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Les caricatures de Liszt au piano
Les caricatures de Liszt au piano notamment pendant sa Glanz-Period sont célèbres en particulier celles de Jànos Janko peintre et caricaturiste Hongrois publiées en 1873 et celle du peintre portraitiste Henri Lehmann le montrant en gravitation alors qu´il interprète son fameux galop chromatique. Liszt vivait sa musique avec tout son corps et cela était innovant voire choquant pour l’époque aussi ne manquait on pas de l’opposer à son non moins célèbre et concurrent de l’époque, Sigismund Thalberg. Citons Heinrich Heine, écrivain allemand :
« Il est impossible d’imaginer un contraste plus tranché que Thalberg, noble, sensible, intelligent, tendre, calme, Allemand et même Autrichien opposé à Liszt, emporté, orageux, volcanique, fougueux comme un titan »
François Joseph Fétis, musicien et critique Belge qui détestait Liszt, autant que Heine, conclura que Thalberg est le champion de la musique de l’ avenir et Liszt l’ apôtre du passé ! Quelle clairvoyance !
Liszt a été le premier à mettre tout son corps y compris sa magnifique chevelure en osmose avec la musique qu’il jouait. Il entrait ainsi en transe subjuguant son public par sa virtuosité et son fascinant charisme.
Cela lui vaudra des charges bien imagées, Heine que nous venons de citer :
« Quand il s’assied au piano, qu’il a rejeté plusieurs fois en arrière sa longue chevelure et qu’il commence à improviser, il se jette souvent avec furie sur les touches d’ivoire, alors surgit une forêt de pensées chaotiques … ». Plus tard en 1841, il écrira : « Liszt est une sorte de phénomène météorologique, quand il dépeint un orage au piano, nous voyons des éclairs ébranlant ses traits convulsifs, ses membres semblent secoués par la tempête et ses longs cheveux semblent ruisseler de pluie »
De nombreux autres témoignages dépeignent Liszt au piano, parmi les plus célèbres
- Friedrich Wieck professeur de piano allemand, père de Clara Schuman, « Certains pianistes transpirent, balayent leurs cheveux qui tombent sur leurs yeux, lorgnent l’auditoire tout énamourés d’eux-mêmes. »
- Ernest Legouvé, écrivain français le décrit comme "un animal sauvage jetant constamment ses cheveux en arrière, ses lèvres tremblantes, ses narines palpitantes, balayant le public de son sourire".
- Louis Moreau Gottschalk, pianiste et compositeur américain, fit en 1860, l’une des charges les plus féroces « Quand il jouait, le mouvement de sa tête, le balancement miraculeux de son corps, les contractions de ses énormes doigts le faisait ressembler à un fakir dans les affres d’ une convulsion extatique. Se penchant en arrière , les yeux fermés, la bouche serrée, secouant son immense chevelure, se ruant sur le clavier comme une bête sauvage sur une proie, balayant de ses cheveux les touches, les emmêlant de ses doigts sur ses yeux endoloris, il semblait lutter comme les anciens pythons dans l’ étreinte d’ un dieu invisible ».
Nous voyons que la chevelure fait largement partie du mythe lisztien . Pourtant Liszt n´ a pas été le premier à adopter cette coiffure romantique, à commencer par Beethoven et surtout Paganini. Il eut de nombreux suiveurs notamment parmi ses disciples, comme Anton Rubinstein et Arthur Friedheim qui tous deux avaient coutume de rejeter leurs cheveux en arrière quand ils jouaient.
Toutes ces démonstrations acrobatiques étaient-elles gratuites, répondaient elles au désir de Liszt de se faire de la publicité ou plutôt, comme l’explique Jean Marc Onkelinx sur son blog, ne sont-elles pas liées à la pensée musicale très sophistiquée de Liszt : «Le geste possède une signification strictement musicale et même s’ il peut impressionner l’ auditeur et le spectateur, cette libération du corps permet au piano de faire un bond en avant. Et cela c’était vraiment nouveau » ?
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La modernisation de la technique des pianos
D’autres éléments ont contribué au 19ieme siècle à améliorer la qualité, la rapidité du jeu, c’est la modernisation de la technique des pianos.
