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- Etudes d'après Paganini | Lola
Les études d'après Paganini Il compose alors une œuvre dont le titre en dit long : Grande Fantaisie de bravoure sur la Clochette de Paganini, une de ces œuvres qu’il devait être le seul à pouvoir jouer. Quelque temps après, il continuera sur cette lancée en composant Six Études d’exécution transcendantes d’après Paganini, dans lesquelles il reproduit, au piano, les effets de Paganini au violon. Devant les immenses difficultés de ces pièces, il les remaniera plus tard, en une version définitive, pas forcément plus facile mais moins compliquée, sous le titre de Grandes Études de Paganini. Il aura d’ailleurs plusieurs fois l’occasion de remettre sur le métier ses propres œuvres. Voici l’une de ces études, parmi les plus connues, inspirée d’un caprice de Paganini, « La Chasse ». Grande Étude de Paganini n° 5, « La Chasse » Il ne faut pas se fier à son caractère léger et primesautier ; elle offre de sérieuses difficultés de dosage sonore. Il s’inspire en effet du jeu de Paganini en doubles cordes sur le violon, et oblige les deux mains à s’enchevêtrer. Et au début, il demande au piano d’imiter la flûte puis le cor, ce qui, compte tenu du fonctionnement du piano, est une gageure. Puis il fait entendre une ritournelle qui sonne comme une boîte à musique et qui alterne avec deux couplets ; on trouve dans le second des gestes hardis : des glissandos en double notes à exécuter d’une seule main, ce qui est très malcommode, puis des croisements de mains très acrobatiques qui s’inspirent du violon. Mais si au violon l’archet ne se déplace que de quelques centimètres, au piano la main le fait de plusieurs dizaines de centimètres.
- Bibliographie | Lola
Bibliographie sélective — Franz Liszt Cette bibliographie sélective rassemble les principaux ouvrages, éditions de correspondances et sources qui ont servi à la rédaction des articles de ce site. Les références propres à un sujet sont indiquées, le cas échéant, au bas de l’article concerné. Nous avons privilégié les éditions les plus récentes et les plus facilement disponibles. Une première découverte Pourtalès, Guy de , La Vie de Franz Liszt , première édition Gallimard en 1925 ; nombreuses rééditions. Un classique de la littérature biographique consacrée à Liszt, à lire aussi comme le témoignage d’une époque et d’une certaine vision romantique du personnage. Il se trouve en lecture gratuite sur le Net , Cliquez ici Clément, Jean-Yves, Franz Liszt ou la dispersion magnifique, Arles, Actes Sud/Classica, 2011. Une exploration intime et musicale de la vie de Liszt, esprit multiple, nomade et bohémien, à la fois virtuose, mystique, compositeur révolutionnaire, homme d’Église et grand humaniste. Martinez, Frédéric, Franz Liszt , Paris, Gallimard, coll. « Folio biographies », no 76, 2011. Une biographie accessible pour découvrir les multiples facettes du personnage. Ouvrages de référence Walker, Alan, Franz Liszt, 2 tomes, Paris, Fayard, 1989-1998. Une référence incontournable. Il s’agit de l’une des biographies de Liszt les plus riches et les plus documentées, accompagnée d’un appareil de sources considérable. Malgré son ampleur, elle se lit comme un roman. Gut, Serge, Liszt, Éditions de Fallois/L’Âge d’Homme, 1989. Plus synthétique que Walker mais dense, avec une approche musicologique et thématique particulièrement utile. Huré, Pierre-Antoine et Claude Knepper , Liszt en son temps, Paris, Hachette Littératures, 1987. Une approche de Liszt à travers les documents de son époque : correspondances, presse et témoignages de contemporains. Stricker, Rémy, Franz Liszt. Les Ténèbres de la gloire, Paris, Gallimard, 1993. Une lecture originale du personnage et de ses contradictions. Correspondance de Franz Liszt Bory, Robert, Liszt et ses enfants Blandine, Cosima et Daniel, d’après une correspondance inédite avec la princesse Marie de Sayn-Wittgenstein, Paris, Corrêa, 1936. Liszt, Franz, Briefwechsel mit seiner Mutter, éd. Klára Hamburger, Eisenstadt, 2000. Liszt, Franz, Correspondance (1832-1875), lettres choisies et annotées par Pierre-Antoine Huré et Claude Knepper, Paris, Jean-Claude Lattès, 1987. Liszt, Franz, Lettres à Cosima et à Daniela, présentées et annotées par Klára Hamburger, Sprimont, Mardaga, 1996. Liszt, Franz, Lettres à la princesse Carolyne de Sayn-Wittgenstein (1847-1859), réédition Forgotten Books. Liszt, Franz, Lettres à la princesse Marie de Hohenlohe-Schillingsfürst, édition établie par Pauline Pocknell, Malou Haine et Nicolas Dufetel, Paris, Librairie philosophique J. Vrin, 2010. Texte intégral Cliquez ici Liszt, Franz, The Letters of Franz Liszt to Olga von Meyendorff, 1871-1886 , Washington, Dumbarton Oaks Research Library and Collection, 1979. Liszt, Franz et Marie d’Agoult , Correspondance, revue et annotée par Serge Gut et Jacqueline Bellas, Paris, Fayard, 2001. Liszt, Franz et Marie d’Agoult, Correspondance de Liszt et de la comtesse d’Agoult, éd. Daniel Ollivier, 2 vol., Paris, Grasset. Liszt, Franz et Charles-Alexandre, grand-duc de Saxe-Weimar-Eisenach , Correspondance , réunie et annotée par Nicolas Dufetel, Société française de musicologie. Édition annoncée, à vérifier quant à sa parution. Une correspondance entre Liszt et le grand-duc Charles-Alexandre a également été éditée par La Mara (Ida Maria Lipsius) chez Breitkopf & Härtel, à Leipzig, en 1909. Liszt, Franz et Madame Émile Ollivier, Correspondance de Liszt et de sa fille Madame Émile Ollivier, introduction et notes de Daniel Ollivier, Paris, Grasset, 1936. Liszt, Franz et Agnes Street-Klindworth, Correspondence, éd. Pauline Pocknell, New York, Pendragon Press, 2000. Liszt, Franz et Richard Wagner, Correspondance, nouvelle édition présentée et annotée par Georges Liébert, Paris, Gallimard, 2013. La Mara [Ida Maria Lipsius] (éd.), Franz Liszts Briefe , 8 vol., Leipzig, Breitkopf & Härtel, 1893-1905. La Mara a publié un ensemble considérable de correspondances et de documents consacrés à Liszt, dont plusieurs ont également circulé en français. Elle a notamment édité la correspondance entre Liszt et le grand-duc Charles-Alexandre de Saxe-Weimar ainsi que des documents relatifs à Hans von Bülow. Marie d'Agoult, Franz Liszt, Henri Lehmann, Une correspondance romantique . Paris, Flammarion, 1947. Œuvres littéraires de Liszt Liszt fut non seulement pianiste, compositeur, chef d’orchestre et professeur, mais aussi un homme de lettres particulièrement prolifique. Ses écrits permettent de découvrir sa conception de l’art, de la société, de la religion et du rôle de l’artiste. Liszt, Franz, Lettres d’un bachelier ès musique, édition présentée par Rémy Stricker, Le Castor Astral, 1991. Liszt, Franz, De la situation des artistes et de leur condition dans la société. Liszt, Franz, Des Bohémiens et de leur musique en Hongrie, Paris, Librairie Nouvelle, Bourdillat, 1859. Liszt, Franz, F. Chopin, Paris, Escudier, 1852 ; rééd. Paris, Archipoche, 2010. Liszt, Franz, Artiste