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  • Musique de chambre et orgue | Lola

    La musique de chambre et musique pour orgue La musique de chambre Liszt a relativement peu écrit pour la musique de chambre. Ce petit corpus est néanmoins précieux, notamment parce qu'il permet d'observer sa pratique constante de la réécriture. ★ Duo — Sonate Pour violon et piano, sur des thèmes polonais — S.127 Une ambitieuse œuvre de jeunesse qui montre que Liszt s'intéressa très tôt au dialogue entre le piano et un autre instrument. ● Grand Duo concertant Sur Le Marin de Lafont — S.128 Œuvre brillante pour violon et piano dans laquelle les deux instruments sont traités comme de véritables partenaires virtuoses. ● Romance oubliée Romance oubliée — S.132 Œuvre tardive d'une grande intériorité, connue notamment dans sa version pour alto et piano. ● La lugubre gondole Liszt adapta cette méditation funèbre pour différents effectifs. Les versions avec instrument à cordes donnent à la ligne mélodique une couleur particulièrement sombre. ○ Pour aller plus loin ○ Élégie nº 1 ○ Élégie nº 2 ○ Die Zelle in Nonnenwerth ○ Am Grabe Richard Wagners Oeuvres pour orgue ★ Fantaisie et Fugue sur « Ad nos, ad salutarem undam » 1850 — S.259 Fondée sur le choral des anabaptistes du Prophète de Meyerbeer. Par son ampleur et sa construction, l'œuvre est parfois comparée à un poème symphonique pour orgue. Pour en savoir plus Cliquez ici A lire aussi, Liszt et l'orgue, dossier (4) Crescendo Magazine par Benoît Jacquemin Cliquez ici ★ Prélude et Fugue sur B-A-C-H 1855, révision 1870 — S.260 Les notes correspondant en notation allemande aux lettres B-A-C-H fournissent la cellule fondamentale d'une œuvre qui associe hommage à Bach et langage harmonique romantique. ★ Variations sur « Weinen, Klagen, Sorgen, Zagen » 1862 — S.673 Liszt utilise la basse chromatique d'une cantate de Bach, également présente dans le Crucifixus de la Messe en si mineur, pour construire une vaste méditation sur la douleur. ● Évocation à la Chapelle Sixtine S.658 Liszt rapproche dans une même méditation musicale Allegri et Mozart, deux compositeurs associés pour lui au souvenir de la Chapelle Sixtine. Retour à l'oeuvre de Liszt Cliquez ici

  • La Dante Symphonie | Lola

    La Dante Symphonie "comprendre le sens mystérieux du poème de Dante" "Dante accompagna Liszt toute sa vie : dès les années 1830, il lui inspira une pièce de piano qui devint Après une lecture du Dante, d’après Victor Hugo, insérée dans la deuxième Année de pèlerinage (Italie). Au cours de ses tournées de virtuose, il voulut par la suite composer la Divine Comédie, en collaboration avec le poète Joseph Autran, pour orchestre, récitant et chœur. Cependant, il attendit d’être installé à Weimar pour finalement composer sa Dante-Symphonie entre 1855 et 1856. Wagner considérait cette œuvre, qui lui est dédiée, comme une « création aussi géniale que magistrale ». Selon lui, elle représentait « l’âme du poème de Dante dans sa transfiguration la plus pure » et, la musique se faisant exégèse, elle permettrait de comprendre le sens mystérieux du poème de Dante. On a par exemple souvent écrit que Liszt n’avait pas mis en musique le Paradis, puisque l’œuvre paraît être en deux mouvements : « Inferno » et « Purgatorio et Magnificat ». Cependant, la symphonie de Liszt, selon ses conceptions de la musique à programme, est comme une « vision » presque surnaturelle confiée au pouvoir de la musique. La conférence, illustrée par des documents inédits ou peu connus, se propose de revenir sur l’histoire, les mystères et le sens philosophique et religieux de cette œuvre unique, « un des actes les plus étonnants de la musique » selon Wagner". Nicolas DUFETEL*, extrait d'une conférence donnée à la Philharmonie de Paris le 15 novembre 2018 avant l'interprétation de l'oeuvre par l'Orchestre de Paris *Nicolas DUFETEL est chargé de recherche au CNRS (IReMus/Institut de recherche en musicologie, Paris). Ancien Fellow de la Houghton Library (Harvard, 2009) et postdoc à la BnF et à la Hochschule für Musik Franz Liszt de Weimar (Institut für Musikwissenschaft /Humboldt Stiftung), il enseigne à l’Université catholique de l’Ouest (Angers). Ses travaux portent sur Liszt, le XIXe siècle et l’histoire de la musique au Levant. Auteur d’une thèse sur la musique religieuse de Liszt, il a notamment publié l’édition critique du livre de ce dernier sur Wagner, Trois opéras de Richard Wagner (2013), Tout le ciel en musique. Pensées intempestives de Liszt (2016) et la Correspondance entre Liszt et Carl Alexander, grand-duc de Saxe-Weimar (2018). La Dante Symphonie : Dossier de la Philharmonie de Paris Cliquez ici ...et aussi "Dante nous hante" les chemins de la philosophie (diffusé le 23/10/2017 sur France Culture) Podcast "Mauvaises rencontres en enfer" Cliquez ici Retour à Oeuvre FL Cliquez ici

  • Sur le Web | Lola

    Ressources numériques, sites internet et podcasts Écouter, regarder, lire, découvrir et approfondir Internet est aujourd'hui une formidable porte d'entrée dans l'univers de Franz Liszt. Émissions de radio, podcasts, documentaires, concerts, guides d'écoute, partitions, manuscrits et correspondances permettent de découvrir Liszt de multiples façons — et le plus souvent gratuitement. Cette sélection privilégie des ressources accessibles et de qualité pour tout niveau, susceptibles de donner envie de découvrir Liszt ou d'approfondir sa connaissance. Découvrir Franz Liszt France Culture — Une vie, une œuvre « Franz Liszt, entre ciel et terre », émission de Mathieu Garrigou-Lagrange, France Culture, 2011. Une émission pour découvrir l'homme, sa personnalité, sa vie et son œuvre. Pour écouter : Cliquer ici France Musique — Une heure, un compositeur « Une heure, un compositeur : Franz Liszt », Stars du classique, France Musique, 19 mai 2023. Une excellente première approche, largement illustrée par la musique. Pour écouter : Cliquer ici France Musique — 10 petites choses… « 10 petites choses que vous ne savez peut-être pas sur Liszt » Une présentation courte et accessible de quelques aspects parfois méconnus du compositeur. Pour lire : Cliquer ici France Musique — Musicopolis France Musique, Anne Charlotte Rémond, a consacré une série de cinq émissions à Franz Liszt. Le premier épisode, « Liszt à Weimar, Budapest et Rome en 1877 », nous fait notamment découvrir le Liszt des dernières années et cette étonnante « vie trifurquée » entre trois villes. Pour écouter la série : Cliquer ici France Musique - Les trésors de France Musique Feuilleton en 10 épisodes Franz Liszt production Robert Arnaut, illustrés avec bruitages et musique, légèrement romancé, initiation plaisante si vous n'avez pas le temps de lire Pour écouter : Cliquer ici France Musique « Découvrir Liszt en 5 morceaux » Quelques œuvres pour rencontrer différentes facettes du compositeur. Pour écouter : Cliquez ici Radio Classique Radio Classique propose plusieurs émissions et portraits de Franz Liszt accompagnés de nombreuses illustrations musicales. Pour lire et écouter : Cliquer ici Radio Classique "Liszt et la pop culture" : Lisztomanias par le groupe Phoenix, extrait de l'album Wolfgang Amadeus Phoenix 2009 Cliquez ici RTBF — Radio-télévision belge francophone La RTBF rassemble de nombreux contenus consacrés à Franz Liszt. On y trouve notamment « Les amours de Liszt » ainsi qu'un feuilleton en cinq épisodes consacré à Franz Liszt et Caroline de Saint-Cricq. Pour découvrir les émissions consacrées à Liszt : Cliquer ici "Les amours de Franz Liszt" Franz Liszt et Caroline de Saint-Cricq Pour écouter Cliquer ici ARTE HD - Liszt - un virtuose visionnaire Ce documentaire de Judit Kele, France 2010 des Films d'Ici, constitue, une première approche facile pour ceux qui découvrent Franz Liszt. Pour voir le documentaire (diffusé par Eduard Moya, août 2026) : Cliquer ici La Tribune des critiques de disques — France Musique La Tribune des critiques de disques a confronté différentes interprétations de plusieurs grandes œuvres de Franz Liszt. Une excellente façon de découvrir qu'une même partition peut susciter des lectures très différentes. Parmi les émissions consacrées à Liszt : Sonate pour piano en si mineur Pour écouter : Cliquez ici Harmonies poétiques et religieuses Pour écouter : Cliquez ici Faust-Symphonie Pour écouter : Cliquez ici Douze Études d'exécution transcendante Pour écouter : Cliquez ici Danse macabre Pour écouter : Cliquez ici Concerto pour piano n° 1 en mi bémol majeur Pour écouter : Cliquez ici Philippe Cassard — France Musique Le pianiste Philippe Cassard a régulièrement abordé Liszt et ses interprètes dans ses émissions. Notes du traducteur — Les Années de Pèlerinage : Les Trois Sonnets de Pétrarque Pour écouter : Cliquer ici Portraits de famille — La Sonate de Liszt à travers ses interprètes Pour écouter : Cliquer ici Dans les pas de Liszt — Fréquence Protestante Paul-Hubert des Mesnards et Catherine Gras reçoivent régulièrement des artistes, écrivains, musicologues et personnalités passionnés par Franz Liszt. Ces entretiens permettent de découvrir Liszt à travers des regards, des sensibilités et des expériences très différents. Pour accéder aux podcasts des émissions Cliquer ici IMSLP — International Music Score Library Project Derrière ce sigle un peu mystérieux se cache une extraordinaire bibliothèque musicale numérique internationale. IMSLP (International Music Score Library Project) permet de consulter gratuitement une immense collection de partitions, principalement dans le domaine public. Pour Franz Liszt, on y trouve ses œuvres originales, ses transcriptions et arrangements, mais également différentes éditions, dont de nombreuses éditions anciennes. Cette ressource intéressera naturellement les musiciens, mais pas seulement. Feuilleter une partition de Liszt, comparer différentes éditions ou simplement découvrir l'ampleur de son catalogue constitue une autre manière d'entrer dans son univers. Pour consulter les œuvres et partitions de Franz Liszt : Cliquez ici Gallica — Bibliothèque nationale de France Gallica permet de consulter gratuitement de très nombreux documents anciens concernant Liszt : partitions, livres, journaux et revues du XIXᵉ siècle, iconographie et autres documents numérisés. Une ressource précieuse pour remonter aux documents de l'époque. Pour rechercher Franz Liszt dans Gallica : Cliquez ici Voir aussi l'institut de recherche en musicologie IREMUS. Pour en savoir plus Cliquez ici LISZT À LA SOURCE Internet nous permet aujourd'hui quelque chose qui aurait été inimaginable il y a encore quelques décennies : consulter depuis chez soi certains des documents originaux de Franz Liszt conservés dans les grandes bibliothèques et archives du monde. Library of Congress — Washington La Library of Congress conserve une exceptionnelle collection consacrée à Franz Liszt : manuscrits musicaux, esquisses, premières éditions, photographies, documents personnels et correspondances. Sa Music Division conserve notamment plus de 370 lettres manuscrites de Liszt, dont la grande majorité a été numérisée. Pour en savoir plus Cliquez ici Weimar — Klassik Stiftung Weimar Weimar constitue l'un des centres fondamentaux du patrimoine lisztien. La Klassik Stiftung Weimar conserve un ensemble exceptionnel de Lisztiana, réparti notamment entre la Herzogin Anna Amalia Bibliothek, le Goethe- und Schiller-Archiv et les collections muséales. On y trouve partitions et éditions anciennes, littérature consacrée à Liszt, correspondance, manuscrits musicaux et même des livres provenant de sa bibliothèque personnelle. Pour découvrir les collections Liszt de Weimar : Cliquer ici Budapest — Musée mémorial et Centre de recherche Franz Liszt Le Musée mémorial et Centre de recherche Franz Liszt, rattaché à l'Académie de musique Franz-Liszt de Budapest, constitue un autre grand centre international de conservation et d'étude de l'œuvre du compositeur. Pour découvrir le Musée et le Centre de recherche : Cliquer ici Philharmonie de Paris La Philharmonie de Paris propose de nombreuses pages de découverte, ressources documentaires et guides d'écoute permettant d'aborder Liszt et ses œuvres. Pour lire et écouter : Cliquer ici Bibliothèque musicale La Grange-Fleuret 11 bis, rue de Vézelay 75008 Paris Associée à la Fondation Royaumont, la Bibliothèque musicale La Grange-Fleuret possède un important fonds consacré à la musique des XIXᵉ et XXᵉ siècles et de nombreuses ressources concernant Liszt. Une partie de son catalogue est consultable en ligne. Pour en savoir plus Cliquez ici POUR LES ANGLOPHONES Le Web anglophone offre de bien plus nombreuses ressources consacrées à Franz Liszt. quelques exemples pour une initiation : University of California Television — UCTV « Liszt in the World » Une conférence filmée permettant d'élargir la découverte de Liszt et de son rayonnement international. Pour voir : Cliquez ici Autres sources You Tube / Piano TV Pour une biographie simple « A Brief History of Franz Liszt » Une introduction vidéo à Franz Liszt en deux parties. Part 1 Cliquez ici - Part 2 Cliquez ici YouTube / Alan Walker (2023)"Liszt and his pupils " Pour voir : Cliquer ici You Tube / Inside the Score "Why listen to Liszt "? 2023 Cliquez ici You Tube / AuthenticSound "The real secret of Liszt unique technique revealed" 2024 Cliquez ici You Tube / Piano Music Bros "The Evolution of Liszt's Music (From 10 to 73 Years Old)" 2023 You Tube / Piano Music Bros " Top 10 Most Famous Pieces by Liszt" 2023 Une touche d'initiation consacrée au piano. Pour écouter : Cliquez ici UNE TOILE QUI NE CESSE DE S'ENRICHIR De nouveaux manuscrits sont numérisés, de nouvelles émissions apparaissent, des conférences et des concerts sont mis en ligne tandis que, malheureusement, certains liens disparaissent. Cette sélection sera donc régulièrement enrichie et mise à jour. Elle ne cherche pas à tout répertorier, mais à proposer quelques chemins sûrs et faciles pour entrer dans l'univers de Franz Liszt. Vous connaissez une ressource de qualité consacrée à Franz Liszt qui ne figure pas encore sur cette page ? N'hésitez pas à nous la signaler. Cliquez ici Philippe Cassard Paul Hubert des Mesnards Retour à connaître Liszt Cliquez ici

