’en 2019. Le temps ainsi dégagé lui permet de se consacrer davantage à l’élaboration et à la réalisation de ses « Portraits Musicaux » , dans lesquels il présente la vie et l’œuvre d’un compositeur de musique de piano : Mozart, Beethoven, Chopin, Liszt et Brahms guidé par Chantal Stigliani et Braz Velloso. Il a créé un festival de musique au Chambon-sur-Lignon, en Haute-Loire, dont il a été le directeur artistique jusqu’en 2019. Il anime régulièrement des chroniques musicales sur "Fréquence Protestante 100.7 FM" , « les "Promenades Musicales ». Il a créé une maison d’édition « les Éditions Marinières » pour publier le texte de ses portraits musicaux. Tout savoir sur les portraits musicaux Cliquer ici Site internet de Paul-Hubert des Mesnards "Des mots et des notes" Cliquez ici Site de Fréquence protestante 100.7FM Cliquer ici Paul-Hubert des Mesnards est un partenaire privilégié dans le développement de notre base de connaissance. En effet, la rubrique qui concerne la biographie de Franz Liszt est issue de son recueil Franz Liszt l'Artiste Roi - Les Editions Marinières servant de base au portrait musical qu'il réalise sur Liszt entrecoupé de moments musicaux choisis qu'il effectue au piano. Au titre de son implication dans la radio Fréquence protestante 100.7 FM, il a créé en partenariat avec l'association "Sur les pas de Liszt" et en collaboration étroite avec son épouse Catherine Gras, également productrice d'une émission sur cette radio, une émission mensuelle, podcastée, intitulée "Dans les pas de Liszt" dont la finalité est d'interviewer des personnalités du monde de la musique; artistes, auteurs, créateurs de festivals ... sur leur perception de l'œuvre de Franz Liszt. Sur Fréquence protestante "Dans les pas de Liszt" Cliquez ici Vous retrouverez en podcast sur le site de Fréquence protestante les interventions des personnalités suivantes ; Alain Rechner Cliquez ici Françoise Quédeville Marmey Cliquez ici, Paul-Hubert des Mesnards Cliquez ici Nicolas Stavy Cliquez ici Charles Tobermann Cliquez ici Gilles Nicolas, Cliquez ici Nicolas HORVATH, Cliquez ici Tristan PFAFF, Cliquez ici Catherine JOLY , Cliquez ici Pierre Réach, Delphine Co, Théo Fourchenneret .. et bien d'autres ! Paul-Hubert des Mesnards Paul-Hubert des Mesnards Catherine Gras et Alain Rechner Françoise Quédeville Marmey Retour à la biographie Cliquez ici

  • Nous contacter | Lola

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  • La carrière | Lola

    La carrière de Liszt le compositeur Franz Liszt est souvent présenté par de nombreux musicologues comme le compositeur le plus innovant du XIXᵉ siècle romantique. Pianiste virtuose, il transforma profondément la manière de jouer, de composer et de concevoir la musique ; il fut un véritable révolutionnaire du langage musical. Son influence fut considérable. Pour en savoir plus Cliquez ici le virtuose "La prodigieuse virtuosité de LISZT résulte de la conjonction de son incomparable don de « fascination magnétique », allié à une technique éblouissante hors pair, et une sensibilité suprêmement aiguisée. LISZT est l’inventeur de la technique dite « transcendante », un langage nouveau qui n’existait pas auparavant". Pour en savoir plus Cliquez ici l’ écrivain « Liszt grandit en spirale, car il présente toujours de nouvelles faces : être extraordinaire. Je ne serais pas étonné de le voir quitter la musique tout à fait pour ne s’occuper que de littérature . » Charles Alexandre, grand-duc de Saxe-Weimar-Eisenach, 1851 Pour en savoir plus Cliquez ici le pédagogue Liszt a eu plus de 400 élèves, tout au long de sa carrière. La dernière période, de 1873 à 1886, est la plus documentée, car certains élèves ont écrit des journaux et des témoignages, tels que, entre autres, Amy Fay, Carl Lachmund, Walter Damrosch, Arthur Friedheim, Alexander Siloti, August Göllerich, et Lina Schmalhausen. Pour en savoir plus Cliquez ici le chef d´orchestre « Lorsqu’il dirige Beethoven, Berlioz, Wagner, il s’identifie au compositeur ; il pénètre entièrement dans l’univers mental de ces esprits avec lesquels il est en parfaite affinité. Il joue sur l’orchestre comme il joue sur le piano. » Richard Pohl, 1854 Pour en savoir plus Cliquez ici