et société , textes réunis et présentés par Rémy Stricker, Paris, Flammarion, 1995. Liszt, Franz, Trois opéras de Richard Wagner considérés de leur point de vue musical et poétique, textes réunis, introduits et annotés par Nicolas Dufetel, Arles, Actes Sud, 2013. Autres ouvrages Agoult, Marie d’ , Mémoires, 1833-1854, introduction de Daniel Ollivier, Paris, Calmann-Lévy, 1927. André, Philippe, Années de pèlerinage de Franz Liszt : I. La Suisse ; II. L’Italie ; III., Aléas, 2008. Bellas, Jacqueline , Franz Liszt, un saltimbanque en province, Lyon, Symétrie, 2007. Boissier, Mme Auguste , Liszt pédagogue , Paris, Honoré Champion, 1928. Bory, Robert, La Vie de Franz Liszt par l’image , Paris, Éditions des Horizons de France Paris 1936. Bory Robert , Liszt et ses enfants, d'après une correspondance inédite avec la Princesse Marie Sayn-Wittgenstein, Edition Correa Paris 1936 Burger, Ernst, Franz Liszt. Chronique en images et en documents, Paris, Fayard, 1988. Candé, Roland de , La Vie selon Franz Liszt, Paris, Éditions du Seuil, 1998. Chantavoine, Jean, Liszt, Paris, Félix Alcan, coll. « Les Maîtres de la musique », 1910 ; nombreuses rééditions, notamment Culturea, 2022. Dufetel, Nicolas, Tout le ciel en musique. Pensées intempestives, Paris, Le Passeur, 2016. Dufetel, Nicolas et Malou Haine (dir.), Franz Liszt, un saltimbanque en province, Lyon, Symétrie, 2007. Dupêchez, Charles, Marie d’Agoult, Paris, Perrin, 1989. Dupêchez, Charles, Daniel Liszt, Paris, Mercure de France, 2025. Fay, Amy, Lettres intimes d’une musicienne américaine, préface de Vincent d’Indy, Paris, Dujarric, 1907. Également disponible dans les collections numérisées de la BnF/Gallica. Galliari, Alain, Franz Liszt et l’espérance du Bon Larron , Paris, Fayard, 2011. Haraszti, Émile, Franz Liszt, Paris, Picard, 1967. Herwegh, Marcel, Au banquet des Dieux. Franz Liszt, Richard Wagner et leurs amis, Editions Peyronnet, Paris, 1931. Jankélévitch, Vladimir, Liszt et la rhapsodie. Essai sur la virtuosité, Paris, Plon, 2019. Lachmund, Carl, Living with Liszt , Pendragon Press, 1995. La Mara [Ida Maria Lipsius], Liszt und die Frauen , réédition, Dearbooks, 2015. László, Zsigmond, Franz Liszt par l’image, Budapest, Éditions Corvina, 1978. Le Diagon-Jacquin, Laurence , La musique de Liszt et les arts visuels , Paris, Hermann, 2009. Le Diagon-Jacquin, Laurence, Liszt en Bourgogne, Dijon, Éditions universitaires de Dijon, 2011. Le Diagon-Jacquin, Laurence (dir.) , De Franz Liszt à la musique contemporaine , Dijon, Éditions universitaires de Dijon, coll. « Musiques », 2023. Le Diagon-Jacquin, Laurence et Georges Zaragoza (dir.), Franz Liszt. Lectures et écritures, Paris, Hermann, 2012. Marix-Spire Thérèse, Les Romantiques et la Musique , le Cas George Sand, Nouvelles 2ditions Latines, Paris 1954 Moysan, Bruno, Liszt, virtuose subversif , Lyon, Symétrie, coll. « Perpetuum mobile ». Newman, Ernest, The Man Liszt, New York, Taplinger Publishing Company, 1970. Ollivier, Daniel, Mémoires de la comtesse d’Agoult, Paris, Calmann-Lévy, 1927. Ollivier, Émile et Carolyne de Sayn-Wittgenstein, Correspondance, éd. Anne Troisier de Diaz, Paris, Presses universitaires de France, 1984. Raabe, Peter, Liszt. Leben und Schaffen, Tutzing, Hans Schneider, 1968. Ramann, Lina, Franz Liszt als Künstler und Mensch, Leipzig, Breitkopf & Härtel, 1894. Reynaud, Cécile, Liszt et le virtuose romantique, Paris, Honoré Champion, 2006. Robert, Franz, Souvenirs d’une cosaque , Paris, Lacroix, 1874. Schorn, Adelheid von, Franz Liszt et la princesse de Sayn-Wittgenstein. Souvenirs intimes et correspondance, Paris, Dujarric, 1904. Siloti, Alexandre, My Memories of Liszt, publié par Methven Simpson, Edimbourg, Royaume-Uni, 1919 Stern, Daniel [Marie d’Agoult], Nélida, Paris, Calmann-Lévy, 1987. Vier, Jacques , Franz Liszt. L’artiste, le clerc, documents inédits, Paris, Le Cèdre, 1950. Vier, Jacques, La Comtesse d’Agoult et son temps, Paris, Armand Colin, 1955. Wagner, Cosima, Journal, 4 vol., Paris, Gallimard, 1979. Walker, Alan, La Mort de Franz Liszt, d’après le journal inédit de son élève Lina Schmalhausen, Paris, Buchet-Chastel. Wohl, Janka, François Liszt. Souvenirs d’une compatriote, rééd. Forgotten Books, 2018 ; éd. originale, Paris, Paul Ollendorff. Actes, études collectives et témoignages Actes du colloque international Franz Liszt, La Revue musicale, Paris, Éditions Richard-Masse, 1987. Franz Liszt, Lectures et écritures sous la direction de Florence Fix, Laurence Le Diagon-Jacquin et Georges Zaragoza, Edition Hermann Paris 2012 Les grands Topoï du XIXe siècle et le musique de Franz Liszt sous la direction de Grabócz, Márta, Editions Hermann 2018 De Franz Liszt à la musique contemporaine - Musicologie et significations - Hommage à Grabócz, Márta, sous la direction de Laurence Le Diagon-Jacquin et Geneviève Mathon, Editions universitaires de Dijon 2023 Pour approfondir : éditions anciennes et sources documentaires Certaines éditions anciennes demeurent précieuses pour la recherche, même lorsqu’elles sont aujourd’hui plus difficiles à trouver. C’est notamment le cas des travaux de La Mara (Ida Maria Lipsius), qui a joué un rôle majeur dans la publication des lettres et documents relatifs à Liszt à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Parmi ces publications figurent notamment les huit volumes de Franz Liszts Briefe, publiés à Leipzig chez Breitkopf & Härtel entre 1893 et 1905, ainsi que la correspondance entre Franz Liszt et Charles-Alexandre, grand-duc de Saxe-Weimar-Eisenach, publiée à Leipzig en 1909. Ces éditions anciennes doivent naturellement être utilisées avec le recul critique qu’imposent les méthodes éditoriales de leur époque, mais elles restent des sources importantes pour l’histoire de la réception et de la documentation lisztiennes. Retour à Connaître Liszt Cliquez ici
- Copie de Copie de Philippe André | Lola
Philippe André Philippe André psychiatre, psychanalyste, écrivain, musicien passionné d'art et de poésie connu et apprécié de beaucoup d’entre nous pour ses publications et conférences. Voir sa contribution dans la rubrique "aimez-vous Liszt" Cliquez ici A travers son érudition musicale, littéraire et picturale, il nous montre un Liszt qui toute sa vie n’a cessé d’être un visionnaire dans ses compositions, enrichissant par là-même notre propre vision de ses œuvres. "Liszt visionnaire, du berceau jusqu'à la tombe", par Philippe André - Extrait d'une conférence donnée à l'occasion des Lisztomanias de Châteauroux en octobre 2016 Madame Auguste Boissier , à propos de Liszt et de son jeu, écrit ceci en 1832 (Liszt n’a alors que 21 ans) : " Pour peindre ainsi, il faut avoir beaucoup vu et beaucoup senti, aussi Liszt recherche-t-il avidement toutes les émotions. Il se collette pour ainsi dire, avec la nature souffrante, il épie le langage de toutes les douleurs. Il visite les hôpitaux, les maisons de jeux, les établissements de fous. – Il descend dans les cachots, il a vu même des condamnés à mort ! Peindre, voir, visiter, épier... Ces mots pointent toute l’importance de la vision, au sens physiologique du terme, dans le mode d’être du jeune Liszt mais aussi – comment notre psyché pourrait-elle séparer existence et musique ? - dans son jeu de pianiste. Et il ne pourra en être autrement quant à sa façon de composer …" Pour lire la suite de l'article Cliquez ici