  • autour de Liszt

    Décourir Liszt, ses oeuvres sa vie, ses amis ses amours ... Lang Lang joue Czerny Lang Lang "l'école de la vélocité" Czerny Op. 299, 1. Presto Voir sur YouTube Cliquez ici Carl Czerny : Piano Concerto N°.1 in D minor Allegro molto agitato Concession Naxos of America Pour écouter sur You Tube Cliquez ici Franz Liszt au piano "Ein Matinée bei Liszt" -1846 Face à lui, Czerny et Berlioz Liszt et Sainte Cécile L'histoire de Saint Cécile Ste Cécile qui vécut à Rome avait réussi à préserver sa virginité bien que mariée et à convertir son mari et d´ autres au christianisme ce qui lui valut d'être condamnée à mort. Le légende raconte qu’ allant au martyre elle entendit une musique céleste. Cette anecdote en fera la patronne des musiciens . En 1585, quelques siècles après, elle fut faite patronne de la fameuse Académie nationale de Rome consacrée à la musique, l’ une des plus anciennes sociétés musicales du monde qui gère aujourd’hui hui l’ Orchestre nationale de Sainte Cécile . Cette consécration faite à Sainte Cécile, une femme, n’ a pas sauvé Maria Rosa Croccia (1759-1833) grande musicienne et compositrice italienne. En 1716 le Pape Clément Xl avait décrété que toute personne pratiquant la musique devait s´inscrire à l'Accademia et réussir l’ examen pour devenir Maître de Chapelle. A 16 ans Maria Rosa Croccia réussit brillamment cet examen mais l’ entrée lui en fut interdit parce que femme. On y joua néanmoins quelques unes de ses pièces. Liszt Écrivain et la Sainte Cécile de Raphaël Liszt y consacre la 11ieme Lettres d’ un Bachelier ès musique . Marie d’ Agoult l’ aurait écrite sous l´égide de Liszt. La première fois que le couple vit ce tableau à Bologne en 1839, ils n’ en furent pas enchantés surtout Marie qui le critiqua vivement et Liszt à qui le visage de Ste Cécile ne plaisait pas trop. Or la surprise arrive lorsque quelques mois plus tard, Liszt et Marie écrivent la fameuse 11ieme lettre du bachelier, très élogieuse à l’ égard du tableau de Raphaël . Nous citons…. "je crus reconnaître un symbolisme admirable et complet de l’ art auquel nous avons voué notre vie.. " "N’ eussiez - vous pas vu ainsi que moi dans cette noble figure le symbole de la musique à son plus haut degré de puissance". Pourquoi, que s’ est il passé entre temps ? Ceux qui auront la chance de faire le voyage en Italie avec Le conférencier, écrivain Jean-Claude Menou, pourront découvrir le tableau et peut être percer le mystère Voir le programme du voyage "Sur les pas de Liszt et Marie d'Agout en Emilie Romagne et Toscane en mai 2021 "Pour en savoir plus Cliquez ici Liszt compositeur inspiré par Sain te Cécile Deux œuvres : - La transcription pour piano de Liszt, librement inspirée de la Messe de Sainte Cécile de Gounod , que vous pouvez suivre tout au long de sa partition Cliquez ici - Une œuvre composée en 1875 pour soprano solo et orchestre, en langue française et très rarement interprétée, mais qui a été chantée par Karine Deshayes sous la direction de Laurence Equilbey, La légende de Sainte Cécile Cliquez ici Maria Rosa Coccia, 1759-1833 claveciniste et compositrice italienne Sainte Cécile par Raphaël Cosima Liszt Wagner, comment déshériter sa fille, un sujet toujours d'actualité Cosima Liszt Wagner, comment déshériter sa fille, un sujet toujours d'actualité Franz Liszt appelait sa fille « ma terrible fille » Le fut-elle jusqu’ à déshériter sa propre fille Isolde, la première qu’elle eut avec R.Wagner tout en étant encore mariée et vivant avec son premier mari Hans Von Bülow qui reconnut Isolde, prêt à tout pardonner à Cosima ? Isolde eut la fâcheuse idée d’épouser un chef d’orchestre suisse Franz Beidler qui risquait de faire de l’ombre à Siegfried, le dernier rejeton que Cosima eut avec Wagner et l’unique de sexe masculin de ses cinq enfants *. C’est donc à ce dernier, Siegfried qu’il incombait d’assurer une « digne » descendance d’autant qu’il a choisi de travailler dans le même secteur que papa, la musique et qu’il se piquait d’être chef d’orchestre comme Franz Beidler, mari d’Isolde. Il y en avait un de trop, ce fut Franz qui fut chassé de Bayreuth par sa belle mère Cosima. En 1909, Isolde très fâchée, intenta un procès à sa mère pour être reconnue fille biologique de Wagner, ce qu’elle était, et avoir sa part d’héritage. Hélas Hans Von Bülow l’ayant déclarée comme sa fille, elle fut déboutée. Cette affaire poussa enfin Siegfried toujours célibataire à 46 ans à se marier et à avoir des enfants. Ouf la descendance est assurée mais plus jamais on osa évoquer le nom d’Isolde sur la colline. A lire Cosima Wagner, la maitresse de la colline par Oliver Hilmes *Pour mémoire, les deux premières dont le père est Hans Von Bülow, Daniela 1860/1940 et Blandine 1863/1941 et les trois derniers dont le père est Richard Wagner, Isolde 1865/1919, Eva 1867/1942 et Siegfried 1869/1930 Liszt et Wagner Cosima avec son fils Seigfried, le futur chef d'orchestre Isolde, fille de Cosima, épouse de Franz Beidler, chef d'orchestre Un sujet qui déchaîne parfois les passions. En effet, il y a encore quelques wagnériens passionnés (voire intégristes ?) qui opposent Liszt à Wagner en mettant à mort le premier pour mieux glorifier le second ... Sujet à mon avis bien stérile sur lequel je n' épiloguerai pas, ils sont incomparables. Néanmoins, je soumets à votre réflexion la dernière page de l' avant-propos de Georges Liébert à la passionnante Correspondance Franz Liszt / Richard Wagner, édition Gallimard 2013, présentée et annotée par Georges Liébert: "aujourd'hui, si le canon de la littérature pianistique comprend plusieurs œuvres de Liszt, ses ouvrages symphoniques et choraux (...) ont presque disparu des programmes de concerts mais l’homme est quasiment sanctifié, tandis que Wagner dont les opéras ne quittent pas l’affiche, est diabolisé. Notre époque a donc plus d’indulgence pour les défauts et les faiblesses de Liszt que pour les qualités de Wagner. Puisse cette édition de leur correspondance contribuer à rétablir entre eux l' équilibre". Et Liébert d' enchaîner dans une note en bas de page sur l' œuvre en deux volumes d' Alan Walker ...en la qualifiant « d' hagiographie lisztienne entachée de nombreuses erreurs ». Reprenant ainsi la critique de Serge Gut auteur d’un des livres concurrents intitulé Liszt. Toujours dans la veine Liszt et Wagner : Les deux mages de Venise de Philippe André éditions Le Passeur 2015 qui conte « le récit du périple imaginaire de deux génies romantiques Liszt et Wagner dans le labyrinthe vénitien » Pour en savoir plus consultez sur le net « Luminesciences » le Blog de Jean-Pierre Luminet astrophysicien qui vous donnera vraiment envie de le lire. https://blogs.futura-sciences.com/luminet/2015/02/22/les-deux-mages-de-venise-par-philippe-andre/ FQM liszt-franz.com Jean-Yves Clément ; "Les romantiques étaient les premiers écologistes" Propos recueillis par Claire Julliard BIBLI OBS Philosophe, musicien, auteur d’essais sur Liszt et Chopin, le co-fondateur du Passeur Editeur est aussi le directeur artistique du «Nohant Festival Chopin» présidé par Yves Henry. Dans le domaine de George Sand, au charme champêtre intact, celui-ci convie chaque année en juin et juillet des talents internationaux. A travers causeries-rencontres et spectacles littéraires et musicaux, la manifestation propose sa vision d’« un romantisme nature». Entretien avec Jean-Yves Clément. BibliObs. Qu’est-ce qui vous a conduit à reprendre ce festival, dont ce sera cette année la 52e édition ? Jean-Yves Clément. Je suis depuis toujours amoureux de Chopin. J’allais chaque année comme en pèlerinage à Nohant, à une heure de Bourges où je suis né. Je m’imprégnais de l’atmosphère de ce lieu magique où il a composé ses plus grands chefs d’œuvre entre 1839 et 1947, à son retour de Majorque avec George Sand. Je n’imaginais pas alors reprendre un jour le festival ! Nous y avons été nommés ensemble en 1995, Yves Henry et moi. Nohant c’est à la fois le piano, la littérature, l’art… on n’était pas trop de deux pour s’en occuper. A l’époque, la manifestation occupait les week-ends de juin. On l’a prolongée jusqu’au 24 juillet et on y a introduit des causeries avec des écrivains, des penseurs des musiciens, des comédiens, Jean-Claude Brialy, Régine Desforges, Françoise Chandernagor pour ne citer qu’eux. Par la suite j’ai aussi lancé «lesLisztomanias» à Châteauroux dans la même région En savoir plus... . Liszt est venu deux fois à Nohant, où George Sand avait créé de manière spontanée la première communauté naturelle artistique de l’histoire. On sent chez vous une admiration pour George Sand… Oui j’admire sa modernité, sa liberté d’esprit qui pouvait en remontrer à tous les hommes qu’elle croisait. Balzac, Flaubert ou Delacroix faisaient quarante heures de diligence pour rendre visite à cette femme d’un mètre cinquante qui les toisait avec affection. Cette romancière de valeur était dotée d’un incroyable magnétisme, d’une grande vivacité, d’une générosité d’âme et d’un sens de l’amitié inégalable. Elle était supérieure à tous ces hommes sur tous ces points. Flaubert se faisait tout petit devant elle. Le Passeur republie leur correspondance en octobre. C’est une véritable leçon de vie. Dans cet échange entre deux génies, Sand a toujours le dernier mot avec sa vision de la vie, qui, pour elle, est plus grande que l’art. Les plus grands écrivains de l’époque la tenaient en grande estime. Balzac souhaitait qu’elle préface «La Comédie humaine». Hugo a fait son éloge funèbre. Vous reconnaissez-vous dans le Romantisme ? Oui, mais pas au sens convenu du terme. Le Romantisme est un mouvement de révolte contre l’ordre établi, il a parfois pris une tournure violente comme lors de l’insurrection de 1830. Liszt est allé au chevet des Canuts de Lyon, il est monté sur les barricades. Sand s’est engagée dans la Commune. Les Romantiques étaient des êtres audacieux, téméraires, rebelles, anti-bourgeois. Les valeurs qu’ils ont exaltées au XIXe siècle restent des valeurs éternelles. Je me sens proche de cette subjectivité romantique qui est au cœur de l’homme et qui a engendré des chefs d’œuvre. Pour le festival, j’ai inventé ce slogan de «romantisme nature» car les Romantiques étaient les premiers écologistes. Ils ont aimé la nature, y ont trouvé refuge et l’ont exaltée dans leurs œuvres. Le Domaine de Nohant à lui seul symboliserait-il ce mouvement ? Oui, le lieu-dit est connu dans le monde entier. La gentilhommière a gardé son charme initial, sa simplicité. Sa grande bergerie a été rénovée, elle contient quatre cents places. C’est là que sont donnés les concerts. Les plus grands pianistes y sont venus: Cziffra, Samson François, Rubinstein. L’édition 2018 accueillera entre autres pianistes Fazil Say, Marc-André Hamelin, Seong-Jin Cho. Fabrice Luchini s’y produira pour un concert littéraire avec Henri Demarquette au violoncelle et Vanessa Benelli Mosell au piano. Pour son «récit initiatique» autour de Chopin, Eric-Emmanuel Schmitt sera accompagné par Nicolas Stavy au piano. Et Marie-Christine Barrault donnera une lecture musicale des romans champêtres de George Sand avec Yves Henry au piano. Grâce à eux, l’esprit de la Bonne Dame reste présent à Nohant. Propos recueillis par Claire Julliard BIBLIOBS https://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20180430.OBS5965/les-romantiques-etaient-les-premiers-ecologistes.html Jean-Yves Clément a fait paraître en 2017 une édition revue et augmentée de son essai Les Deux Âmes de Frédéric Chopin (le Passeur Editeur) Informations pratiques : www.festivalnohant.com Gravure Maurice Sand - Domaine de Nohant "Le Monde illustre" de 1857. "Il y a des heures où je m'échappe de moi, où je vis dans une plante, où je me sens herbe, oiseau, cime d’arbre, nuage, eau courante, horizon, couleur, formes et sensations changeantes, mobiles, indéfinies ; des heures où je cours, où je vole, [...], où je brille avec les étoiles et les vers luisants, où je vis enfin dans tout ce qui est le milieu qui est comme une dilatation de mon être". George Sand Ecoutez "Le monde en un jardin" sur France Culture Cliquez ici... George Sand Festival Nohant Chopin Chaque année en juin et juillet www.festivalnohant.com Nicolas Dufetel : Richard Wagner par Franz Liszt Merci Nicolas, ce sont tout à fait les informations que nous apprécions pour la dynamique de ce site. Un livre que nous allons vite acquérir en attendant la correspondance entre Liszt et le Grand-Duc de Saxe-Weimar FQM "Chers amis, un grand bravo pour ces belles initiatives! Je réagis juste : il n’y a pas de « secret » de recherches, puisque justement, tout est publié publiquement! Vous en trouverez la liste ici (livres, articles) : http://www.iremus.cnrs.fr/fr/membres-permanents/nicolas-dufetel . Juste deux petites précisions: 1) je vous signale mon édition des textes de Liszt sur Wagner chez Actes Sud, avec un essai sur le rapport entre les deux musiciens, et 2) il n’y a pas de traduction à faire de La Mara : ses volumes (qu’on trouve en ligne maintenant, sur archive.org notamment) contiennent les lettres de Liszt dans les langues qu’il a utilisées (français et allemand). Malheureusement, ces volumes sont loin de contenir toutes les lettres qu’il a écrites, et La Mara a opéré des censures, modifications, etc. Je m’occupe actuellement de la correspondance entre Liszt et le grand-duc de Saxe-Weimar, Carl Alexander, 598 lettres (quand La Mara en a publié seulement 203 il y a un peu plus de 100 ans!). Au plaisir de vous retrouver aux Lisztomanias, avant la croisière! Bien amicalement". Nicolas Dufetel Franz Liszt et la science Liszt contemporain de Charles Darwin (1809- 1882), d' Alfred Wallace ( 1823-1913), esprit éclectique dans un siècle riche en découvertes et en progrès, l' électricité, la locomotive, le téléphone ... quels furent ses contacts avec les scientifiques, a-t-il eu connaissance des théories de Darwin, a t' il participé aux débats évolutionnistes suite à la parution en 1859 de l' Évolution des Espèces? Ce sujet m' intéresse beaucoup, s'il a été abordé dans l' une de vos lectures je serais ravie que vous m' en donniez les références. Allez à la rubrique "commentez/contribuez" et laissez votre message FQM Les femmes de Liszt, thème du festival des Lisztomanias de Châteauroux octobre 2023 Lisztomanias 2023, un très grand crû Un avis unanime au niveau de tous les spectateurs qui ont eu la chance d’ assister aux Lisztomanias 2023 « les femmes de Liszt » dont les concertistes furent toutes des femmes. Cela nous a permis de constater qu’ il y a de grandes lisztiennes parmi les pianistes d’ aujourd’hui qui, avec un supplément d’ âme et d’ engagement, nous permettent de goûter différemment les œuvres du grand compositeur . Les Lisztomanias 2023 ont ainsi compensé le festival 2022 où il n’ y eut qu’ une seule invitée femme, Marie Vermeulin. Nous pouvons espérer que l’ an prochain, il y aura la parité à Châteauroux comme elle existe pour d’ autres festivals consacrés à Liszt ainsi de « Liszt en Provence » ou de la biennale Listz à Weimar. Françoise Quédeville Marmey Vous avez besoin de vous remémorer la place des femmes dans la vie de Liszt Cliquez ici Pour accéder au site internet des Lisztomanias de Châteauroux Cliquer ici Les très riches heures des Lisztomanias 2023 Le "billet" de Marie Hutin Pouvions-nous imaginer au XIXe siècle un tel enchantement musical deux cents ans plus tard ? Pouvions-nous imaginer que Franz Liszt, « la plus grande force musicale du XIXe siecle » selon Nicolas Dufetel, lors de cette rencontre internationale 2023 susciterait autant de considération et d'échanges ? Sous le signe de l'excellence, osons le dire, les Lisztomanias ont eu à cœur , cette saison, d'aborder le sujet des femmes qui ont été proches de notre compositeur, ont œuvré pour lui, ont su transmettre sa mémoire et furent connues grâce à lui: Inspiratrices, épistolières, romancières ,... femmes aimées, créatrices, amies ,... femmes demeurées dans son rêve ...; élèves, disciples, « membres de la petite église dispersée » (1) , mécènes, confidentes ; femmes pianistes, compositrices, cantatrices,... soutenues par Liszt, encouragées, recommandées et admirées. « Quand on ouvre une partition, on est devant du beau » (2) … Au cœur et à la source de notre séjour lisztien, les Cours d'Interprétation de Bruno Rigutto, épiphénomènes de sa réflexion et de son intériorité artistique, n'ont eu de cesse, à travers trois jeunes pianistes au féminin, de nous rendre plus familières encore les œuvres jouées. Au sein de cette Chapelle où règne une alchimie toute lisztienne, l'exigence de l’interprétation transmise par Bruno Rigutto fût dotée du don d'élever le jeu sans jamais vouloir changer la particularité de chacune. De Bach à Prokofiev, Rameau, Haydn, Chopin, Shumann, Liszt, Franck,Debussy , Ravel … Et pour terminer ce voyage musical du XVIIe au XXe siècle, le Concerto n° 2 de Rachmaninov sur deux pianos, … moment intense, dans la pensée que nous étions de cette rencontre prévue à la fin de l'année 1886 entre F. Liszt et le tout jeune Rachmaninov et qui n'a pu avoir lieu... « Liszt est plus que la musique, Liszt va au-delà de la musique ». Ces mots de Nicolas Dufetel nous invitent à nous pencher vers le regard qu'il nous propose, regard incarné, regard sensible sur l'homme qui rassembla en lui l'art virtuose, la création dans toute sa splendeur, l'écriture, mais aussi le questionnement intérieur, secret, constant,... et l'élan spirituel, source intarissable de son œuvre. Tout ce qu'il porte en lui, il le donne. Et c'est ici que Nike Wagner dans un dialogue avec N. Dufetel nous a offert des éléments de réflexion précieux, indispensables à notre compréhension de l'histoire lisztienne et de Liszt lui-même. Les liens entre Liszt et Clara Schumann, éclairés par Brigitte François-Sappey , nous ont montré à quel point Liszt était non seulement concerné par les artistes de son époque, mais nourrissait des liens tangibles, affectueux, amicaux , reconnaissants. La ville aux six pianos... Les pianos de Vincent Bergerault, spécialement dédiés aux Lisztomanias, posés ici et là, au fil des évènements, en toute discrétion. De la Chapelle F. Liszt, au Saint Hubert, à l'Equinoxe et autres lieux, Châteauroux fait sonner en son sein le rêve de Liszt et de George Sand. Six pianos réglés avec finesse ont reçu la pensée musicale de pianistes, si différentes les unes des autres et dédiant à nos sens leur propre rencontre avec Franz Liszt, Clara Schumann, Sophie Menter, Adèle aus der Ohe, etc... La reconnaissance de Franz Liszt pour ses pères, les sources littéraires, spirituelles et émotionnelles dont il s'imprègne, l'envie d'être acteur de cette offrande musicale ravive en nous ce moment unique du récital d'Anne Queffelec, évoquant le monde dans lequel nous vivons , puis jouant dans un recueillement collectif – silence absolu chargé de sens, des transcriptions de Bach, Haendel, ainsi que Scarlatti et Beethoven. Le décor est posé. Tout au long de cette semaine d'octobre, les sons s'envolent puis retombent, s'enfouissent et se posent et viennent chercher en nous l'écho... tout comme peut-être nous cherchons en eux la vibration intérieure. Noblesse de Véronique Bonnecaze dans Liszt , Chopin, Rachmaninov et Schubert … Fraîcheur et profondeur de Lynn Renouil-Hata, seize ans, en duo avec Eliane Reyes dans l'Elégie n° 1 pour violoncelle et piano de Liszt. Enfin, dans un partage chaleureux de ce qui l'anime, Béatrice Berrut a joué cet « élan d'amour » de Robert pour Clara Schumann qu'est la sonate en fa dièze mineur op.11, intitulée « Pour Clara... », ainsi que les deux ballades de Liszt. Toutes ces œuvres aimées, travaillées et pensées venant s'unir au passé musical de la Chapelle Franz Liszt. Dans une mise en scène étincelante, sombre ou chatoyante , mouvante et parfois symbolique, les récitals de L'Equinoxe de Châteauroux ont suscité l'enthousiasme d'un public curieux , souvent connaisseur à qui était proposé l'argument d'un émerveillement nouveau. Mariam Batsashvili, habitée par Liszt, théâtrale et authentique, nous a donné l'impression d'un jeu au delà du jeu, nous faisant peut-être approcher le sentiment de la « Lisztomanie » provoquée voici deux siècles par le jeu de Liszt lui-même... Autre période de la vie de Liszt, tant espérée, tant attendue par lui-même, celle de l'écriture de son œuvre. « Les harmonies poétiques et religieuses », sous les doigts de Saskia Giorgini suggérant avec art l'atmosphère de chaque poème de Lamartine, de chaque prière. Son jeu, empreint de délicatesse, de profondeur, de vérité et de fluidité nous entraîne loin en nous-mêmes et au-delà de nous-mêmes dans cette vision poétique. Enfin, les doigts de velours de Etsuko Hirose , irisent et scintillent, effleurent les touches dans la lumière dorée, éveillant notre admiration, retenant notre souffle, comme un rêve, entre temps et éternité, entre matière et immatérialité … Les perceptions erronées et les légendes cèdent désormais la place à une appréciation nouvelle de l'étendue de la personnalité de Liszt ainsi que de l'ampleur de son oeuvre. Et pour conclure notre sujet, nous aimons à dire que les liens avec Marie d'Agoult d'une part, puis avec Carolyne de Sayn-Wittgenstein d’autre part, furent instigateurs d’une force créatrice considérable et indomptable. « La musique de Liszt est une musique ouverte » nous dit Serge Gut, « il ouvre des voies, conclut N.Dufetel, qui ont permis à d'autres de s'en inspirer ». Il y aurait encore tant à dire, mais il y eut tant à vivre ! Marie Hutin, membre de SPL (1) : F. Liszt (2) : B. Rigutto Marie Hutin Nicolas Dufetel et Nike Wagner Brigitte François-Sappey Anne Queffelec Etsuko Hirose Françoise Quédeville Marmey Lisztomanias