  • Un enfant prodige (1819-1827) | Lola

    L'enfant prodige, les années d'apprentissage 1819 - 1827 C’est à Raiding, petit village de Hongrie, à 90 km de Vienne, près de l’actuelle frontière austro-hongroise, que naît Franz Liszt, dans la nuit du 21 au 22 octobre 1811. Son père, Adam , est intendant des domaines du prince Esterhazy. La famille Esterhazy était une grande famille princière bien connue des musiciens, puisque c’est à son service qu’avait été Joseph Haydn. Les domaines en question sont des bergeries qui comptent cinquante mille moutons et cent chèvres ! Adam Liszt est un homme cultivé qui a deux passions : - la musique ; il joue en amateur de plusieurs instruments, il avait tenu le violoncelle dans l’orchestre du prince lorsqu’il était à la cour, - la religion, passion qu’il partage avec sa femme, Anna Lager. Il avait même été novice chez les franciscains dans sa jeunesse. Franz sera leur unique enfant. 1811, c’est l’année de la comète, une merveille astronomique, qui devenait de plus en plus spectaculaire à l’approche de la naissance de Franz, et les diseuses de bonne aventure du campement tzigane voisin prédiront la naissance d’un grand homme. Le petit Franz est de santé fragile, et ses parents craindront plusieurs fois de le perdre. C’est à l’âge de six ans qu’il révèle des dispositions exceptionnelles pour la musique, en reproduisant d’oreille des airs joués par son père. Émerveillé par son talent, Adam lui enseignera le piano, et aussi, ce qui est important pour la suite de sa carrière, l’harmonie, la composition, le déchiffrage à vue et l’improvisation, bref, la musique dans son ensemble. Et le petit garçon se taillera un joli succès auprès des notables locaux en improvisant sur des airs populaires. Adam se rend vite compte que le talent de son fils mérite une autre pointure pour son enseignement et il entreprend des démarches pour obtenir un congé afin de s’installer à Vienne. C’est ainsi que Franz quittera définitivement à dix ans son village natal. Il gardera de ces dix années à Raiding deux impressions fortes : - la religion : il aura été très impressionné par les services religieux auxquels ses parents l’ont emmené, - et les tziganes : il est fasciné par ces personnages mystérieux qui jouent une musique étrange. Il aura plus tard l’occasion de les retrouver. Voilà donc le petit Franz à Vienne. Il va étudier avec deux célébrités. Le piano avec … Carl Czerny ! En fait c’était un remarquable pédagogue, disciple et interprète de Beethoven, qu’il fera d’ailleurs connaître au petit Franz qui lui vouait une grande admiration (le portrait de Beethoven figurait en bonne place dans le salon de sa maison natale, et quand on lui demandait ce qu’il voudrait faire plus tard, il montrait le portrait de Beethoven en disant « comme lui »). De plus, Czerny était loin d’être une « vieille barbe » ! Il avait la trentaine et a été pour Franz comme un frère aîné. Il faut signaler aussi que, connaissant la situation financière de la famille Liszt qui n’était pas brillante, il a dispensé son enseignement gratuitement. L’autre célébrité avec laquelle Franz a étudié la composition, c’était Anton Salieri, celui dont une rumeur sans fondement, qui s’est propagée jusqu’à nos jours en inspirant la pièce « Amadeus » de Peter Shaffer et le film éponyme de Miloš Forman, avait fait l’empoisonneur de Mozart. Salieri non plus n’avait rien demandé pour son enseignement. Et c’est à l’âge de onze ans que Franz compose et publie sa première œuvre : « Variation sur une valse de Diabelli ». Le séjour à Vienne touche à sa fin, car Adam a de plus grandes ambitions pour son fils : aller à Paris pour qu’il y suive l’enseignement du Conservatoire qui représentait ce qu’il y avait de mieux en Europe. Avant de partir, le petit Franz donne un dernier concert triomphal à Vienne ; on y remarque, au premier rang, un personnage célèbre, qui s’était fait beaucoup prier pour venir, car il détestait les enfants prodiges. C’est Beethoven lui-même, qui, à la fin du concert, monte sur scène, embrasse l’enfant au front en lui disant : « Va, tu es un heureux et tu rendras heureux d’autres hommes. Il n’y a rien de mieux, de plus beau ». Cette belle scène du « Weihekuss », le « baiser de consécration » de Beethoven, immortalisée par une lithographie, a toutes les chances d’être une légende ! La seule chose dont on est certain, c’est qu’une rencontre a bien