- contributeurs | Lola
Nos contributeurs rédacteurs Paul-Hubert des Mesnards Alain Bernon Philippe André Stany Khol et tous les artistes qui ont apporté leur témoignage dans la partie "aimez-vous Liszt " ? Suite à nos sollicitations diverses des personnalités passionnées de Liszt ont apporté leur contribution en réalisant des articles que nous avons publiés et qui ont engendrés des réactions de nos internautes. Comme indiqué ci-dessus, nous souhaitons vivement développer ces types d'échanges pouvant être intégrés dans une rubrique ouverte à tous. Nous remercions, entre autres, Philippe André psychiatre, psychanalyste, écrivain, Alain Bernon, Diane Colin , chercheuse à l'Université de Toronto, et particulièrement Paul-Hubert des Mesnards, écrivain, pianiste, créateur de festivals, éditeur qui a activement contribué à l'élaboration de notre rubrique sur la biographie de Franz Liszt.
- La femme dans l'oeuvre de Liszt | Lola
La femme dans l’œuvre religieuse et profane de Liszt La place accordée à la femme dans l’œuvre de Liszt reflète avec une remarquable cohérence les tensions qui traversent sa vie intérieure. Qu’elle soit figure sacrée ou héroïne profane, la femme apparaît presque toujours investie d’une fonction symbolique majeure : médiatrice entre l’homme et le salut, entre la chute et la rédemption, entre la tentation et l’élévation spirituelle. La femme sanctifiée : intercession et pureté Dans l’œuvre religieuse de Liszt, la femme occupe une place d’honneur sous les traits de figures saintes et mariales. Sainte Élisabeth, sainte Dorothée, sainte Cécile, sainte Jeanne d’Arc, sainte Véronique jalonnent son univers sacré. Mais c’est surtout la Vierge Marie qui domine, à travers plusieurs Ave Maria et des Stabat Mater dans d’ autres œuvres religieuses comme le Christus ou le Via Crucis. La femme y est avant tout intercession, pureté, compassion. Elle ne tente pas, elle élève. Elle accompagne la souffrance du Christ, partage la douleur humaine et ouvre la voie du pardon. Cette féminité sacrée, idéalisée, renvoie à un besoin profondément lisztien : celui d’une figure consolatrice, à la fois maternelle et spirituelle, capable de réconcilier l’homme avec Dieu. La femme profane : miroir des conflits intérieurs À l’inverse, l’œuvre profane de Liszt met souvent en scène ses propres conflits existentiels. Elle est traversée par une interrogation lancinante : comment concilier foi, art et amour ? Les personnages féminins qu’il choisit ou qu’il façonne semblent répondre à cette question, comme si Liszt cherchait à exorciser sa propre vie à travers son œuvre. La femme y est le plus souvent bienveillante, salvatrice, rédemptrice — même lorsqu’elle est pécheresse. Marguerite, dans Faust , en est l’exemple le plus emblématique. Séduite, abandonnée, criminelle malgré elle, elle conserve une innocence fondamentale et une foi qui font d’elle la rédemptrice de Faust lui-même. Liszt conclut son œuvre en reprenant le vers célèbre de Goethe : « L’éternel féminin nous attire vers le haut. » La femme, même déchue, devient alors l’instrument du salut. La femme fatale : tentation et chute Mais Liszt n’ignore pas l’autre versant du féminin : la tentation, la fascination destructrice. Dans le lied La Lorelei, la femme est sirène, incarnation du désir fatal. Par son chant et sa beauté, elle attire les bateliers vers les écueils du Rhin et les conduit à leur perte. Cette figure n’est pas abstraite. Elle constitue une métaphore transparente de son histoire d’amour avec Marie d’Agoult, à laquelle l’œuvre est dédiée. La femme aimée est à la fois inspiration et cause de la chute, beauté irrésistible et danger mortel. La musique devient ici confession déguisée. Béatrice et Francesca : savoir, amour et damnation La Dante Symphonie, inspirée de La Divine Comédie de Dante Alighieri, offre une synthèse saisissante de ces tensions. Deux figures féminines s’y répondent : Béatrice et Francesca da Rimini. Béatrice, la docte muse, incarne l’élévation par le savoir et la foi. Elle guide Dante vers le paradis, non par l’amour charnel, mais par la science théologique et la pureté morale. À l’opposé, Francesca da Rimini incarne l’amour adultère et la passion coupable. Mariée à un homme brutal, elle s’éprend de son beau-frère Paolo Malatesta, homme cultivé et raffiné, lors de la lecture de Lancelot . Ils sont découverts au premier baiser par le mari jaloux qui tue ce couple illégitime et les voilà tous les trois précipités en enfer. Liszt se reconnaît profondément dans cette histoire. Il y voit l’attraction fatale de la culture, de l’art et de la musique, qui mène au péché, à l’ amour adultère, à la damnation. Il écrit avec une lucidité douloureuse : « Ma vie n’a été qu’un long égarement du sentiment de l’amour, singulièrement mené par la musique — l’art divin et satanique à la fois — ; plus que tous les autres, il nous induit en tentation. » L’art est ici à la fois chemin de salut et cause de damnation. Mazeppa : la femme salvatrice ? Cette dialectique atteint son paroxysme dans Mazeppa , quatrième Étude d’exécution transcendante, inspirée des poèmes de Victor Hugo et de Byron. Mazeppa, simple page du roi de Pologne, aime la femme d’un noble. Pris en flagrant délit d’adultère, il est attaché nu sur un cheval sauvage, condamné à une course effrénée à travers les steppes jusqu’à parvenir en Ukraine ou quasi mort, il sera sauvé par une femme dans la version byronienne et se relèvera hetman , c’ est à dire un chef, roi des Cosaques. Dieu a pardonné, Liszt cite Victor Hugo: « Il tombe enfin et se relève roi » . Liszt fait de Mazeppa une allégorie de la souffrance de l’artiste. Le parallèle avec sa propre vie est saisissant. Après son adultère avec Marie d’Agoult, il se lance dans la chevauchée vertigineuse de la virtuosité et de la gloire — la Glanzperiode . Avec sa relation avec Carolyne, il enfourche son « cheval piano » cette fois vers les sommets de la composition. Deux parcours de souffrance dont il ne se relèvera pas hetman , compositeur roi reconnu de tous. Dieu n’ a pas pardonné et contrairement au poème de Byron, la femme et n’ a pas été salvatrice. Son identification au personnage est explicite. Il écrit : « Away, away, comme Mazeppa, il me faut courir, étalé sur mon malheureux piano, noué et rivé à lui, sans avoir même la pelisse du Hetman en expectative… » Dans la version symphonique de Mazeppa , devenu le sixième poème symphonique, cette dimension héroïque et tragique est portée à son comble. Wagner lui-même écrira : « Mazeppa est admirablement beau ; rien qu’à le parcourir pour la première fois, je haletais. » Dans l’œuvre de Liszt, la femme n’est donc jamais un simple personnage. Elle est symbole, médiatrice, tentatrice, rédemptrice. Qu’elle soit sainte, muse, amante ou sirène, elle incarne toujours un passage : de la faute au pardon, de la chute à l’élévation ou de l’ élévation à la chute. À travers elle, Liszt met en musique son propre combat intérieur — celui d’un homme cherchant désespérément à réconcilier l’amour humain, l’art et Dieu. Copyright FQM Sources, voir menu C onnaître Franz Liszt/bibliographie Et plus particulièrement : Huré, Pierre-Antoine et Claude Knepper , Liszt en son temps, Paris, Hachette Littératures, 1987. Voir notamment l'introduction de l'ouvrage. Grabócz, Márta (dir.) , Les grands topoï du XIXe siècle et la musique de Franz Liszt , Paris, Hermann, 2018.