  • Carillon | Lola

    Carillon Liszt et Philip Glass Composé par Liszt en 1870 pour l'anniversaire de sa petite fille Daniela von Bulöw, l'Arbre de Noël est un ensemble de douze pièces, souvent inspirées de chants de Noël. La sixième intitulée Carillon rappelle par le rythme saccadé du carillon la musique minimaliste de Philip Glass "Music with changing parts". Première minute à écouter pour comparaison. Music with changing parts de Philip Glass Cliquez ici Carillon extrait de l'Arbre de Noël de Franz Liszt Cliquez ici P our prendre plaisir à cette oeuvre dans son intégralité écouter les interprétations de France Clidat et Leslie Howard Retour à oeuvres pour piano Cliquez ici

  • La Faust Symphonie | Lola

    La Faust Symphonie Le thème du Docteur Faustus date du 16eme siècle. Personnage dépravé, magicien, astrologue, il s’était glorifié d’avoir conclu un pacte avec le diable Méphistophélès qui lui a permis de satisfaire tous ses désirs en échange de son âme. Il devint très vite un personnage de littérature, l’une des premières œuvres, la plus connue fut celle de Christopher Marlowe, poète anglais du 16eme siècle : Histoire tragique du Dr Faust. Le Faust de Goethe Goethe s’est emparé de ce thème qui l’a accompagné toute sa vie. Il en fit deux versions, la première la plus connue en 1808, Faust 1 et le second livre, Faust 2 avec une approche moins pessimiste fut publiée juste après sa mort en 1830. Au travers de ses poèmes, Goethe a sublimé le mythe de Faust et en a fait une source d’inspiration majeure de tout le 19eme romantique sous toutes ses formes, en littérature, poésie, musique, peinture, théâtre et au siècle suivant le cinéma s’y ajouta . La version qu’offre Goethe ne reprend pas exactement les mythes plus anciens, il y introduit notamment une histoire d’amour entre Faust et Marguerite. Nous pourrions résumer ainsi le premier poème : Le docteur Faust qui a passé sa vie dans la quête du savoir sans obtenir la satisfaction voulue souhaite se suicider. Le diable, Méphistophélès lui propose de lui rendre sa jeunesse et de lui apporter la richesse en échange de son âme. Celui-ci reste toujours insatisfait, il va séduire puis abuser de l’innocente Marguerite qui, subjuguée, va courir à sa perte et à celle de sa famille. Enceinte elle se sent déshonorée et tue le « fruit du péché ». Emprisonnée, elle repousse Faust qui veut l’arracher à son sort. Elle préfère s’abandonner à Dieu. C’est alors qu’une voix d’en haut la proclame sauvée. Dieu a pardonné. Liszt et Faust Méphistophélès accompagnera le très croyant Liszt sa vie durant, en musique bien sûr, de la Faust Symphonie à toutes les Méphisto valses et au travers de son obsession de la mort comme il pouvait la matérialiser par de petites choses ainsi d’une bague qu’il n’a jamais cessé de porter et d’une canne à l’effigie de Satan. La Faust symphonie est considérée comme l’un des chefs-d’œuvre absolus de Liszt. Elle est postérieure aux deux autres grands Faust, celui de Berlioz, La damnation de Faust et celui de Schumann, Scènes de Faust. Liszt a très exactement intitulé son Faust : Eine Faust-Symphonie in drei Charakterbilden, 1 Faust 2 Marguerite 3 Méphistophélès Que l’on peut traduire Une Faust symphonie en 3 portraits de caractères ou en 3 portraits psychologiques C’est Berlioz, son ami qu’il admirait tant qui lui a fait découvrir en 1830, le Faust de Goethe dans une traduction de Gérard de Nerval puis ensuite au travers de la fameuse Damnation de Faust et c’est à Weimar , la ville de Goethe où Liszt était Kapellmeister qu’ il composa sa célèbre symphonie. Initiée en 1840 mais achevée en 1854 après deux mois de travail intensif, elle fut jouée pour la première fois le 5 septembre 1857 lors de l’inauguration du monument à Goethe et Schiller devant le théâtre de Weimar. Liszt lui adjoindra 3 ans plus tard l’épilogue « Choral Mysticus » pour ténor et chœur d’hommes …. Œuvre grandiose considérée comme un poème symphonique comparable à la 9eme de Beethoven, elle montre selon Alan Walker, la maîtrise de Liszt pour la composition orchestrale. Œuvre d’une absolue nouveauté pour l’époque, elle fut dédiée à Berlioz. Trop innovante, elle dérangea et tomba dans l’indifférence. Elle fut très peu jouée dont une fois par Hans von Bulow puis demeura à l’abandon pendant près d’un demi-siècle. Aujourd’hui, reconnue, elle est unanimement considérée comme un monument de la musique romantique, pour ses innovations audacieuses, sa richesse musicale et sa grande subtilité. Pour terminer, citons de nouveau Alan Walker Franz Liszt : « plus elle s’éloigne dans le temps, plus elle semble grandiose. » Fresque du Campo Santo à Pise qui a inspiré à FL la Danse Macabre Retour à Oeuvres pour orchestre Cliquer ici