eu lieu, mais au domicile de Beethoven. Nous voici donc en 1823. Adam prend une décision radicale : il démissionne définitivement de sa charge d’intendant. Cela signifie que les seules ressources de la famille viendront des dix doigts de son fils qui a douze ans ! Et les voilà en route pour Paris, munis de lettres de recommandations des plus hautes autorités de l’Empire. Voyage triomphal : Salzburg, Munich, Augsburg, Stuttgart, Strasbourg, Metz et Paris. Dans chaque ville, Franz donne un concert triomphal. La rumeur s’étend comme une traînée de poudre : on parle de « Mozart ressuscité » (à peu de choses près, il suit le parcours du jeune Mozart lors de son premier voyage à Paris), on le compare aux plus grands pianistes du moment. Arrivé à Paris, dès le lendemain, ils sont reçus par le directeur du Conservatoire qui, inflexible, refuse l’inscription de Franz : le règlement interdit l’accès des élèves étrangers aux classes de piano. Le coup est rude : tout ce voyage pour rien ! Ironie de l’histoire : ce directeur, si à cheval sur le règlement à l’égard des étrangers, était lui-même italien : il s’appelait Lugi Cherubini ! On se rabattra donc sur des professeurs privés, mais uniquement pour la composition : Franz ne prendra plus de cours de piano. Le plus grand pianiste virtuose de tous les temps aura terminé sa formation à douze ans, et n’aura eu que deux professeurs : son père et Czerny avec lequel il sera resté moins de deux ans. Les lettres de recommandation aidant, il est vite connu et adopté par les milieux aristocratiques qui s’arrachent le « petit Litz » (on écorche encore son nom ainsi de nos jours, au lieu de le prononcer correctement « liste »). Il joue devant le duc d’Orléans, le futur Louis-Philippe, devant la duchesse de Berry. Très vite, il commence à donner des leçons aux jeunes filles dans les milieux chics ! À quatorze ans, on lui commande un opéra qui sera représenté à l’Opéra de Paris, avec un succès mitigé, Don Sanche. Et surtout il entreprend des tournées, soutenu par le facteur de pianos Érard. Celui-ci avait introduit un perfectionnement décisif dans la mécanique du piano, et la virtuosité du jeune Liszt était le meilleur faire-valoir pour son invention. Après le marketing, voici le sponsoring ! Donc Franz entreprend plusieurs tournées dans le sud de la France, en Suisse, en Angleterre. Une telle vie n’est pas sans conséquences sur le psychisme d’un adolescent : c’est ainsi qu’il manifestera l’intention d’arrêter la musique et… de se faire prêtre ! Son père l’en dissuadera : « Tu appartiens à l’Art, pas à l’Église » ! Ces années d’apprentissage prendront fin en 1827 par le premier drame de sa vie : alors qu’il se repose d’une tournée fatigante en Angleterre avec son père à Boulogne sur Mer , celui-ci tombe brusquement malade et meurt en quelques jours. Ce jeune homme d’à peine dix-sept ans, seul fait venir sa mère de Hongrie à Paris. Et au deuil s’ajoute une déception sentimentale. Depuis quelque temps déjà, Franz donnait des leçons de piano à une jeune fille de la meilleure société, Caroline de Saint-Cricq, fille d’un ministre de Charles X. Les deux jeunes gens ont le même âge, les mêmes goûts, et les leçons de piano se terminent par des discussions exaltées. La mère de la jeune fille voit d’un assez bon œil cette idylle, mais elle est très malade, et quand elle décède, le père se charge très vite de convoquer le jeune saltimbanque et de lui montrer où est sa vraie place : à la porte ! Puis il mariera sa fille à un homme de son milieu, le comte d’Artigaux. À la déception sentimentale s’ajoutera ainsi une humiliation sociale qui marquera Franz durablement. Il va alors tomber dans une profonde dépression qui durera plus de deux ans. Il se retire quasiment de la scène, à tel point qu’un journal le donnera pour mort ; il songe de nouveau à se faire prêtre ; et il pense même à se laisser mourir de faim en se laissant enfermer dans le cimetière de Montmartre ! Va-t-il rebondir, et comment ? Paul Hubert des Mesnards Extraits de Franz Liszt L'artiste Roi Collection Les Portraits Musicaux - Les éditions Marinières La maison de naissance de Liszt à Raiding Le jeune Franz Liszt Adam Liszt Carl Czerny Lugi Cherubini La tombe d'Adam Liszt à Boulogne sur Mer La Sté des Bains de mer où, Liszt jeune, se produisit en concert RETOUR A LA BIOGRAPHIE Cliquez ici

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