- Chapitre XIII Les modes de présence de la figure féminine chez Franz Liszt par Grégoire Caux Francesca da Remini et Paolo Malatesta par Anselm Feuerbach Faust et Marguerite, Dans le Jardin par Harry Scheffer 1846 Mazeppa par Horace Vernet 1826 La Lorelei par Heinrich Pröhle, 1886 Revenir à Liszt et les femmes Cliquez ici
- Liszt, passion lisztiens
Décourir Liszt, ses oeuvres sa vie, ses amis ses amours ... Site en cours de développement Pourquoi un site sur Franz Liszt ? Franz Liszt (1811 - 1886) a eu la chance de parcourir les trois-quarts du XIXème siècle et de constituer, en raison de son extraordinaire et unique personnalité, un fil conducteur qui permet d’appréhender l’ensemble de son siècle sous toutes ses facettes, artistiques, intellectuelles, humanitaires et politiques. Surdoué, érudit, boulimique de savoir, il eut des relations avec toute l’intelligentsia de son époque, les plus grands artistes, les plus grands penseurs. Éclectique, novateur, il nous emmène dans les siècles passés et dans ceux de l’avenir inspirant plusieurs courants majeurs de la musique moderne. Pianiste, compositeur, chef d’orchestre, professeur, on a tendance à oublier qu’il fut aussi un écrivain prolifique pour des œuvres de qualité. Enfin, européen et grand voyageur il s’imprégna de multiples cultures qu’il transcrivit dans sa musique. liszt-franz.com est un site sans prétention, une goutte d’eau dans l’océan des recherches et des publications qui lui ont été consacrées partout dans le monde, a été créé pour partager nos coups de cœur ou nos coups de griffe en évoquant la richesse de l’œuvre et de la vie de Franz Liszt. Françoise Quédeville Marmey Pour les passionnés : la Sonate en si revisitée par Benjamin Grosvenor "Je n’ai jamais cessé d’être fasciné par la musique de Liszt" "La Sonate en si mineur S178 est un cheminement intérieur qui crépite en ses écarts contrastés et vertigineux, du doute au don, de la question de Dieu à la foi qui se fait révélation et plénitude intime, après bien des péripéties déchirées, des interrogations intimes, sidérantes. L’éloquence et la clarté, le jeu au toucher caressant et toujours extrêmement détaché, articulé sans artifices distinguent nettement Benjamin Grosvenor des autres compétiteurs. Après la Sonate en si mineur, l’intériorité mesurée, retenue de la berceuse pourtant très inquiète voire agitée, exprime cette compréhension profonde et urgente d’un Liszt qui doute toujours et croit toujours. Aucun doute ce disque est celui de la pleine maturité : celui d’un interprète qui allie discours, intention et suprême musicalité . La forme et le fond étant fusionnés avec une élégance so british continue réalise ici un sans-faute, qui touche par son éloquence. Le mot est essentiel chez Grosvenor: éloquence ." (source DECCA) Lauréat du concours de la BBC pour les jeunes musiciens, Diapason d'or jeunes talents, il a été à l'affiche des Lisztomanias de Châteauroux à l'occasion de sa vingtième édition. Tout savoir sur Benjamin Grosvenor (source France Musique) Cliquez ici La Sonate en Si mineur pour écouter Cliquez ici Carl Czerny "fils de Beethoven , père de Liszt" Qui est l’auteur premier de cette formule souvent utilisée ? En tout cas, elle convient tout à fait à ceux qui connaissent ces trois hommes de génie. Czerny, pianiste, pédagogue, compositeur est né à Vienne en 1791 et mort dans cette même ville en 1857. Pour rappel : Beethoven 1770-1827, Liszt 1811- 1886 Enfant prodige, il fut l’élève d’Hummel, Salieri et de Beethoven qui lui donna des cours deux fois par semaine de 1801 à 1803. Il eut à sa charge ses parents qu’il a dû soutenir pécuniairement par ses activités de pédagogue ce qui entrava comme il l’écrivit à Beethoven, sa carrière. Czerny était un grand admirateur de Beethoven dont il était capable de jouer toutes les sonates sans partition. Il a écrit beaucoup de recueils pédagogiques que connaissent tous les apprentis pianistes mais on oublie, comme nous le rappelle Alain Bernon , psychiatre, musicologue, improvisateur, au travers d' un article remarquablement bien documenté, qu’il fut aussi un compositeur prolifique avec près d’un millier d’œuvres dans tous les registres : "Czerny, un extraordinaire et prolifique compositeur trop peu joué", par Alain Bernon Czerny est généralement présenté comme l’élève de Beethoven (et de Clémenti) et le maître de Liszt, le plus célèbre de la riche descendance de pianistes et compositeurs célèbres à mettre à son actif au point de l’avoir fait être désigné comme “le professeur de piano de l’Europe”. Toutefois, peu d’hommes aussi connus sont à ce point méconnus à deux titres: Au titre de pédagogue, cet enfant prodige a dû déployer une riche carrière d’enseignement jusqu’à l’âge de 45 ans, afin d’entretenir ses parents et de les tenir éloignés de la pauvreté, s’imposant alors de renoncer à l’activité de concertiste et poursuivant en pointillés, la nuit souvent, son activité de composition. Mais son projet pédagogique demeure à ce jour encore mal connu et compris dans toute son ampleur, au-delà des recueils d’exercices élémentaires qui ont été diffusés dans les conservatoires en France. Aussi nombre d’apprentis pianistes ont été les victimes des nombreux contresens de professeurs restés dans l’ignorance de son projet. Au titre de compositeur, Czerny a élaboré dès ses sept ans une activité de composition dépassant les 800 opus sans parler d’une œuvre non recensée, soit une œuvre plus abondante en termes d’opus que celle des 700 opus de Liszt ! Celle-ci aborde tous les genres, à l’exception de l’opéra, en parallèle à un traité de composition. Une œuvre d’une telle ampleur ne saurait avoir toute la médiocrité dont de nombreux préjugés encore en cours l’accablent. Une lente découverte devient possible grâce à une discographie en voie de constitution lui donnant une place pour certains à côté de compositeurs comme Schubert et Mendelsohn. L’article d’Alain Bernon se veut simple esquisse et survol devant l’ampleur de la tâche afin d’approfondir votre connaissance de Czerny dans la double approche du pédagogue et du compositeur. Pour lire la suite Cliquez ici voir aussi Czerny Liszt et Beethoven dans la rubrique "autour de Liszt" Cliquez