  • liszt à l'Altenburg | Lola

    Liszt à Weimar : maître des lieux et cheville ouvrière Lorsque Liszt s’installe à l’Altenburg, à Weimar, ce n’est pas seulement un musicien célèbre qui prend ses quartiers : c’est un véritable centre de gravité culturel qui se met en place. Autour de lui s’organise une vie artistique d’une densité exceptionnelle, portée par la princesse Carolyne Sayn-Wittgenstein, dont l’hospitalité était à la fois somptueuse, chaleureuse et profondément stratégique. Rien n’était jugé trop beau, ni trop coûteux, lorsqu’il s’agissait de créer les conditions idéales pour le travail, la réflexion et l’échange intellectuel. L’Altenburg devint rapidement un foyer culturel d’une intensité rare. Des personnalités affluèrent de toute l’Europe — et même d’outre-Atlantique, si l’on tient compte des élèves américains qui commencèrent à fréquenter Weimar. Musiciens, écrivains, poètes, romanciers, peintres, savants, hommes politiques, diplomates s’y croisèrent, formant un cercle cosmopolite sans équivalent dans l’Allemagne de l’époque. Aucune autre ville allemande n’avait réussi à rassembler, dans un même lieu, une telle concentration de talents, issus de disciplines aussi diverses et de pays aussi éloignés. Pendant près de dix ans, Weimar devint la Mecque de la musique moderne, le cœur battant du romantisme allemand, grâce à l’énergie fédératrice de Liszt. À la Weimar ancienne, sclérosée et passéiste, tournée vers le culte exclusif de Goethe et de Schiller, s’opposa une Weimar nouvelle, audacieuse, tournée vers l’avenir : celle de la Zukunftsmusik, la « musique de l’avenir ». L’Altenburg : un laboratoire artistique Certains hôtes de l’Altenburg étaient de passage, d’autres s’y installaient presque durablement — on parlerait aujourd’hui de résidences artistiques. Ceux qui ne logeaient pas sur place trouvaient refuge à l’hôtel Erbprinz ou chez l’habitant. Tous participaient à une vie collective intense, faite de discussions passionnées sur la musique passée, présente et à venir. Toutes les musiques y étaient jouées, sans exclusive. Beethoven y occupait une place centrale, mais Chopin, Berlioz, Wagner y étaient tout autant à l’honneur, aux côtés des œuvres de Liszt lui-même et de celles des compositeurs contemporains qu’il soutenait. L’Altenburg n’était pas un sanctuaire figé, mais un lieu d’expérimentation, de confrontation esthétique et parfois de conflit idéologique. Liszt metteur en scène : l’audace sous le feu des critiques À Weimar, Liszt ne se contenta pas d’être un théoricien de la modernité musicale : il la mit en œuvre. En tant que Kapellmeister, il monta pas moins de quarante-quatre opéras, dont vingt-cinq de compositeurs vivants — chiffre considérable pour l’époque. Ce qui frappe encore aujourd’hui, c’est qu’il accomplit ce travail colossal avec des moyens extrêmement limités. Le biographe Émile Haraszti rappelle que les ressources dont disposait Liszt n’étaient guère supérieures à celles du Théâtre du Châtelet pour monter une simple opérette. À ces contraintes matérielles s’ajoutait une hostilité croissante : Liszt innovait, et cette audace heurtait frontalement le goût classique et conservateur du public weimarien. Il dut souvent monter des œuvres qu’il n’aimait guère, uniquement pour satisfaire le public, afin de préserver l’équilibre fragile entre innovation et acceptabilité. Mais lorsqu’il le pouvait, il imposait ses choix, montant — souvent en première mondiale ou allemande — des œuvres qui déclenchaient moqueries, quolibets et critiques virulentes. Liszt acceptait ces attaques comme le prix à payer pour faire avancer l’art. Liszt chef d’orchestre : un corps en mouvement Son engagement en faveur des tendances progressistes de la musique lui valut rapidement de nombreuses invitations à diriger, notamment lors de fêtes musicales et de manifestations prestigieuses. Même violemment critiquée, la musique moderne comptait des partisans enthousiastes, prêts à soutenir Liszt dans son combat. Chef d’orchestre atypique, il déconcertait les instrumentistes par une technique très personnelle. Il dirigeait avec tout son corps, refusant souvent de battre la mesure, préférant suggérer plutôt qu’imposer. Cette approche, à l’opposé d’une direction métronomique, déroutait parfois au point qu’il fallait lui adjoindre un second chef chargé de battre la mesure pour l’orchestre. Liszt concevait la direction comme un acte expressif total, où le geste incarnait la musique autant que le son. Liszt écrivain : une œuvre parallèle On oublie trop souvent que Liszt fut aussi un écrivain prolifique. Il laissa près de douze mille lettres, ainsi que de nombreux ouvrages, articles critiques et études, rédigés aussi bien en français qu’en allemand, langues qu’il maîtrisait parfaitement. Selon Alan Walker, l’ensemble représenterait une dizaine de volumes. À Weimar, cette activité littéraire fut particulièrement intense. Serge Gut a dressé un inventaire précis de ses écrits de cette période, longtemps sous-estimés ou attribués à tort à Marie d’Agoult ou à Carolyne Sayn-Wittgenstein. Les recherches récentes, appuyées sur de nombreux documents autographes retrouvés — notamment grâce à des collectionneurs — ont largement réhabilité la part réelle de Liszt dans cette production intellectuelle. Liszt pédagogue : l’invention des master classes Il serait impossible d’évoquer Weimar sans parler de l’activité pédagogique de Liszt. C’est là qu’il mit en place ce qui peut être considéré comme les premières master classes de l’histoire. Contrairement aux usages de son temps, il ne faisait jamais payer ses cours. Il réunissait ses élèves dans une même salle et leur demandait de s’écouter mutuellement, convaincu que l’observation des efforts de chacun favorisait l’émulation et l’épanouissement esthétique collectif. Après avoir inventé le concept de récital moderne, Liszt donnait ainsi naissance à une nouvelle manière d’enseigner la musique, fondée sur le partage et la transmission vivante. Liszt compositeur : l’apogée créatrice Malgré ses innombrables responsabilités — administrateur, chef d’orchestre, pédagogue, écrivain, pianiste — Liszt trouva à Weimar le temps de composer. C’est à l’Altenburg qu’il écrivit ou finalisa nombre de ses œuvres majeures. Certaines étaient déjà en germe durant sa période de gloire aux côtés de Marie d’Agoult ; à Weimar, il les approfondit, les transforma et en lança beaucoup d’autres. Il aborda pleinement l’orchestre symphonique et inventa le poème symphonique, explorant de grandes formes inspirées par les chefs-d’œuvre de la littérature et de la poésie. C’est à Weimar qu’il composa ou acheva notamment : la Sonate en si mineur, la Faust-Symphonie, la Dante-Symphonie, les Harmonies poétiques et religieuses, les Concertos pour piano n° 1 et 2, les Douze poèmes symphoniques, la Totentanz, la Méphisto Valse n° 1. C’est également à Weimar que s’épanouit son intérêt croissant pour la musique religieuse, sa foi ayant été ravivée et structurée par l’influence de Carolyne Sayn-Wittgenstein. De cette période datent notamment la Messe de Gran, le Psaume XIII, La Légende de sainte Élisabeth et le monumental Christus. Conclusion : le faux fainéant On comprend alors combien Liszt a mal mérité le surnom de « fainéant » que lui attribuait sa compagne la princesse Carolyne. En réalité, s’il semblait parfois dispersé, c’est qu’il courait sans cesse de projets en projets. Elle l’obligeait à rester à l’Altenburg pour composer, expliquant volontiers que sans cette contrainte il ne ferait rien — manière ironique de canaliser une énergie débordante. Liszt à Weimar fut tout à la fois bâtisseur, passeur, créateur et visionnaire. Rarement un artiste aura mené de front autant d’activités, avec une telle intensité, tout en y laissant une œuvre aussi vaste en tant que compositeur. Copyright FQM Sources, voir menu C onnaître Franz Liszt/bibliographie Et plus particulièrement : Franz Liszt Toutes les correspondances Alan Walker "Franz Liszt" Editions Fayard 1989/98 Serge Gut "Liszt" Editions de Fallois 1889 Retour à Liszt intime, le caractère Cliquez ici