Apparition du piano à 8 octaves, une plus grande longueur des cordes, les marteaux de cuir sont remplacés par des feutres et surtout le double échappement mis en place par Erard en 1821, amélioré en 1833, qui autorise une répétition rapide des notes.
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De l'interprétation des œuvres
Voici la contribution d'une internaute
« Il y a une grande mode aujourd'hui chez les jeunes interprètes, c'est de jouer le plus vite possible, et de faire le plus de mouvements possibles avec le corps, le visage, et les yeux en tournant la tête vers le public afin d'être vu. On a l'impression d'être dans la Rome antique, dans une arène, avec des fauves, la beauté n'est pas au rendez-vous dans ces cas-là.
La vitesse est parfois tellement rapide que l'on ne reconnait même plus les œuvres. Pauvres compositeurs ! Quand on pense que Beethoven, avant d'être sourd, piquait des colères contre ceux qui jouaient trop vite ses œuvres ! Il doit se retourner dans sa tombe, le pauvre, tout comme les autres.
Franz Liszt par exemple, sous prétexte que ses œuvres sont virtuoses, est joué très souvent sans sentiments. Mais pourquoi ne copient-ils pas les grands interprètes ? Parmi les vivants, il y a encore de merveilleux pianistes. Au festival Lisztomanias de Châteauroux, on a eu la chance d'entendre le merveilleux pianiste et professeur Bruno Rigutto en master class : il a passé son temps à ralentir ses élèves. Quelle interprétation des œuvres ! Et quelle maîtrise ! Beaucoup de jeunes laissent leurs doigts s'emballer. Le pire est lorsque le public applaudit à tout rompre ce genre d'exhibition. Heureusement qu'il reste quelques grands maîtres capables de faire comprendre à ces jeunes que la musique, c'est un art, et pas un duel contre son instrument.
Une mélomane »
La réponse de Liszt-franz.com , un jeune pianiste qui a bien compris cela.
L’ouverture du festival Lisztomanias Châteauroux a démarré avec l’Orchestre Pasdeloup et François Dumont qui a dirigé du piano le concerto pour piano et orchestre n°3 en ut mineur op37 de Beethoven dans la cadence de Franz Liszt.
Quelle est cette cadence ?
Citons Alan Walker dans son Liszt tome 1,
"Ce n’était pas contre les tempi rapides en tant que tels que protestait Schindler (1795-1864, biographe de Beethoven) mais contre le fait que les détails y perdaient leur effet. D’après Schindler, trois des experts les plus qualifiés de l’époque, Hummel, Hiller et Czerny s’accordent à témoigner du fait que Beethoven lui-même dirigeait ses œuvres plus lentement que ne fut la mode par la suite.
Ce furent les tempi lents de Liszt dans les symphonies de Beethoven qui attirèrent l’attention du critique J.C. Lobe (1797-1881) lorsqu’ il entendit pour la première fois Liszt diriger trois de ses œuvres à Weimar : « Liszt prit les symphonies de Beethoven dans un tempo généralement plus lent que nous ne les avions entendues précédemment et leur réalisation y puisa singulièrement bénéfice".
L’interprétation de François Dumont avec la cadence de Beethoven a fait l’objet de la part de Bruno Rigutto dans le cadre de sa master class du lendemain de l’appréciation suivante :
« Belle interprétation, on comprenait chaque note, c’était clair, tout ce qu’il a joué, c’était comme de la lumière »
Nous sommes d’accord avec vous Maître !
Caricature de Henri Lehmann. Liszt a 32 ans, il est au cœur de sa Glanz-Period.
Lehman peintre, ami de Liszt et de Marie d'Agoult dont il réalisa plusieurs portraits.
Cette caricature est intitulée
Galop chromatique exécutée par le Diable de l’harmonie le 18 avril 1843.
Liszt semble léviter de son siège, accréditant les critiques de ses acrobaties au piano. Il se mettait tout en mouvement, doigts, poignets, bras corps et même la chevelure dont il jouait provoquant parfois l’hystérie des foules et la fameuse Lisztomania