ici Carl Czerny 1791/1857 Francesco Libetta Carl Czerny op.740 Cliquez ici Alain Bernon Liszt visionnaire, du berceau jusqu'à la tombe, par Philippe André Philippe André psychiatre, psychanalyste, écrivain, musicien passionné d'art et de poésie connu et apprécié de beaucoup d’entre nous pour ses publications et conférences. Voir sa contribution dans la rubrique "aimez-vous Liszt" Cliquez ici A travers son érudition musicale, littéraire et picturale, il nous montre un Liszt qui toute sa vie n’a cessé d’être un visionnaire dans ses compositions, enrichissant par là-même notre propre vision de ses œuvres. Liszt visionnaire, du berceau jusqu'à la tombe, par Philippe André "Madame Auguste Boissier, à propos de Liszt et de son jeu, écrit ceci en 1832 (Liszt n’a alors que 21 ans) : Pour peindre ainsi, il faut avoir beaucoup vu et beaucoup senti, aussi Liszt recherche-t-il avidement toutes les émotions. Il se collette pour ainsi dire, avec la nature souffrante, il épie le langage de toutes les douleurs. Il visite les hôpitaux, les maisons de jeux, les établissements de fous. – Il descend dans les cachots, il a vu même des condamnés à mort ! Peindre, voir, visiter, épier... Ces mots pointent toute l’importance de la vision, au sens physiologique du terme, dans le mode d’être du jeune Liszt mais aussi – comment notre psyché pourrait-elle séparer existence et musique ? - dans son jeu de pianiste. Et il ne pourra en être autrement quant à sa façon de composer …" Pour lire la suite de l'article Cliquez ici Des liens transmis par nos internautes pour agrémenter vos journées On peut consacrer beaucoup de temps à mieux connaître certains aspects de la vie de Franz Liszt et le contexte de création de ses œuvres. Dans le présent site, divers articles sont proposés et une multitude de liens avec d'autres sites et tribunes qui peuvent compléter l'information. De plus voici quelques sites adressés par les internautes. Voir commentaires xxxxxx (test) Ad nos, ad salutarem undam de Liszt "... L' œuvre la plus puissante que j'e n'ai jamais entendue à l'orgue ... " Le Ad Nos de Franz Liszt comme porte d’entrée vers la découverte d’une pratique d’interprétation cachée du XIXème siècle. Traduction du titre (voir photo ci-contre) du dernier ouvrage, en allemand, de Bernhard Ruchti, pianiste, organiste, musicologue d'origine américaine résident en Suisse . Il dissèque avec finesse et toute sa compétence de musicien organiste, l’œuvre de Liszt, Ad nos, salutarem undam composé en 1850 à Weimar, que tous les organistes mélomanes connaissent, apprécient et qu’ ils vont pouvoir redécouvrir au travers de ce livre. Dans une interview sur YouTube, Bernhard Ruchti salue la contribution de Diane Kolin à cet ouvrage. Cliquez ici Diane Kolin, résidente au Canada est, entre autres, une musicologue mélomane éclectique passionnée notamment par Beethoven et Liszt. Elle a bien voulu nous en faire une présentation et nous donne l’envie de découvrir ce livre. Malheureusement, seuls les germanophones pourront l’apprécier, pour les autres, une traduction en anglais serait vraiment la bienvenue. Article sur le livre de de Bernhard Ruchti sur Ad nos, ad salutarem undam par Diane Kolin Cliquez ici Morphing et algorithmes pour faire revivre Franz Liszt, saisissant ! Toujours Diane Kolin , avec qui nous échangeons régulièrement a réalisé à l'attention des lisztiens plusieurs vidéos qui circulent à présent sur les réseaux sociaux et qui font appel aux technologies du morphing. Diane Kolin a aussi réalisé une vidéo similaire sur Beethoven. Regardez en cliquant ci-contre, vous vous retrouverez face à Franz Liszt sur la période qui court de 1858 à 1866 avec des regards et des sourires rien que pour vous . Cliquez ici Commentaires sur une photographie peu connue de Franz Liszt réalisée en mai 1861 Enfin, Diane Kolin nous apporte un complément historique sur cette photographie, voir ci-contre, réalisée en mai 1861: "Celle-ci a été prise à Paris en mai 1861 par le sculpteur et photographe Salomon (Antoine Samuel Adam-Salomon ), qui avait son studio rue de La Rochefoucauld à Paris. La photo a probablement été prise dans ce studio. Quelques années plus tard, en 1865, Salomon a ouvert un second studio rue de la Faisanderie. La particularité de ce cliché : Salomon demandait à ses modèles de poser en drapé de velours, ce qui est bien le cas ici pour Liszt. Pour moi il y en a une autre : il n’existe pas (du moins je n’en ai pas trouvé) d’autres clichés pris par Salomon de Liszt, ce qui donne à cette photo un caractère unique". La tribune des critiques de disques sur France Musique le dimanche 15 novembre 2020: quelle est la meilleure interprétation des "Harmonies poétiques et religieuses " de Franz Liszt ? A utour de Jérémie Rousseau ; Alain Lompech, journaliste et critique musical, Elsa Fottorino, journaliste, écrivaine et Jean-Yves Clément , écrivain, éditeur et directeur artistique des Festivals des Lisztomanias à Châteauroux et Chopin à Nohant. Pour en savoir plus Cliquez ici La Sonate en si mineur de Franz Liszt expliquée par Leslie Howard La sonate en si mineur est la seule sonate que Liszt composa mais elle est considérée par beaucoup de pianistes comme une œuvre majeure, celle qu’ il faut retenir pour illustrer le 19ième siècle. Elle fut diversement appréciée, comme d’ habitude en ce qui concernait les œuvres de Liszt. D’ une grande complexité, en rupture avec les canons de l’ époque elle fut traitée d’ œuvre de fou . Liszt la composa à Weimar entre 1852 et 1853 alors qu'il habitait à l’ Altenberg avec la princesse Carolyne Sayn-Wittgenstein . Hans von Bülow, grand pianiste et chef d'orchestre qui allait devenir le gendre de Liszt en épousant Cosima , fut le premier à l’ interpréter publiquement. Depuis lors tous les grands pianistes n’ ont pas manqué de l’ enregistrer. Elle est devenue une pièce incontournable, sorte d’ adoubement de tout bon exécutant. Citons Richard Strauss , grand admirateur de cette sonate « Si Liszt n’ avait écrit que cette sonate en si mineur, œuvre gigantesque issue d’ une seule cellule, cela aurait suffit à démontrer la force de son talent. » Pour ce qui est de l'œuvre elle-même, expliquée par Leslie Howard Cliquez ici En prime et pour le plaisir, réécoutez La Tribune des critiques de disques de Jérémie Rousseau du 3 septembre 2017 Cliquez ici Sainte Cécile, patronne des musiciens Ste Cécile qui vécut à Rome avait réussi à préserver sa virginité bien que mariée et à convertir son mari et d´autres au christianisme ce qui lui valut d'être condamnée à mort. La légende raconte qu’ allant au martyre elle entendit une musique céleste. Cette anecdote en fera la patronne des musiciens … Liszt écrivain et la Sainte Cécile de Raphaël Lettres d'un Bachelier ès musique, 11ieme lettre, la Sainte Cécile de Raphaël Liszt compositeur inspiré par Sainte Cécile : une transcription pour piano librement inspirée de la Messe de Sainte Cécile de Gounod , et La légende de Sainte Cécile Pour en savoir