  • Le pédagogue | Lola

    Liszt pédagogue Par Dre Diane Kolin, chanteuse, musicologue, pedagogue Biographie Cliquez ici Cette section distingue, dans ses grandes lignes, trois périodes de la vie de Liszt en tant qu’enseignant, ainsi que des récits et témoignages d’élèves. Première période : de Paris à Genève Liszt arriva à Paris en 1823 avec son père Adam Liszt. Après la mort de son père en 1827 (Liszt avait 16 ans), sa mère Anna le rejoignit à Paris. Liszt commença à y enseigner le piano pour payer leur loyer. Cette période l’a aidé à développer une technique d’enseignement, cherchant son propre style en tant qu’artiste. Il a vite été submergé de cours, acceptant trop d’élèves, oscillant entre déprime et état de santé précaire. Il est tombé amoureux d’une jeune élève appelée Caroline de Saint-Cricq. Leurs conditions sociales étaient trop éloignées : Liszt était un pauvre musicien et Caroline appartenait à la haute bourgeoisie. Le père de la jeune femme a mis Liszt à la porte quand il a appris la relation entre sa fille et Liszt. Il rencontra Marie d’Agoult en 1833. Ils déménagèrent ensemble à Genève. Liszt enseigna au conservatoire de Genève qui venait juste d’être fondé, jusqu’en 1836. A Genève, il prit une décision qui attisant la colère de ses collègues, celle de ne plus faire payer ses leçons. Il suivit ce principe jusqu’à la fin de sa vie. S’il a développé des exercices au clavier, il n’a jamais placé la technique au premier plan. La technique était importante, mais il la plaçait derrière les sentiments qu’on met dans une interprétation. Pour Liszt, les deux étaient liés : les sentiments doivent être transmis au public lorsqu’on joue, ce qui passe d’abord par une bonne technique. Lorsque la technique est acquise, il faut donner quelque chose de sa personne. Il a toujours voulu jouer sur les nuances et chercher des correspondances avec d’autres arts, comme la poésie, la peinture et la sculpture, transposant ses émotions dans ses œuvres telles que Les Préludes ou Mazeppa, qu’on écoute également en poésie, d’où leur appellation de poèmes symphoniques. Ce qu’on sait peu de Liszt, c’est qu’il était aussi auteur et musicologue. Il a écrit, entre autres, la première biographie de Chopin, un traité sur les bohémiens et leur musique, des articles dans des revues musicales, et des essais et livres à propos de la musique. Deuxième période : Weimar La seconde période d’enseignement de Liszt est emprunte de son inventivité. C’est encore une fois un aspect de Liszt dont on parle finalement assez peu : il a inventé beaucoup de premières choses en musique. A Londres en 1840, il avait inventé le récital, se mettant en avant en tant qu’interprète en tournant le piano pour que ses mains soient visibles par le public. La même année, il effectua sa première masterclass, enseignant en groupe pour que chaque élève puisse profiter de ses conseils. Entre 1847 et 1861, il révolutionna la manière de diriger les orchestres lorsqu’il est devenu Kapellmeister à Weimar. Il voulait porter un nouveau monde musical qui se reflétait dans sa pédagogie. Avec Wagner, Liszt représentait ce qu’on appelait la Nouvelle École Allemande, c’est-à-dire une transformation de ce que faisaient les compositeurs traditionnels en intégrant de nouveaux sons, des dissonances, qui pouvaient choquer les puristes, tout en respectant ses maîtres, les compositeurs du passé tel que Beethoven qui était partout dans la maison de Liszt. Son portrait a suivi Liszt toute sa vie. Il avait un profond respect pour ses collègues, même ceux qui n’appréciaient ou ne comprenaient pas ses compositions. D’ailleurs son groupe d’élèves de cette période d’enseignement, tels que Peter Cornelius, Hans von Bülow ou Joachim Raff, étaient des élèves qui défendaient également la Nouvelle école de musique allemande. Ses cours comprenaient en permanence une quinzaine d’élèves. Il voyageait parfois avec ses élèves, ce qui lui permettait un équilibre entre sa vie personnelle, sa vie professionnelle et son activité de compositeur. C’est une période où il a beaucoup composé, et dirigé beaucoup de concerts. Ses élèves le suivaient et apprenaient. Liszt donnait ses cours là où il se trouvait. Ses cours étaient gratuits. Lorsqu’il a enseigné au conservatoire de Genève, il a décrété qu’il n’y avait pas de raisons de faire payer de jeunes artistes sans le sou pour leur passion. Il a appliqué ce principe jusqu’à la fin de sa vie. Troisième période : la vie trifurquée, Budapest, Rome, et Weimar De 1861 à 1886, sa vie était partagée entre religion et musique. C’est une période passionnante, qu’on surnomme dans la littérature lisztienne sa « vie trifurquée » (une voie à trois branches) puisque son temps, ses activités et son enseignement étaient partagés en trois endroits : Budapest, Rome, et Weimar. Rome était le lieu de pratique de la religion. Chez Liszt, il existait un rapport étroit entre la musique et la religion. Il est rentré dans les ordres et est devenu abbé en 1865, après quoi on l’a appelé l’Abbé Liszt. Il a été logé dans les appartements de la Villa d’Este, où les impressionnantes fontaines du jardin lui ont servi de source d’inspiration pour Les Jeux d’Eaux à la Villa d’Este. Il enseignait également là-bas. Budapest représentait l’Académie Royale de Musique, qu’il a créée en 1875. Il en était le président. Il y enseignait et avait ses appartements dans les étages. A Weimar, il poursuivait ses masterclass. Ses élèves, qu’il appelait ses « enfants », venaient suivre des cours dans sa maison, nommée la maison du jardinier (la Hofgärtnerei), qu’on peut encore visiter aujourd’hui puisqu’il s’agit du Musée Liszt. La maison est petite mais on a presque l’impression que l’esprit de Liszt y est encore. On y ressent de l’émotion. Il recevait des élèves venant de partout dans le monde, d’origines très variées : il avait des élèves de la Russie, des Etats-Unis, du Canada et d’Europe. Lorsque ses élèves rentraient dans leurs pays d’origine, ils emportaient les partitions d’œuvres de Liszt, ce qui a vraiment permis une diffusion très large, mondiale, de ses œuvres. Il y a de nombreux témoignages sur la manière dont Liszt travaillait avec ses élèves. Il était très ouvert, recevait et testait l’élève et le gardait s’il montrait des qualités humaines. Il y avait d’abord une audition, et si au piano l’élève montrait qu’il comprenait qu’il fallait qu’il y mette de sa personne, Liszt l’acceptait comme élève. Mais parfois ce n’était pas le cas, et lorsque l’élève était doué techniquement mais pas humainement, il lui disait qu’il n’avait pas sa place dans ces lieux et de retourner au conservatoire. Les cours étaient très vivants, pleins d’énergie. La pièce était toujours pleine, non seulement des élèves, mais aussi des auditeurs qu’il acceptait, des amis, et puis il était constamment à faire des activités ensemble avec ses élèves, même en dehors des cours, la vie sociale bâtait son plein, par exemple lors des « saucisses party » de son ami Carl Gille, pendant lesquels les élèves jouaient, ou les après-midis musicaux des sœurs Stahr. Weimar c’était plus que l’endroit de ses masterclasses, il créait des liens avec ses élèves, jusqu’à devenir une famille. Il a continué à enseigner jusqu’à la fin de sa vie, malgré une santé déclinante et le manque d’argent. D’une part il ne faisait pas payer ses élèves, et d’autre part, il leur donnait parfois de l’argent. Lorsqu’il entendait parler de difficultés financières d’un ou d’une de ses élèves, il leur disait qu’il venait justement de recevoir une somme d’argent et leur glissait une enveloppe dans la poche. Il est allé jusqu’à faire livrer un piano qu’on lui avait offert chez une de ses élèves qui n’en avait pas. La santé était un sujet très sensible chez Liszt. Il se voyait décliner, et ses élèves se faisaient du souci, mais il détestait parler de sa santé. Dans ses lettres, il se disait déprimé par ses problèmes de santé, il avait des problèmes de mobilité, de dents, de vue… Il devait d’ailleurs se faire opérer d’une cataracte en août 1886, mais il est décédé avant la date prévue. Ses élèves lui apportaient non seulement de la joie, mais aussi de l’aide lorsqu’il en avait besoin, que ce soit comme assistant lors de ses voyages ou comme secrétaire. Son dernier voyage l’a amené sur les routes de Paris, le Luxembourg, et Bayreuth. Il ne voulait pas aller à Bayreuth, d’après ses confidences à des amis et élèves avant le voyage. Il était fatigué car il venait tout juste de rentrer d’un voyage très éprouvant en Angleterre en avril, puis après l’Angleterre il a continué sa tournée pour assister à des concerts et pour voir des amis ou de la famille, à Anvers, à Bruxelles, à Rome, brièvement à Paris, avant de rentrer à Weimar en mai 1886, épuisé. Sa fille Cosima lui a rendu visite à Weimar. Il n’y avait pas d’amour de la fille pour le père. Elle a trouvé des arguments commerciaux pour le faire venir à Bayreuth, ayant besoin de faire de la publicité pour le festival de Bayreuth créé par Richard Wagner, qui était à la fois son ami et beau-fils, époux de Cosima. Après le décès de Wagner, le festival battant un peu de l’aile, Cosima a planifié le mariage de sa fille Daniella, la petite-fille préférée de Liszt, juste avant le festival, pour le forcer à venir se montrer. Il ne pouvait donc pas refuser de venir. Il a donné ses derniers cours à la fin du mois de juin 1886, puis il s’est fait accompagner à la gare par ses élèves. Liszt est parti pour faire sa dernière tournée, accompagné d’un de ses meilleurs élèves, Bernhard Stavenhagen. Ils sont partis ensemble à Paris, puis au Luxembourg, et finalement à Bayreuth. Lorsque Wagner était encore en vie, lors de ses passages à Bayreuth, Liszt logeait à Wahnfried, le domicile des Wagner. Après le décès de Wagner, Cosima a décrété qu’il serait bien mieux seul dans un appartement non loin de Wahnfried, dans le cas où il souhaiterait recevoir ses amis ou ses élèves. En réalité, elle ne voulait pas d’une charge à gérer chez elle. L’ appartement en question était situé juste derrière Wahnfried, et est aujourd’hui un musée Liszt. Pendant le trajet, il a attrapé froid, puis son état s’est dégradé, et il est mort dans cet appartement, dans d’affreuses conditions, le 31 juillet 1886. Sa fille avait interdit tout accès à la maison à ses élèves, qui attendaient de ses nouvelles à l’extérieur. Liszt et ses élèves Liszt a eu plus de 400 élèves, tout au long de sa carrière. La dernière période, de 1873 à 1886, est la plus documentée, car certains élèves ont écrit des journaux et des témoignages, tels que, entre autres, Amy Fay, Carl Lachmund, Walter Damrosch, Arthur Friedheim, Alexander Siloti, August Göllerich, et Lina Schmalhausen. Description d’une masterclass à Weimar Les cours avaient lieu les lundis, mercredis et vendredis, de 15h30 à 18h. Les groupes d’étudiants étaient de taille variée, allant du petit groupe de quatre personnes à une salle pleine de 40 élèves. La maison dans laquelle les masterclass avaient lieu, la maison du jardinier, la Hofgärtnerei, était assez petite et très simple. Le rez-de-chaussée était privatif, et à l’étage se trouvait un appartement circulaire. Les pièces communicantes incluaient la chambre de Liszt, avec un lit, un lavabo et une chaise, la salle à manger, et enfin la salle de musique, avec deux pianos, un Bechstein et un Ibach. Le Bechstein a été offert par le facteur de piano Carl Bechstein, qui était un des amis de Liszt. Le piano date de 1862, et a été restauré en 2020. Le célèbre piano droit Ibach, sur lequel Liszt a posé pour de nombreuses photos avec ses élèves, n'a été livré à la Hofgärtnerei qu'en avril 1885. Dans les premières années à Weimar, le piano droit était fourni par Höhne, un fabricant local de la ville. Les élèves se rassemblaient en bas de l’immeuble, dans la cour, sous l’œil de Pauline Apel, la majordome de la maison. Sa maison se trouvait dans la cour, en face de la maison de Liszt. (Après le décès de Liszt, la Hofgärtnerei est devenu le Musée Liszt, et Pauline Appel la première gardienne du musée. Elle y est restée jusqu’à son décès en 1926, à l’âge de 88 ans.) Les élèves attendaient que Liszt apparaisse à la fenêtre et leur fasse signe de monter. Il disait bonjour à chaque élève, avec un petit mot pour chacun. Il y avait aussi des auditeurs libres que Liszt autorisait à écouter depuis le salon. Une fois à l’intérieur, les élèves posaient leurs partitions sur une petite table à droite du piano. Liszt choisissait une partition, mais jamais deux fois le même morceau. Il disait « Qui a amené ce morceau ? » L’élève s’asseyait alors au piano. Pendant que l’élève jouait, Liszt marchait entre la salle de musique et le salon. Tout en écoutant, il glissait quelques mots à l’oreille de l’un ou l’autre au passage, revenait près du piano, arrêtait l’élève, le faisait reprendre à un certain endroit, donnait ses commentaires. Il s’asseyait parfois pour jouer. Pour Liszt, l’important était ce que l’interprète avait à faire passer comme émotion dans son jeu. Une masterclass durait environ 2 heures 30, après quoi il invitait parfois certains élèves favoris à rester plus longtemps, soit pour jouer, soit pour discuter, soit pour partager un repas. Ces élèves chanceux avaient droit aux confidences de leur professeur. Le rôle d’élève au-delà de celui d’étudiant Liszt a toujours eu un secrétaire ou une aide ou un majordome pour ses tâches quotidiennes. Il avait une routine assez bien faite dans la journée : il se levait très tôt, répondait au courrier, faisait une promenade, retournait se coucher, faisait des siestes dans la journée, pour pouvoir remplir ses autres activités d’enseignement et de composition. En prenant de l’âge, il a eu besoin d’aide pour s’habiller, s’organiser. Même avec l’aide d’un valet de chambre, il lui fallait la présence de ses élèves, soit comme compagnon de voyage, soit pour le distraire lorsqu’il était malade. Il confiait ces tâches à ses élèves favoris, notamment dans les dernières années, entre 1883 et 1886. Il détestait parler de ses problèmes de santé, et détestait encore plus qu’on le voit malade. Liszt avait décidé que, parce qu’il était abbé, il ne devrait voyager qu’en 3e classe dans les trains, avec des conditions de voyages qui n’étaient pas vraiment optimales pour un homme de son âge, avec ses problèmes de mobilité, de dents, de vue, de dépression. C’était inconfortable, il y avait des courants d’air. Il avait les jambes qui enflaient, jusqu’au jour où il s’est retrouvé dans l’incapacité de marcher, demandant à ses élèves de le porter du train à la calèche. A la fin de sa vie, il ne se déplaçait jamais sans être accompagné d’un ou plusieurs élèves. Être Lisztien n’était donc pas uniquement être