plus Cliquez ici De l'interprétation des œuvres Une internaute qui a participé au festival des Lisztomanias à Châteauroux, s'est exprimée sur la trop grande rapidité d'exécution des concertistes pensant réaliser une prouesse technique utile à leur image. " Il y a une grande mode aujourd'hui chez les jeunes interprètes, c'est de jouer le plus vite possible, et de faire le plus de mouvements possibles avec le corps, le visage, et les yeux en tournant la tête vers le public afin d'être vu…" Pour accéder à son post avec la réponse de liszt-franz.com Cliquez ici L es femmes de Liszt, thème du festival des Lisztomanias de Châteauroux octobre 2023 Après une grande édition 2022 consacrée aux relations entre Liszt et Brahms, l'édition 2023 a été consacrée aux femmes de Liszt. compositrices et souvent élèves. C'était l'occasion de mettre en valeur les artistes femmes interprètes de grand talent comme Anne Quéffelec, Mariam Batsashvili, Saskia Giorgini, Etsuko Hirose, Béatrice Berrut ... Le reportage de Marie Hutin pour tout savoir Cliquez ici 2021 année György Cziffra, c'est le centième anniversaire de sa naissance Stany Kol, mélomane et musicien, qui est un grand admirateur de György Cziffra, a publié dans Le Courrier de l'Unesco , un article élogieux mais objectif auquel on ne peut que souscrire : " György Cziffra a quitté en 1956 la Hongrie pour la France, son pays d'adoption. Aussitôt, ce fabuleux pianiste conquiert une notoriété exceptionnelle. Virtuosité hallucinante, sonorités chatoyantes, communion jubilatoire avec la musique, voilà que le monde découvrait un magicien inouï…" Pour lire la suite Cliquez ici Philippe Cassard, Liszt joué par Cziffra Philippe Cassard, pianiste, musicologue, est un homme intelligent, cultivé, éclectique et passionnant. Vous ne serez pas surpris qu’avec de telles qualités il fasse partie des admirateurs de Franz Liszt dont il rétablit auprès de quelques rares détracteurs l’image du compositeur, aujourd’hui encensé et réhabilité par la majorité des grands musiciens. Même démarche concernant György Cziffra . En 2019 Philippe Cassard a consacré une émission passionnante à Liszt jouée par Cziffra, truffée d'inédits... Pour lire la suite Cliquez ici Merci aux internautes qui nous ont transmis ces divers liens. Adressez-nous, vous aussi, vos liens préférés et vos commentaires dans la rubrique "Message/commentez" Cliquez ici nous prendrons contact aussitôt avec vous. Liszt animé Copiright Diane Kolin Cliquez ici La tribune des critiques de disques Harmonies Poétiques et religieuses pour écouter Cliquez ici Leslie Howard Sainte Cécile Par Raphaël Pour agrandir l'image Cliquez ici www. liszt-franz.com Contact : reminiscences.liszt@gmail.com - Mob: +33 6 51 24 50 77 Mentions légales
- Oeuvres pour piano seul | Lola
Les oeuvres originales pour piano seul Le piano accompagne Liszt pendant toute sa vie. Entre les œuvres éblouissantes du virtuose des années 1830-1840 et les pièces dépouillées et parfois énigmatiques des dernières années, son écriture se transforme profondément. ★ Sonate en si mineur Sonate h-Moll — 1852-1853 — S.178 L'un des monuments de la littérature pour piano du XIXe siècle. Construite en un vaste mouvement continu, elle repose sur quelques motifs constamment transformés et réalise une synthèse extraordinaire entre sonate traditionnelle, fantaisie et principe cyclique. C’ est la seule sonate de Liszt qui a bouleversé toutes les règles de la forme sonate. Richard Strauss écrit "Si Liszt n’ avait écrit que cette sonate en si mineur, œuvre gigantesque issue d’ une seule cellule, cela aurait suffi à démontrer la force de son esprit" . Robert Schumann en est le dédicataire, en retour à la Fantaisie 17 que ce dernier avait dédiée à Liszt. Mais il ne l'a jamais su, interné à l'époque, Clara Schumann n'a jamais voulu la lui transmettre. La sonate en si mineur est la seule sonate que Liszt composa mais elle est considérée par beaucoup de pianistes comme une œuvre majeure, celle qu’ il faut retenir pour illustrer le 19ième siècle. Diversement appréciée, comme d’ habitude en ce qui concernait les œuvres de Liszt, d’ une grande complexité, en rupture avec les canons de l’ époque, elle fut traitée d’ œuvre de fou . Liszt la composa à Weimar entre 1852 et 1853 alors qu'il habitait à l’ Altenburg avec la princesse Carolyne Sayn-Wittgenstein . Hans von Bülow, grand pianiste et chef d'orchestre qui allait devenir le gendre de Liszt en épousant Cosima, fut le premier à l’ interpréter publiquement. Depuis lors tous les grands pianistes n’ ont pas manqué de l’ enregistrer. Elle est devenue une pièce incontournable, sorte d’ adoubement de tout bon exécutant. Pour en savoir plus -Une discographie de la Sonate en si mineur Portraits de famille de Philippe Cassard, France -Musique 30 septembre 2023 Cliquez ici -La Sonate en si mineur de Franz Liszt expliquée par Leslie Howard Cliquez ici -La Tribune des critiques de disques de Jérémie Rousseau du 3 septembre 201 7 Cliquez ici ★ Années de pèlerinage Années de pèlerinage — env. 1835-1877 — S.160, S.161, S.162, S.163 Le grand journal poétique de Liszt. La Suisse, l'Italie, la littérature, la peinture, la nature et la spiritualité nourrissent un ensemble composé et remanié pendant plusieurs décennies. Liszt à propos des Années de pèlerinage dit s’ être adressé « à quelques uns plutôt qu’ à la foule, ambitionnant non le succès mais le suffrage du petit nombre de ceux qui conçoivent pour l’ art une destination autre que celle d’ amuser les heures vaines, et lui demandent autre chose que la futile distraction d’ un amusement passager » La Première année : Suisse contient notamment La Vallée d'Obermann Les Cloches de Genève, Au Lac Wallenstadt. La Deuxième année : Italie contient Sposalizio, les Trois Sonnets de Pétrarque, Philippe Cassard, Note du traducteur France Musique Cliquer ici et Après une lecture de Dante, Alexandre Kantorov, France Musique Cliquer ici . Venezia e Napoli constitue un supplément. Pour la Troisième année, il faut retenir Les Jeux d'eau à la Villa d'Este, aux Cyprès de la Villa d'Este, Marche funèbre et Sursum Corda Après une lecture de Dante, Texte de Yves Oualet, Université du Havre Cliquez ici Pour en savoir plus "Les années de pèlerinage ... quarante années d'errance" par Bernadette Beyne, dossier (5) de Crescendo Magazine du 7 mai 2020 Cliquez ici André, Philippe, Années de pèlerinage de Franz Liszt : I. La Suisse ; II. L’Italie ; III., Aléas, 2008. ★ Études d'exécution transcendante Études d'exécution transcendante — version définitive 1851 — S.139 Douze études qui dépassent largement la démonstration technique. Mazeppa, Feux follets, Vision, Wilde Jagd, Ricordanza, Harmonies du soir ou Chasse-neige sont de véritables poèmes pour piano. Pour en savoir plus, la Tribune des critiques de disques, Radio France, 12 études d'exécution transcendante Cliquer ici ★ Six Grandes Études de Paganini Grandes Études de Paganini — version définitive 1851 — S.141 Liszt transpose au piano l'univers virtuose de Paganini. La troisième étude, La Campanella , inspirée du Deuxième Concerto pour violon de Paganini, est devenue l'une de ses pièces les plus célèbres. Autre pièce qui requiert une excellente agilité des doigts, l'Etude n°5 La Chasse ★ Harmonies poétiques et religieuses Harmonies poétiques et religieuses — 1845-1852 — S.173 Cycle de dix pièces dont plusieurs titres proviennent de Lamartine. Bénédiction de Dieu dans la solitude et Funérailles en constituent deux sommets, entre contemplation religieuse, méditation et puissance dramatique. Pour en savoir plus sur France Musique, Philippe Cassard et le pianiste François Frédérique Guy Cliquez ICI La Tribune des critiques de disques de Radio France Cliquer ici ★ Rhapsodies Magyar rapszódiák / Ungarische Rhapsodien — principalement 1846-1853, puis œuvres tardives — S.244 Dix-neuf Rhapsodies hongroises dans lesquelles Liszt recrée au piano un imaginaire musical hongrois profondément marqué par les ensembles roms qu'il avait entendus. Les plus célèbres étant la 5ème, la 6ème, la 9ème, la 15ème dite Marche de Rakoczy et surtout la 2ème que l'on retrouve dans le populaire Tom et Jerry, le Concert du chat que Liszt ne supportait plus d'entendre. La Rhapsodie espagnole 185_ S.254 ● Trois Études de concert Trois Études de concert — 1848-1849 — S.144 Il lamento , La Leggierezza et Un Sospiro Pour en savoir plus Cliquez ICI Trois conceptions très différentes de l'étude de concert, depuis le chant élégiaque jusqu'à une écriture pianistique d'une extraordinaire fluidité. ● Deux Études de concert Waldesrauschen et Gnomenreigen — 1862-1863 — S.145 Murmures de la forêt et Ronde des lutins ● Deux Légendes Deux Légendes — 1862-1863 — S.175 Saint François d'Assise : La prédication aux oiseaux et Saint François de Paule marchant sur les flots. Pour en savoir plus Cliquez ICI Deux récits spirituels dans lesquels le piano devient successivement chant des oiseaux, eau, tempête et vision mystique. ● Consolations Consolations, Six Pensées poétiques — 1849-1850 — S.172 Six pièces intimes et méditatives. La célèbre troisième Consolation montre combien Liszt peut obtenir d'intensité expressive sans recourir à la virtuosité spectaculaire. ● Ballade nº 2 Ballade nº 2 en si mineur — 1853 — S.171 Grande narration dramatique, mystérieuse et passionnée. Sa construction par transformation des thèmes la rapproche du monde de la Sonate en si mineur. ● Weihnachtsbaum — L'Arbre de Noël Weihnachtsbaum don Carillon — 1873-1876 — S.186 Douze pièces composées pour sa petite-fille Daniela von Bülow. Elles révèlent un Liszt familial, tendre et parfois étonnamment dépouillé. Pour en savoir plus, la musique minimaliste de Philip Glass et Liszt Cliquez ICI ● Nuages gris Nuages gris — 1881 — S.199 Quelques pages seulement, mais une œuvre capitale du dernier Liszt. Les harmonies deviennent ambiguës, le mouvement presque immobile : le langage romantique semble se dissoudre. ● La lugubre gondole La lugubre gondola — 1882-1885 — S.200 Composée autour du dernier séjour de Liszt auprès de Wagner à Venise. Il en existe plusieurs états. La musique, sombre et suspendue, semble annoncer la mort prochaine de Wagner. ● Unstern! Sinistre, disastro Unstern! Sinistre, disastro — 1881 — S.208 L'une des œuvres les plus radicales de Liszt : intervalles agressifs, tonalité incertaine, longues plages méditatives. Le vieux compositeur s'éloigne presque entièrement du monde brillant de sa jeunesse. ● Bagatelle sans tonalité Bagatelle ohne Tonart — 1885 — S.216a Le titre est en lui-même saisissant en 1885. Cette courte pièce apparentée à l'univers de Méphistophélès pousse très loin l'affaiblissement de la tonalité traditionnelle. Pour aller plus loin ○ Album d'un voyageur — S.156 : laboratoire des futures Années de pèlerinage. ○ Apparitions — S.155 : trois pièces de jeunesse d'une remarquable liberté. ○ Les Glanes de Woronince ○ Mazeppa ○ Magyar Dalok et Magyar Rhapsodiák : premières étapes vers les Rhapsodies hongroises. ○ Historische ungarische Bildnisse — S.205 : portraits historiques hongrois du dernier Liszt. ○ Valses oubliées — S.215 : quatre valses tardives où le souvenir de la valse romantique devient parfois étrange et insaisissable. ○ Csárdás macabre — S.224 : danse grinçante et presque grotesque, très caractéristique du dernier Liszt. ○ Schlaflos! Frage und Antwort — S.203 : « Insomnie ! Question et réponse », miniature sombre et concentrée. ○ Am Grabe Richard Wagners — S.202 : méditation écrite après la mort de Wagner. Retour à l'oeuvre de Liszt Cliquer ici
- Liszt compositeur novateur | Lola
Liszt compositeur novateur qu'a « inventé » Liszt ? Liszt est souvent présenté surtout comme le virtuose romantique par excellence, mais il est aussi l’un des précurseurs les plus étonnants de la musique du XXᵉ siècle. Dans ses œuvres tardives, surtout à partir des années 1860–1880, il expérimente des procédés qui annoncent Debussy, Ravel, Scriabine, Bartók, Schoenberg et même certaines techniques sérielles. Il faut toutefois distinguer ce que Liszt invente réellement de ce qu’il anticipe. 1. La transformation thématique : son apport le plus décisif C'est probablement l'innovation lisztienne la plus importante sur le plan de la forme. Au lieu de construire une grande œuvre avec plusieurs thèmes indépendants, Liszt part souvent d'un petit nombre de cellules qu'il transforme continuellement. Un même thème peut changer de rythme, de tempo, de mode, d'harmonie, de registre et de caractère jusqu'à devenir presque méconnaissable. Un motif sombre peut ainsi devenir un thème lyrique, puis héroïque ou triomphal. C'est particulièrement évident dans la Sonate en si mineur , où les grandes sections de la sonate sont engendrées à partir d'un nombre très réduit de matériaux. Ce principe dépasse la simple « variation ». La variation traditionnelle dit en quelque sorte : voici le thème, puis ses variantes. Chez Liszt, la transformation sert à construire la dramaturgie et la forme elle-même. Cette conception aura une influence considérable, notamment sur Wagner et Richard Strauss, et plus largement sur la pensée cyclique de la fin du XIXᵉ siècle. 2. Une forme nouvelle : le poème symphonique Liszt joue également un rôle essentiel dans l'établissement du poème symphonique : une œuvre orchestrale généralement en un mouvement, liée à une idée poétique, littéraire, historique ou philosophique. Il ne s'agit donc plus nécessairement de respecter les quatre mouvements de la symphonie classique. La forme peut découler du programme et de la transformation des thèmes. Ses treize poèmes symphoniques , notamment Les Préludes , ont profondément contribué à établir ce genre, repris ensuite par Smetana, Saint-Saëns, Richard Strauss, Sibelius et d'autres. 