un élève de Liszt venant prendre des cours de piano, cela signifiait aussi faire partie d’une famille créée par Liszt, ayant en quelque sorte remplacé sa propre famille – sa fille Cosima Wagner et presque tous ses petits-enfants (sauf Daniella) l’avaient abandonné. En juillet 1886, Liszt s’est rendu à Bayreuth à la demande de Cosima pour soutenir le festival créé par Wagner. Il est tombé malade lors de son voyage. Ses élèves sont venus lui tenir compagnie quand il était encore en état de tenir une conversation. Lorsqu’il a dû garder le lit, Cosima a fermé les portes de l’appartement, en interdisant l’accès à ses élèves. Mis à part son aide Miska, l’un des rares élèves ayant le droit d’entrée à l’appartement était Bernhard Stavenhagen, qui n’a pas réalisé à quel point l’état de mauvaise santé de son professeur était sérieux. Liszt est mort seul, abandonné de sa famille, ses élèves attendant de ses nouvelles è l’extérieur de la maison. Quelques élèves de Liszt Arthur Friedheim Arthur Friedheim est né en octobre 1859 et est décédé en octobre 1932, à 73 ans. Ce pianiste et compositeur de concert d'origine russe a été l'un des principaux élèves de Liszt. Il a d’abord étudié avec Anton Rubinstein, qui lui a suggéré d’aller étudier avec Liszt, ce qui est étonnant car Liszt et Anton Rubinstein étaient rivaux. Lorsqu’il est arrivé chez lui, Liszt n'aimait pas le jeu de Friedheim, bien qu'il reconnût l'individualité de son style. Liszt l’a finalement accepté comme élève en 1880. Plus qu’une relation élève-professeur, Friedheim est devenu son secrétaire, puis ils sont devenus amis. Il a écrit un journal en anglais sur son expérience avec Liszt de 1880 à 1886, intitulé Life and Liszt, The Recollections of a Concert Pianist (Taplinger Publishing Co., Inc., New York, 1961). Amy Fay Contrairement à Friedheim qui est resté six ans auprès de Liszt, Amy Fay a étudié avec Liszt uniquement pendant 5 mois, de mai à septembre 1873. Cette rencontre a changé sa carrière. Ils sont devenus amis par la suite et se sont souvent écrit. Amelia Muller Fay est née en mai 1844 et est décédée en novembre 1928, à 84 ans. C’était une pianiste de concert américaine, directrice de la New York Women's Philharmonic Society et chroniqueuse, connue surtout pour ses mémoires sur la scène musicale classique européenne. Élève de Theodor Kullak, Fay voyage en Europe pour étudier avec Franz Liszt. Ses lettres d'Allemagne, comprenant des descriptions de sa formation et des concerts auxquels elle a assisté, ont été publiées en 1880 sous le titre Music Study in Germany (McClurg & Company, Chicago). Extrait : Je passe un moment paradisiaque à Weimar, j'étudie avec Liszt, et parfois j'ai peine à me rendre compte que je suis au sommet de mon ambition, être son élève ! Il est tellement envahi par les gens que je pense que c'est étonnant qu'il soit courtois envers qui que ce soit, mais c'est l'homme le plus aimable que j'aie jamais connu, même s'il peut aussi être terrible, quand il le souhaite, et il sait comment mettre les gens à la porte dans le plus court laps de temps possible. Je vais chez lui trois fois par semaine. À la maison, Liszt ne porte pas son long manteau d'abbé, mais un manteau court, dans lequel il a l'air beaucoup plus artistique. Sa taille est remarquablement légère, mais sa tête est des plus imposantes. — Son appartement est si délicieux ! Tout a été meublé et mis en ordre pour lui par la Grande-Duchesse elle-même. Liszt se promène généralement, fume, marmonne (on ne peut jamais dire qu'il parle) et appelle l'un ou l'autre d'entre nous à jouer. De temps en temps, il s'assoit et joue lui-même là où un passage ne lui convient pas, et quand il est de bonne humeur, il fait tout le temps de petites plaisanteries. Son jeu a été pour moi une révélation complète et m'a donné une toute nouvelle vision de la musique. On ne peut concevoir, sans l'entendre, combien il est poétique, ni les mille nuances qu'il peut mettre dans les choses les plus simples, et il est également grand de tous côtés. Du zéphyr à la tempête, toute la gamme est également à sa disposition. (…) Vous ne pouvez jamais lui demander de jouer quelque chose pour vous, même si vous mourez d'envie de l'entendre. S'il est d'humeur, il jouera, sinon il faudra se contenter de quelques remarques. (Traduction depuis l’anglais : Diane Kolin) Emil von Sauer Emil Georg Conrad von Sauer est né en octobre 1862 et est décédé en avril 1942, à 79 ans. Compositeur, pianiste, éditeur de partitions et professeur de piano allemand, il a été l'élève de Liszt, et est devenu un des concertistes les plus distingués de sa génération. Point à la fois amusant et troublant, un autre élève de Liszt, Martin Krause, a dit de von Sauer : « C’est l'héritier légitime de Liszt ; il a plus de son charme et de sa génialité que n'importe quel autre élève de Liszt ». Tout le monde n’était pas complètement d’accord avec cet avis, à commencer par Emil von Sauer, lui-même. Il a d’abord étudié au Conservatoire de Moscou entre 1879 et 1881. Lors d'une visite en Italie en 1884, il rencontre la comtesse von Sayn-Wittgenstein, la compagne de Liszt, qui l’a chaudement recommandé. Sauer a ensuite étudié avec Liszt pendant deux ans. Cependant, pendant un certain temps, il ne se considérait pas comme un élève de Liszt. Dans une interview de 1895, il a même dit : « Il n'est pas correct de me considérer comme un élève de Liszt, même si je suis resté avec lui quelques mois. Il était alors très vieux et ne pouvait pas m'apprendre grand-chose. Mon professeur principal a été, sans aucun doute, Nicholas Rubinstein. » Mais dans ses dernières années, Emil von Sauer a changé d’opinion. Il a réalisé l'influence de Liszt sur lui-même et sur la musique en général. Emil von Sauer a été un interprète régulier des œuvres de Franz Liszt pendant sa carrière. Auguste Göllerich August Göllerich est né en juillet 1859 et décédé en mars 1923, à 63 ans. Pianiste, chef d'orchestre, professeur de musique et écrivain autrichien, il a d’abord étudié les mathématiques à l'Université de Vienne, comme le souhaitait son père. En 1882, il assiste au Festival de Bayreuth. Après la mort de son père en 1883, il se consacre entièrement à la musique, étudiant le piano à Vienne avec Toni Raab et la composition avec Anton Bruckner. Raab le présenta à Liszt en 1884, qui l'a accepté comme son élève. Il a reconnu le talent littéraire et pianistique de Göllerich, et il en a fait son secrétaire et compagnon de voyage lors de tournées de concerts en Allemagne, en Italie et en Russie. Il est resté que deux ans à ses côtés – deux années extrêmement importantes pour sa carrière. Après la mort de Liszt en 1886, il a travaillé comme critique musical à Vienne. Dans son livre « Les masterclasses pour piano de Franz Liszt 1884-1886 » (titre original allemand : Franz Liszts Klavierunterricht von 1884 bis 1886: Aus den Tagebüchern von August Göllerich (Studien zur Musikgeschichte des 19. Jahrhunderts) , Gustav Bosse Verlag KG, Kassel, 1975), il note scrupuleusement les dates des cours, les lieux des cours (Rome, Weimar ou Budapest) et pour chaque cours les interprètes et les répertoires (le fait qu’il ait été mathématicien de formation l’a poussé à être très rigoureux dans ses notes). Il marque les commentaires de Liszt qui sont parfois piquants. Extraits : (Göllerich indique toujours le compositeur, le titre de l’œuvre, et l’interprète) Vendredi 19 juin 1885, 16h – Weimar Liszt : Le triomphe funèbre du Tasse – Göllerich « Qui joue cet horrible morceau funéraire ? C'est absolument à condamner, car 'L'art est joyeux.' À la mesure 20, jouez immédiatement un crescendo très fort, plein et grandiose jusqu'au premier thème de la mesure 21, qui doit être joué strictement dans les temps mais pas trop lentement, avec de longs trémolos pleins, dans les basses. » À la phrase en la majeur de la mesure 41, il a dit : « Cela pourrait être pire. » Il a demandé que ce thème soit très soutenu et chanté, comme l'indique la partition. « Au thème du Tasse, commençant à la mesure 92, ne jouez pas les triolets de manière trop importante. » Il remarqua que c'était la seule section qu'il avait tirée du poème symphonique Le Tasse. « Tout culmine très rapidement, enflammé et puissant. A la fin, faites ressortir les cloches des mesures 228-231. » Le maître a ensuite joué lui-même plusieurs passages, notamment les passages à l'octave de la main gauche qui interrompent à trois reprises le développement du deuxième thème et qu'on est tenté de jouer agité. Il a fait remarquer qu'ici il souhaitait que cela ne soit ni agité ni ralenti. Il a ajouté : "Le compositeur de cette pièce (donc Liszt lui-même) est quelqu'un qui s'est évadé d'un asile avant d'avoir terminé ses études au conservatoire !" Le maître dirigeait avec enthousiasme la plupart des passages. (Traduction de l’anglais : Diane Kolin) Bach-Liszt : Fugue de six préludes et fugues pour orgue – Miss Fokke Le maître a joué la plupart des passages. À la page 5 (quasi presto), il dit : "Là, toute la famille 'Bach' [24 enfants] grimpe dans les arbres." Il mit alors particulièrement l’emphase sur les mesures 3 à 6 et 9. Il joua magnifiquement le passage du bas de la page 8, qui commence par le sol dièse de la main droite. Puis il joua le thème de la fugue très doucement et indistinctement, en remarquant : « Ce n'était pas aussi facile de continuer qu'on le pense. » Il appelait les passages des pages 16 et 17 « le goûter du milieu de la matinée » et, sans regarder le clavier ni la musique, les jouait à merveille. A la fin, il dit : « À la fin de la pièce, j'écrirai une nécrologie pour le pauvre compositeur qui a été expulsé de deux conservatoires et qui est finalement mort dans un asile près de Bayreuth ! » (Traduction de l’anglais : Diane Kolin) Dans ce dernier extrait, Liszt parle de lui-même. Il a effectivement été expulsé de deux conservatoires, celui de Paris lorsqu’il était enfant, qui n’acceptait pas les élèves non français, et celui de Genève lorsqu’il a décidé d’y enseigner gratuitement. La réflexion sur Bayreuth est troublante car elle n’est pas loin de la réalité. Frederic Lamond Dans les années 1920 et 1930, Lamond a enregistré de nombreuses œuvres de Liszt et de Beethoven, y compris un enregistrement acoustique complet du Concerto « Empereur », ce qui était très rare à l’époque. Frederic Archibald Lamond est né en 1868 et décédé en février 1948, à 80 ans. Pianiste et compositeur classique écossais, il a été l'avant-dernier élève survivant de Liszt, quelques mois avant son collègue portugais José Vianna da Motta. En 1882, Lamond entre au Raff-Konservatorium, à Francfort. Il a étudié le violon, la composition et le piano. Ses professeurs de piano ont été Hans von Bülow, qui a été l’élève puis le beau-fils de Liszt, Clara Schumann, qui a été une amie de Liszt avant de mettre cette amitié de côté, et finalement Liszt. Lamond étudia avec Liszt à Weimar et Rome en 1885, et à Londres en 1886. En avril 1945, trois ans avant son décès, Lamond a réalisé une série d’enregistrements dans les studios de la BBC à Glasgow, parlant de son temps avec Franz Liszt. Cet entretien a ensuite été transformé en chapitre de livre, le chapitre 5 de ses mémoires, qui n’ont été publiées qu’après sa mort (The Memoirs of Frederic Lamond, William MacLellan, Glasgow, 1949). Le chapitre 5 décrit l'époque de Lamond en tant qu'élève de Franz Liszt en 1885-1886. Bernhard Stavenhagen Bernhard Stavenhagen est né en novembre 1862, et est décédé en décembre 1914 à 52 ans. Pianiste, compositeur et chef d'orchestre allemand, son style musical a été complètement influencé par Liszt, en tant que pianiste mais aussi en tant que chef d'orchestre. C’était un ardent défenseur de la nouvelle musique allemande. Il a étudié le piano à Berlin avec Theodor Kullak en 1874, puis est entré à l'université de musique de Berlin en 1878, ajoutant à son curriculum la composition. En 1885, Stavenhagen devint l'élève de Liszt à Weimar. Il gagna vite sa confiance et voyagea avec lui à Rome, Budapest, Paris, Londres et Bayreuth. Après la mort de Liszt en 1886, Stavenhagen entreprit une série de dix années de tournées de concerts de piano en Europe et en Amérique du Nord, comme l’avait fait Liszt à son âge. Stavenhagen a enregistré des œuvres de Liszt grâce à une des premières techniques d’enregistrement sur rouleau de piano, qui enregistre le mouvement des touches en perçant un rouleau, qui pouvait ensuite être rejoué. Les rouleaux réalisés par deux élèves de Liszt, Stavenhagen et Alfred Reisenauer, portent l'inscription « tel que joué par le compositeur » ou « d'après des souvenirs personnels » – en d’autres termes, le plus proche possible de ce qu’ils ont appris avec Liszt, même si ce type d’enregistrement reste très statique. Alexander Siloti Alexander Ilitch Siloti, né en octobre 1863, décédé en décembre 1945, à 82 ans. Pianiste, chef d'orchestre et compositeur virtuose russe, il étudia le piano au Conservatoire de Moscou à partir de 1871, puis à partir de 1875 avec Nikolai Rubinstein, frère du célèbre Anton Rubinstein. Après l'obtention de son diplôme, Siloti partit pour Weimar grâce à une bourse pour poursuivre ses études avec Liszt, avec qui il étudia jusqu’à sa mort en 1886. Il a co-fondé le Liszt-Verein à Leipzig. Après la mort de Liszt, il retourna en Russie en 1887, devenant professeur de piano au Conservatoire de Moscou. Note de l’auteure : ces éléments biographiques ont été présentés au cours de deux épisodes de l’émissions de radio « Dans les pas de Liszt » présenté sur Fréquence Protestante par Catherine Gras et Paul-Hubert des Mesnards, diffusés les 7 décembre 2024 et 9 janvier 2025. Lien vers les deux émissions sur Liszt pédagogue Émission 1 Pour écouter Cliquez ici Émission 2 Pour écouter Cliquez ici Diane Kolin Pour en savoir plus Liszt and his pupils Alan Walker Cliquez ici Boissier, Mme Auguste , Liszt pédagogue , Paris, Honoré Champion, 1928. Leçon de Liszt à ses élèves : Le Liszt Paedagogium de Lina Ramann présenté et annoté par Nicolas Dufetel, Edition Symétrie 2025 YouTube Franz Liszt ´s pupils and friends play Liszt . Lire le commentaire « Plus » Cliquez ici Franz Liszt avec ses élèves à la Hofgätnerei à Weimar Photo Wikipedia Frederic Lamond 1868-1948 Emil von Sauer 1862-1942 Amy Fay 1844 - 1928 Alexander Siloti 1863-1945 Bernhard Stavenhagen 1862-1914 Auguste Göllerich 1859-1923 Arthur Freidheim 1859-1932 Cosima et Richard Wagner, au centre Daniela von Bülow Villa Wahnfried, Bayreuth 1881 Frederic Chopin 1810-1849 Peter Cornelius 1824-1874 Hans von Bülow 1830-1894 Joachim Raff 1822-1882 Villa d'Este, Tivoli Académie Royale de Musique, Budapest Salon de la Hofgärtnerei, Weimar Retour à la carrière de Liszt Cliquez ici

  • Virtuose, caricature | Lola

    Liszt : un virtuose moderne | France Musique (Liszt : un virtuose moderne | France Musique Cliquez ici Les caricatures de Liszt au piano Les caricatures de Liszt au piano notamment pendant sa Glanz-Period sont célèbres en particulier celles de Jànos Janko peintre et caricaturiste Hongrois publiées en 1873 et celle du peintre portraitiste Henri Lehmann le montrant en gravitation alors qu´il interprète son fameux galop chromatique. Liszt vivait sa musique avec tout son corps et cela était innovant voire choquant pour l’époque aussi ne manquait on pas de l’opposer à son non moins célèbre et concurrent de l’époque, Sigismund Thalberg . Citons Heinrich Heine , écrivain allemand : « Il est impossible d’imaginer un contraste plus tranché que Thalberg, noble, sensible, intelligent, tendre, calme, Allemand et même Autrichien opposé à Liszt, emporté, orageux, volcanique, fougueux comme un titan » François Joseph Fétis , musicien et critique Belge qui détestait Liszt, autant que Heine , conclura que Thalberg est le champion de la musique de l’ avenir et Liszt l’ apôtre du passé ! Quelle clairvoyance ! Liszt a été le premier à mettre tout son corps y compris sa magnifique chevelure en osmose avec la musique qu’il jouait. Il entrait ainsi en transe subjuguant son public par sa virtuosité et son fascinant charisme. Cela lui vaudra des charges bien imagées, Heine que nous venons de citer : « Quand il s’assied au piano, qu’il a rejeté plusieurs fois en arrière sa longue chevelure et qu’il commence à improviser, il se jette souvent avec furie sur les touches d’ivoire, alors surgit une forêt de pensées chaotiques … ». Plus tard en 1841, il écrira : « Liszt est une sorte de phénomène météorologique, quand il dépeint un orage au piano, nous voyons des éclairs ébranlant ses traits convulsifs, ses membres semblent secoués par la tempête et ses longs cheveux semblent ruisseler de plui e » De nombreux autres témoignages dépeignent Liszt au piano, parmi les plus célèbres - Friedrich Wieck professeur de piano allemand, père de Clara Schuman, « Certains pianistes transpirent, balayent leurs cheveux qui tombent sur leurs yeux, lorgnent l’auditoire tout énamourés d’eux-mêmes. » - Ernest Legouvé , écrivain français le décrit comme "un animal sauvage jetant constamment ses cheveux en arrière, ses lèvres tremblantes, ses narines palpitantes, balayant le public de son sourire". - Louis Moreau Gottschalk , pianiste et compositeur américain, fit en 1860, l’une des charges les plus féroces « Quand il jouait, le mouvement de sa tête, le balancement miraculeux de son corps, les contractions de ses énormes doigts le faisait ressembler à un fakir dans les affres d’ une convulsion extatique. Se penchant en arrière , les yeux fermés, la bouche serrée, secouant son immense chevelure, se ruant sur le clavier comme une bête sauvage sur une proie, balayant de ses cheveux les touches, les emmêlant de ses doigts sur ses yeux endoloris, il semblait lutter comme les anciens pythons dans l’ étreinte d’ un dieu invisible ». Nous voyons que la chevelure fait largement partie du mythe lisztien . Pourtant Liszt n´ a pas été le premier à adopter cette coiffure romantique, à commencer par Beethoven et surtout Paganini. Il eut de nombreux suiveurs notamment parmi ses disciples, comme Anton Rubinstein et Arthur Friedheim qui tous deux avaient coutume de rejeter leurs cheveux en arrière quand ils jouaient. Toutes ces démonstrations acrobatiques étaient-elles gratuites, répondaient elles au désir de Liszt de se faire de la publicité ou plutôt, comme l’explique Jean Marc Onkelinx sur son blog, ne sont-elles pas liées à la pensée musicale très sophistiquée de Liszt : «Le geste possède une signification strictement musicale et même s’ il peut impressionner l’ auditeur et le spectateur, cette libération du corps permet au piano de faire un bond en avant. Et cela c’était vraiment nouveau » ? La modernisation de la technique des pianos D’autres éléments ont contribué au 19ieme siècle à améliorer la qualité, la rapidité du jeu, c’est la modernisation de la technique des pianos. Apparition du piano à 8 octaves, une plus grande longueur des cordes, les marteaux de cuir sont remplacés par des feutres et surtout le double échappement mis en place par Erard en 1821, amélioré en 1833, qui autorise une répétition rapide des notes. De l'interprétation des œuvres Voici la contribution d'une internaute « Il y a une grande mode aujourd'hui chez les jeunes interprètes, c'est de jouer le plus vite possible, et de faire le plus de mouvements possibles avec le corps, le visage, et les yeux en tournant la tête vers le public afin d'être vu. On a l'impression d'être dans la Rome antique, dans une arène, avec des fauves, la beauté n'est pas au rendez-vous dans ces cas-là. La vitesse est parfois tellement rapide que l'on ne reconnait même plus les œuvres. Pauvres compositeurs ! Quand on pense que Beethoven , avant d'être sourd, piquait des colères contre ceux qui jouaient trop vite ses œuvres ! Il doit se retourner dans sa tombe, le pauvre, tout comme les autres. Franz Liszt par exemple, sous prétexte que ses œuvres sont virtuoses, est joué très souvent sans sentiments. Mais pourquoi ne copient-ils pas les grands interprètes ? Parmi les vivants, il y a encore de merveilleux pianistes. Au festival Lisztomanias de Châteauroux, on a eu la chance d'entendre le merveilleux pianiste et professeur Bruno Rigutto en master class : il a passé son temps à ralentir ses élèves. Quelle interprétation des œuvres ! Et quelle maîtrise ! Beaucoup de jeunes laissent leurs doigts s'emballer. Le pire est lorsque le public applaudit à tout rompre ce genre d'exhibition. Heureusement qu'il reste quelques grands maîtres capables de faire comprendre à ces jeunes que la musique, c'est un art, et pas un duel contre son instrument. Une mélomane » La réponse de Liszt-franz.com , un jeune pianiste qui a bien compris cela. L’ouverture du festival Lisztomanias Châteauroux a démarré avec l’Orchestre Pasdeloup et François Dumont qui a dirigé du piano le concerto pour piano et orchestre n°3 en ut mineur op37 de Beethoven dans la cadence de Franz Liszt. Quelle est cette cadence ? Citons Alan Walker dans son Liszt tome 1, "Ce n’était pas contre les tempi rapides en tant que tels que protestait Schindler (1795-1864, biographe de Beethoven) mais contre le fait que les détails y perdaient leur effet. D’après Schindler, trois des experts les plus qualifiés de l’époque, Hummel, Hiller et Czerny s’accordent à témoigner du fait que Beethoven lui-même dirigeait ses œuvres plus lentement que ne fut la mode par la suite. Ce furent les tempi lents de Liszt dans les symphonies de Beethoven qui attirèrent l’attention du critique J.C. Lobe (1797-1881) lorsqu’ il entendit pour la première fois Liszt diriger trois de ses œuvres à Weimar : « Liszt prit les symphonies de Beethoven dans un tempo généralement plus lent que nous ne les avions entendues précédemment et leur réalisation y puisa singulièrement bénéfice". L’interprétation de François Dumont avec la cadence de Beethoven a fait l’objet de la part de Bruno Rigutto dans le cadre de sa master class du lendemain de l’appréciation suivante : « Belle interprétation, on comprenait chaque note, c’était clair, tout ce qu’il a joué, c’était comme de la lumière » Nous sommes d’accord avec vous Maître ! Caricature de Henri Lehmann. Liszt a 32 ans, il est au cœur de sa Glanz-Period. Lehman peintre, ami de Liszt et de Marie d'Agoult dont il réalisa plusieurs portraits. Cette caricature est intitulée Galop chromatique exécutée par le Diable de l’harmonie le 18 avril 1843. Liszt semble léviter de son siège, accréditant les critiques de ses acrobaties au piano. Il se mettait tout en mouvement, doigts, poignets, bras corps et même la chevelure dont il jouait provoquant parfois l’hystérie des foules et la fameuse Lisztomania

  • Liszt et Wagner | Lola

    Cosima Liszt Wagner, comment déshériter sa fille, un sujet toujours d'actualité Franz Liszt appelait sa fille « ma terrible fille » Le fut-elle jusqu’ à déshériter sa propre fille Isolde, la première qu’elle eut avec R.Wagner tout en étant encore mariée et vivant avec son premier mari Hans Von Bülow qui reconnut Isolde, prêt à tout pardonner à Cosima ? Isolde eut la fâcheuse idée d’épouser un chef d’orchestre suisse Franz Beidler qui risquait de faire de l’ombre à Siegfried, le dernier rejeton que Cosima eut avec Wagner et l’unique de sexe masculin de ses cinq enfants *. C’est donc à ce dernier, Siegfried qu’il incombait d’assurer une « digne » descendance d’autant qu’il a choisi de travailler dans le même secteur que papa, la musique et qu’il se piquait d’être chef d’orchestre comme Franz Beidler, mari d’Isolde. Il y en avait un de trop, ce fut Franz qui fut chassé de Bayreuth par sa belle mère Cosima. En 1909, Isolde très fâchée, intenta un procès à sa mère pour être reconnue fille biologique de Wagner, ce qu’elle était, et avoir sa part d’héritage. Hélas Hans Von Bülow l’ayant déclarée comme sa fille, elle fut déboutée. Cette affaire poussa enfin Siegfried toujours célibataire à 46 ans à se marier et à avoir des enfants. Ouf la descendance est assurée mais plus jamais on osa évoquer le nom d’Isolde sur la colline. A lire Cosima Wagner, la maitresse de la colline par Oliver Hilmes *Pour mémoire, les deux premières dont le père est Hans Von Bülow, Daniela 1860/1940 et Blandine 1863/1941 et les trois derniers dont le père est Richard Wagner, Isolde 1865/1919, Eva 1867/1942 et Siegfried 1869/1930 Liszt et Wagner Un sujet qui déchaîne parfois les passions. En effet, il y a encore quelques wagnériens passionnés (voire intégristes ?) qui opposent Liszt à Wagner en mettant à mort le premier pour mieux glorifier le second ... Sujet à mon avis bien stérile sur lequel je n' épiloguerai pas, ils sont incomparables. Néanmoins, je soumets à votre réflexion la dernière page de l' avant-propos de Georges Liébert à la passionnante Correspondance Franz Liszt / Richard Wagner, édition Gallimard 2013, présentée et annotée par Georges Liébert: "aujourd'hui, si le canon de la littérature pianistique comprend plusieurs œuvres de Liszt, ses ouvrages symphoniques et choraux (...) ont presque disparu des programmes de concerts mais l’homme est quasiment sanctifié, tandis que Wagner dont les opéras ne quittent pas l’affiche, est diabolisé. Notre époque a donc plus d’indulgence pour les défauts et les faiblesses de Liszt que pour les qualités de Wagner. Puisse cette édition de leur correspondance contribuer à rétablir entre eux l' équilibre". Et Liébert d' enchaîner dans une note en bas de page sur l' œuvre en deux volumes d' Alan Walker ...en la qualifiant « d' hagiographie lisztienne entachée de nombreuses erreurs ». Reprenant ainsi la critique de Serge Gut auteur d’un des livres concurrents intitulé Liszt. Toujours dans la veine Liszt et Wagner : Les deux mages de Venise de Philippe André éditions Le Passeur 2015 qui conte « le récit du périple imaginaire de deux génies romantiques Liszt et Wagner dans le labyrinthe vénitien » Pour en savoir plus consultez sur le net « Luminesciences » le Blog de Jean-Pierre Luminet astrophysicien qui vous donnera vraiment envie de le lire. https://blogs.futura-sciences.com/luminet/2015/02/22/les-deux-mages-de-venise-par-philippe-andre/ FQM liszt-franz.com Cosima avec son fils Seigfried, le futur chef d'orchestre I solde, fille de Cosima, épouse de Franz Beidler, chef d'orchestre Richard Wagner Liszt apprécie Rienzi dès 1844, mais c’est surtout à partir de 1848 que les deux compositeurs s’engagent dans une relation forte. Cette année, Liszt dirige le Tannhäuser à Weimar. L'année suivante, Wagner, inculpé lors de l'insurrection de Dresde (épisode du Printemps des peuples) et recherché par la police, est hébergé à l’Altenbourg chez Liszt qui le couvre jusqu' en Suisse. Ce dernier n'a cessé de le soutenir financièrement, Wagner était dépensier et réclamait souvent (voir la correspondance Liszt/ Wagner), il n'a cessé de le promouvoir, de jouer ses œuvres notamment lorsqu'il était à Weimar, de les transcrire pour les faire connaître, d'être son chantre en tous lieux et en toutes circonstances. Admirateur inconditionnel, acceptant tout de Wagner même parfois de se faire dépouiller musicalement. Leur amitié a tenu malgré de longues périodes où ils ne se voyaient pas, malgré l' inimitié de la princesse Sayn-Wittgenstein à l' égard de Wagner, surtout quand celui-ci prit pour maîtresse puis épousa Cosima la propre fille de Liszt, déjà mariée à von Bülow. Amitié brisée mais suivie d'une réconciliation en 1872. Wagner en 1876 reconnaîtra toute l' aide que Liszt lui a apportée en portant un toast à son ami et désormais beau-père : "Ici se trouve celui qui, le premier m' a soutenu de sa foi(....) et sans lequel vous n' auriez peut être aujourd'hui entendu aucune note de moi, mon cher ami Franz Liszt . " Wagner appréciait certaines œuvres de Liszt mais il était certes moins dithyrambique que Liszt ne l' était à son égard . C'est en lisant le journal que tenait Cosima Wagner que nous voyons la double face de Wagner affectant en réalité un certain mépris pour l’œuvre de son beau-père. Il n'appréciait pas trop les Poèmes symphoniques ni la musique religieuse de Liszt (Wagner l’agnostique Liszt le croyant catholique) ni ses œuvres de vieillesse. Dans son journal, à Cosima qui lui demandait ce qu'il pensait du délicat et très innovant « Weihnachtsbaum » (l’arbre de Noël)* que Liszt avait dédié à sa petite fille Daniela von Bülow. Il répondit laconiquement "ce serait trop cruel ". Cosima n'a jamais bien défendu son père, préférant son mari qui, disait-elle, était le seul à l'avoir aimée. Elle a souvent évoqué dans ses écrits la jalousie dont Wagner ne s'était jamais départi à l’égard de son père. Wagner ne pouvait admirer que le pianiste. De la part de Wagner, ce n’est pas étonnant, contrairement à Liszt qui est toujours resté trop modeste à l’égard de ses propres œuvres, ce que reconnaissait Cosima dans son journal, voire complexé, Wagner n’a quasiment jamais douté de lui et n’a jamais hésité à détruire ses relations dans le monde musical lorsqu’ elles lui faisaient de l’ombre. Ainsi de Meyerbeer qui l'a pourtant aidé sans compter et qu'il n’a pas hésité à assassiner avec la plus grande férocité**. Pourtant Wagner a beaucoup emprunté à Liszt. Comme d’habitude, ce dernier ne lui en voulut pas et continua à encenser son génie alors qu’il savait que Wagner le dénigrait. Un jour que Wagner lui disait que pour sa Walkyrie il avait volé un de ses motifs, Liszt répondît, "tant mieux au moins ma musique sera jouée " ou lorsque on lui fit remarquer que Wagner lui avait emprunté le fameux accord de Tristan, il répondit "que m' importe d’être copié par un génie".

  • La Faust Symphonie | Lola

    La Faust Symphonie Le thème du Docteur Faustus date du 16eme siècle. Personnage dépravé, magicien, astrologue, il s’était glorifié d’avoir conclu un pacte avec le diable Méphistophélès qui lui a permis de satisfaire tous ses désirs en échange de son âme. Il devint très vite un personnage de littérature, l’une des premières œuvres, la plus connue fut celle de Christopher Marlowe, poète anglais du 16eme siècle : Histoire tragique du Dr Faust. Le Faust de Goethe Goethe s’est emparé de ce thème qui l’a accompagné toute sa vie. Il en fit deux versions, la première la plus connue en 1808, Faust 1 et le second livre, Faust 2 avec une approche moins pessimiste fut publiée juste après sa mort en 1830. Au travers de ses poèmes, Goethe a sublimé le mythe de Faust et en a fait une source d’inspiration majeure de tout le 19eme romantique sous toutes ses formes, en littérature, poésie, musique, peinture, théâtre et au siècle suivant le cinéma s’y ajouta . La version qu’offre Goethe ne reprend pas exactement les mythes plus anciens, il y introduit notamment une histoire d’amour entre Faust et Marguerite. Nous pourrions résumer ainsi le premier poème : Le docteur Faust qui a passé sa vie dans la quête du savoir sans obtenir la satisfaction voulue souhaite se suicider. Le diable, Méphistophélès lui propose de lui rendre sa jeunesse et de lui apporter la richesse en échange de son âme. Celui-ci reste toujours insatisfait, il va séduire puis abuser de l’innocente Marguerite qui, subjuguée, va courir à sa perte et à celle de sa famille. Enceinte elle se sent déshonorée et tue le « fruit du péché ». Emprisonnée, elle repousse Faust qui veut l’arracher à son sort. Elle préfère s’abandonner à Dieu. C’est alors qu’une voix d’en haut la proclame sauvée. Dieu a pardonné. Liszt et Faust Méphistophélès accompagnera le très croyant Liszt sa vie durant, en musique bien sûr, de la Faust Symphonie à toutes les Méphisto valses et au travers de son obsession de la mort comme il pouvait la matérialiser par de petites choses ainsi d’une bague qu’il n’a jamais cessé de porter et d’une canne à l’effigie de Satan. La Faust symphonie est considérée comme l’un des chefs-d’œuvre absolus de Liszt. Elle est postérieure aux deux autres grands Faust, celui de Berlioz, La damnation de Faust et celui de Schumann, Scènes de Faust. Liszt a très exactement intitulé son Faust : Eine Faust-Symphonie in drei Charakterbilden, 1 Faust 2 Marguerite 3 Méphistophélès Que l’on peut traduire Une Faust symphonie en 3 portraits de caractères ou en 3 portraits psychologiques C’est Berlioz, son ami qu’il admirait tant qui lui a fait découvrir en 1830, le Faust de Goethe dans une traduction de Gérard de Nerval puis ensuite au travers de la fameuse Damnation de Faust et c’est à Weimar , la ville de Goethe où Liszt était Kapellmeister qu’ il composa sa célèbre symphonie. Initiée en 1840 mais achevée en 1854 après deux mois de travail intensif, elle fut jouée pour la première fois le 5 septembre 1857 lors de l’inauguration du monument à Goethe et Schiller devant le théâtre de Weimar. Liszt lui adjoindra 3 ans plus tard l’épilogue « Choral Mysticus » pour ténor et chœur d’hommes …. Œuvre grandiose considérée comme un poème symphonique comparable à la 9eme de Beethoven, elle montre selon Alan Walker, la maîtrise de Liszt pour la composition orchestrale. Œuvre d’une absolue nouveauté pour l’époque, elle fut dédiée à Berlioz. Trop innovante, elle dérangea et tomba dans l’indifférence. Elle fut très peu jouée dont une fois par Hans von Bulow puis demeura à l’abandon pendant près d’un demi-siècle. Aujourd’hui, reconnue, elle est unanimement considérée comme un monument de la musique romantique, pour ses innovations audacieuses, sa richesse musicale et sa grande subtilité. Pour terminer, citons de nouveau Alan Walker : « plus elle s’éloigne dans le temps, plus elle semble grandiose. »

  • Engagement politique | Lola

    Franz Liszt, un politique de la conciliation Comme dans les autres domaines de son existence, Franz Liszt déroute les historiens par ses apparentes contradictions politiques. Comment le même homme peut-il passer du saint-simonisme au catholicisme ultramontain, soutenir la République en 1848 puis admirer Napoléon III, fréquenter les révolutionnaires tout en recherchant l'amitié des souverains ? Cette évolution est-elle celle d'un opportuniste ou, au contraire, celle d'un homme demeuré fidèle à quelques principes essentiels ? Une équation, encore une fois très lisztienne. On retiendra cependant que, même s'il ne cesse de changer d'interlocuteurs politiques, il ne change jamais de valeurs, quelles que soient les formes de gouvernement : la justice sociale, le refus de la violence, la paix, l'amélioration morale de l'humanité, le rôle civilisateur de l'art et la foi. Une rupture importante intervient toutefois en 1848, lors du Printemps des peuples et des révolutions européennes. Liszt a alors abandonné sa carrière de virtuose pour celle de compositeur, sous l'influence de sa nouvelle compagne, la princesse Carolyne von Sayn-Wittgenstein, catholique convaincue. Liszt révolutionnaire ? C'est en juillet 1830, « au son des canons des Trois Glorieuses » , comme l'écrit sa mère, que Liszt sort de sa période dépressive et renonce à son désir d'entrer dans les ordres après sa déception sentimentale avec Caroline de Saint-Cricq. Il éveille alors sa conscience politique et célèbre la destitution de Charles X. Il commence à composer une Symphonie révolutionnaire ; la révolte gronde dans sa tête. En 1832, Mme Boissier, mère d'une de ses élèves, écrit : « Liszt aurait remplacé la loi et l'ordre par la révolution et la lutte. » Influencé par les différents courants nés après les Trois Glorieuses, Liszt bascule d'un mysticisme catholique vers un certain anticléricalisme, avant de revenir plus tard à une foi beaucoup plus profonde. À vingt ans, il fréquente les salons où se propagent les idéaux du saint-simonisme. Il y rencontre des adeptes qui sont ou deviennent ses amis, parmi lesquels Berlioz, Heine ou Hiller, et adhère à ce courant qui prône davantage d'égalité et de justice entre les classes sociales, mais aussi entre les femmes et les hommes. À partir de 1833, il s'enthousiasme également pour Félicité Robert de Lamennais, prêtre catholique libéral et social, précurseur de la démocratie chrétienne, dont plusieurs idéaux rejoignent ceux du saint-simonisme. Liszt est fasciné par Lamenais , comme il est par Chateaubriand, Lamartine ou Sainte-Beuve. Liszt lui restera fidèle jusqu'à la fin de sa vie, même durant sa période catholique la plus orthodoxe. Enfin, entre 1841 et 1845, il effectue un passage par la franc-maçonnerie, attiré, là encore, par ses valeurs philanthropiques de partage et d'entraide ainsi que par sa conception humaniste de la vie. Il se révolte contre l'injustice et la misère du peuple qui, dans cette période d'industrialisation, l'émeuvent profondément. En 1837, il compose Lyon, inspiré par la détresse des ouvriers canuts. Lui, le roturier, dénonce la discrimination entre nobles et non-nobles, revenue en force avec la Restauration. Le mérite de la naissance doit être remplacé par celui du travail, de la valeur et du génie. Les artistes ne doivent plus être traités comme des subalternes, mais comme des passeurs entre le peuple et Dieu. C'est dans cet esprit qu'il publie De la situation des artistes et de leur condition dans la société. Pourtant, il continue de fréquenter les aristocrates du faubourg Saint-Germain, qui sont aussi ses employeurs. Une partie d'entre eux partage d'ailleurs ces idées, et l'une d'elles, la comtesse Marie d'Agoult, devient sa compagne. Jusqu'à son renversement en 1848, Liszt ne cesse de s'opposer à Louis-Philippe. Il soutient ensuite la Deuxième République. Ses amis Lamartine et George Sand participent alors au pouvoir, mais seulement pour quelques mois, puisque Louis Napoléon Bonaparte est élu président de la République après l'effondrement électoral de Lamartine. Liszt conservateur ? En 1847, la vie de Liszt change profondément. Lors d'une tournée en Ukraine, il rencontre la princesse Carolyne von Sayn-Wittgenstein, catholique affirmée mais progressiste. Il s'installe bientôt à Weimar, où il peut enfin se consacrer davantage à la composition et abandonner son métier de virtuose itinérant. Contrairement à certains de ses amis, comme George Sand, retirée à Nohant, ou Victor Hugo, qui choisit l'exil, Liszt affiche durablement son soutien, voire son admiration, pour Napoléon III qui, en 1852, transforme la République en Empire, bien avant que son gendre Émile Ollivier, époux de Blandine, ne devienne son dernier chef de gouvernement. À la mort de Napoléon III, il écrit à Carolyne : « Napoléon III mort. Cœur magnanime, intelligence universellement compréhensive, sagesse expérimentée, caractère doux et généreux — et destin néfaste ! C'est un César entravé, garrotté, mais animé d'un souffle du divin César, personnification idéale de l'Empire terrestre ! » Il conclut par cette célèbre repartie : « En 1861, Napoléon, dans une assez longue conversation, me disait : "Il me semble que parfois j'ai cent ans." Je lui répondis : "Vous êtes le siècle, Sire." » Ce soutien à Napoléon III, souvent interprété comme un revirement politique, est certes moins inspiré par l'autoritarisme du régime que par la conviction qu'un pouvoir stable pouvait apporter la paix, favoriser la culture et contribuer à l'amélioration sociale. À Weimar, Liszt accepte les contraintes de la cour et de sa fonction subalterne de Kapellmeister. Il les justifie par l'amitié qui le lie à Charles Alexandre, grand-duc de Saxe-Weimar-Eisenach. À l'égard de ce dernier, il adopte une attitude de monarchiste légitimiste. Il va jusqu'à écrire : « Personne au monde, les têtes couronnées exceptées, n'a le droit de me faire chercher comme on fait chercher un valet de place ! » Avait-il réellement le choix ? Sa fortune n'était plus assurée par son métier de virtuose d’ estrade tandis que les aristocrates de la cour de Weimar étaient devenus ses employeurs et constituaient une indispensable plateforme pour promouvoir ses projets artistiques. Liszt et le Printemps des peuples, cas de la Hongrie 1848 est aussi le Printemps des peuples, vaste mouvement révolutionnaire qui touche plusieurs pays d'Europe, dont la Hongrie, patrie que Liszt revendique comme la sienne. La Hongrie se soulève et proclame son indépendance en 1849. Mais cette révolution est immédiatement écrasée par l'Autriche. Liszt ne prend pas part au combat. Installé à Weimar, il est alors confronté à plusieurs difficultés familiales et ses proches ont des problèmes de santé. Contrairement à Wagner, qui participe activement au soulèvement de Dresde et doit ensuite s'exiler, Liszt ne s'associe pas à l'insurrection menée par Kossuth, dont il pressent les tragiques conséquences. Pacifiste, il préfère la voie défendue par Széchenyi, qui tente d'obtenir des Autrichiens une plus grande liberté par la négociation et des moyens légaux. Les massacres qui suivent l'écrasement de la révolution hongroise sont terribles. Liszt perd plusieurs amis auxquels il rend hommage dans son élégie Funérailles. Il participe ainsi au réveil national hongrois, mais en privilégiant la réforme pacifique plutôt que la révolution sanglante. Il demeure cependant loyal envers l'Empire d'Autriche et reste favorable à une forme de centralisme autrichien. Plus tard, en 1867, il compose la Messe hongroise du couronnement à l'occasion de l'instauration de la monarchie austro-hongroise, lorsque l'empereur François-Joseph devient également roi de Hongrie. Heinrich Heine ne manque pas de l'épingler avec férocité dans son poème Im Oktober 1849, en évoquant le sabre d'honneur que le gouvernement hongrois lui avait offert en 1843 : « Il est tombé, le dernier rempart de la Liberté, Et la Hongrie saigne à en mourir — Pourtant le chevalier Franz demeure indemne. Son sabre aussi : il dort dans la commode. » À partir des années 1860, Liszt s'installe à Rome et reçoit les ordres mineurs en 1865. Il se préoccupe désormais beaucoup moins de politique, même s'il continue, jusqu'à la fin de sa vie, à évoluer entre plusieurs pays traversés par de profonds bouleversements politiques. La musique religieuse, la foi et la pédagogie deviennent désormais ses principales préoccupations. Cela ne l'empêche pas, dans son abondante correspondance, de commenter les grands événements de cette fin de siècle. Conclusion Liszt ne fut jamais un homme de parti ; il fut un homme de principes. Il s'efforça de discerner, dans chaque régime, ce qui pouvait favoriser la paix, la justice et le progrès moral. Il put changer d'opinion sur les gouvernements, mais jamais sur les grandes valeurs qui guidèrent toute son existence. Homme de son temps, curieux de tout, il ne pouvait qu'être sensible aux grands courants politiques et philosophiques qui traversaient le XIXᵉ siècle. Même s'il ne rencontra jamais Karl Marx (1818-1883), il fut son contemporain. Héritier de la pensée saint-simonienne, il incarne une voie médiane, favorable au progrès, soucieuse du partage des richesses et d'une plus grande justice sociale. Cette position lui permit de conserver l'amitié de personnalités pourtant opposées sur le plan politique : Lamartine, qui s'était présenté contre Napoléon III ; Victor Hugo, qui préféra l'exil à une France gouvernée par celui qu'il considérait comme le fossoyeur de la République. Il aide et protège également Wagner, recherché après sa condamnation à l'exil pour sa participation active à l'insurrection de Dresde. En 1871, après l'invasion prussienne, il écrit : « Mes amis d'ici, des deux bords, se comportent le plus amicalement possible avec moi. » Ses évolutions vers des positions plus conservatrices ne l'empêchent jamais de demeurer, au plus profond de lui-même, un humaniste et un progressiste. Jusqu'à la fin de sa vie, il reste généreux, profondément sensible à la misère et à l'injustice, tout en continuant à fréquenter les têtes couronnées, qui sont aussi ses protecteurs et souvent ses employeurs. Liszt fut avant tout un homme de paix et de conciliation, qui n’aimait pas la violence : « J’aime tant la paix que je commettrais des bassesses pour la maintenir, si je ne savais que les bassesses la compromettent le plus. » Dans cette même logique de non violence, Liszt était aussi contre la peine de mort que préconisait Schopenhauer. Les révolutions sanglantes lui inspirent une profonde répugnance. Ainsi condamne-t-il à plusieurs reprises La Marseillaise : « Qu'est-ce que vient faire cet hymne assoiffé de sang au milieu d'une révolte sociale dont le principe de base est l'amour ? » Et encore : « On n'aurait jamais dû tolérer que, pendant cette révolution, les paroles : "Qu'un sang impur abreuve nos sillons !..." fussent chantées ! » Dans le même esprit, on peut évoquer son indifférence aux frontières. Cosmopolite, profondément anti-nationaliste, il aurait sans doute été aujourd'hui un Européen convaincu : « Pour moi, comme pour Humboldt, le patriotisme n'est qu'une forme très relative et tronquée du sentiment. En tant qu'artiste, j'ai peu de goût pour les cocardes, qui prêtent très aisément au cocasse et n'ont que faire dans les régions que nous hantons. » Ou encore : « Quoi ! Patrie ! Il n'y a pas de patrie ; pour moi, elle est partout ! » Au fond, Liszt fut un politique au sens premier du terme : un homme de conciliation et de diplomatie. Diplomate, c’ était d'ailleurs un métier qu'il aurait volontiers exercé s'il n'était devenu musicien. Certains, comme Bettina von Arnim, allèrent jusqu'à le traiter de jésuite. En définitive, si Liszt paraît parfois versatile dans ses engagements, il n'est ni un révolutionnaire, ni un réactionnaire. Il incarne une troisième voie : celle de la culture, de la morale et de la foi, destinée à prévenir la violence des conflits, convaincu que la transformation du monde passe d'abord par l'élévation spirituelle et culturelle. Copyright FQM Sources, voir menu C onnaître Franz Liszt/bibliographie Et plus particulièrement : Moysan, Bruno, Liszt, virtuose subversif , Lyon, Symétrie, coll. « Perpetuum mobile » Editions Symétrie 2010 Karl Marx 1818-1883 photographié en 1875 Le 8 Juin 1867 l’Empereur François-Joseph est couronné « Roi Apostolique de Hongrie » Comte Istvan Széchenyi, 1791-1860 surnommé "le plus grand des hongrois" Emile Ollivier 1825-1913 Chef de gouvernement du second Empire Napoléon III, 1808- 1873 J.H Flandrin ,1861 Révolution de juillet "Les Trois Glorieuses" tableau d'Eugène Delacroix (1830). Retour vers l'engagement de Liszt Cliquez ici

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