3. Une harmonie qui commence à sortir de la tonalité C'est surtout le dernier Liszt qui paraît incroyablement moderne. Dans des pièces comme Nuages gris (Nuages gris, S.199), Unstern! Sinistre, disastro, Bagatelle sans tonalité ou les dernières pièces des Années de pèlerinage , l'harmonie cesse parfois de fonctionner selon le modèle classique tension → dominante → résolution. On rencontre notamment : des accords augmentés et diminués ambigus ; des mouvements chromatiques sans résolution traditionnelle ; des accords difficiles à rattacher à une seule tonalité ; des successions fondées davantage sur la couleur que sur la fonction harmonique ; des gammes par tons et des constructions symétriques ; des passages où le centre tonal devient extrêmement incertain. La Bagatelle sans tonalité de 1885 est particulièrement frappante, jusque dans son titre. Liszt ne crée pas encore l'atonalité systématique de Schoenberg, mais il montre qu'une musique peut commencer à fonctionner sans que la tonalité traditionnelle en soit constamment le principe organisateur. 4. Liszt et l'impressionnisme : précurseur plutôt qu'inventeur Il serait exagéré de dire que Liszt « invente l'impressionnisme ». En revanche, certaines de ses œuvres tardives annoncent très clairement des sonorités que l'on associera ensuite à Debussy. Par exemple, Les Jeux d'eau à la Villa d'Este (1877) utilisent le piano d'une manière où l'harmonie, le registre, les résonances et les figurations deviennent presque une matière sonore. On y trouve déjà cette idée fondamentale : l'accord n'a pas toujours besoin d'être seulement une étape dans une progression harmonique ; il peut être apprécié pour sa couleur propre. C'est précisément une direction que Debussy poussera beaucoup plus loin. 5. Et les « séries dodécaphoniques » ? Liszt n'invente pas le dodécaphonisme. La méthode de composition avec les douze sons est associée à Schoenberg au début des années 1920, plusieurs décennies après la mort de Liszt en 1886. En revanche, certains passages de Liszt montrent une tendance remarquable à parcourir systématiquement l'espace chromatique et à employer des ensembles de hauteurs qui peuvent contenir une grande partie, voire les douze sons de la gamme chromatique. Cela peut rétrospectivement rappeler une série dodécaphonique, mais le principe est différent. Chez Schoenberg, une série de douze sons constitue un principe structurel de composition : les douze classes de hauteur sont ordonnées et cette organisation gouverne la construction de l'œuvre. Chez Liszt, une succession contenant les douze sons relève plutôt d'un chromatisme radical et expérimental. Elle n'est pas encore employée comme système sériel. On peut donc dire : Liszt anticipe certaines sonorités de l'atonalité et certains procédés chromatiques que le XXᵉ siècle systématisera ; il n'invente pas la technique dodécaphonique. 6. L'importance des structures symétriques Une autre particularité très moderne de Liszt est son intérêt pour des structures qui affaiblissent naturellement la tonalité : accords de septième diminuée, accords augmentés, divisions symétriques de l'octave et gamme par tons. Pourquoi est-ce important ? Dans la tonalité classique, certaines notes ont une fonction très claire : tonique, dominante, sensible, etc. Une structure parfaitement symétrique est beaucoup plus ambiguë : elle ne désigne pas forcément une tonalité comme « maison ». Liszt exploite précisément cette ambiguïté. C'est l'une des raisons pour lesquelles certaines pages tardives semblent regarder vers Debussy d'un côté et vers Bartók ou Scriabine de l'autre. 7. Une autre modernité : le dépouillement C'est peut-être l'aspect le plus surprenant. Le jeune Liszt est associé au piano spectaculaire : octaves, grands arpèges, virtuosité transcendante, effets orchestraux. Le Liszt âgé fait parfois exactement l'inverse. Dans Nuages gris, La lugubre gondola, Unstern! ou certaines pièces religieuses tardives, on trouve des textures fragmentaires, sèches, sombres et extrêmement économes. Les phrases peuvent sembler suspendues ; les silences prennent de l'importance ; la musique refuse parfois le grand accomplissement romantique attendu. Cette esthétique de la fragmentation est presque aussi importante que ses audaces harmoniques. Elle annonce par moments une conception très XXᵉ siècle dans laquelle une œuvre n'a plus nécessairement besoin de « remplir » tout l'espace sonore. 8. Même sa conception du timbre pianistique est moderne Liszt contribue aussi à transformer radicalement l'écriture pianistique. Le piano n'est plus seulement un instrument produisant mélodie + accompagnement : il devient presque un laboratoire de timbres. Il exploite les registres extrêmes, les résonances de pédale, les trémolos, les répétitions, les grands espaces entre grave et aigu, les effets de cloches, les figurations aquatiques et les sonorités orchestrales. Cette conception du piano comme producteur de couleurs mène directement vers une partie de l'écriture de Debussy et Ravel. En résumé : qu'a « inventé » Liszt ? Transformation thématique un de ses apports majeurs ; il la développe en véritable principe formel Poème symphonique Il joue un rôle fondateur dans l'établissement du genre Piano orchestral / moderne Transformation fondamentale de la technique et du timbre pianistiques Impressionnisme Pas inventeur, mais précurseur important de certaines couleurs harmoniques Atonalité Pas inventeur au sens historique strict, mais certaines œuvres tardives l'anticipent Dodécaphonisme ; il utilise un chromatisme qui peut parfois évoquer rétrospectivement les douze sons Harmonie symétrique Exploration très poussée, annonçant plusieurs compositeurs du XXᵉ siècle Esthétique fragmentaire Aspect remarquablement moderne de ses dernières œuvres C'est donc presque comme s'il existait deux Liszt : le Liszt spectaculaire des Études d'exécution transcendante, des Rhapsodies hongroises et des grandes paraphrases, et le Liszt tardif, beaucoup plus étrange, qui déconstruit progressivement le langage romantique. Pour entendre cette évolution directement, un parcours particulièrement révélateur serait : Sonate en si mineur → Les Jeux d'eau à la Villa d'Este → Nuages gris → La lugubre gondola II → Unstern! → Bagatelle sans tonalité. En les écoutant dans cet ordre, le passage du romantisme vers une musique qui semble parfois appartenir au XXᵉ siècle devient très perceptible. Retour à Liszt compositeur Cliquez ici
- Liszt préciosité langue française | Lola
La précocité de Liszt et sa maîtrise de la langue française. Ses dons et sa précocité ne concernèrent pas que la musique mais se retrouvèrent dans bien d’autres domaines de sa personnalité, ainsi dans sa maîtrise de la langue française. Franz fut élevé dans un contexte germanophone, sa mère Anna et son père Adam ne parlaient qu' un allemand dénaturé (celui du Burgenland). Ce dernier échouant à l’apprentissage du hongrois, il ne l' inculqua donc pas à son fils. En outre au XIXe siècle, La Hongrie était sous domination autrichienne. Peut-être Liszt avait-il eu quelques notions de français avant d’arriver à Paris puisqu' en ce début du XIXe siècle toute l’Europe aristocratique et artistique était encore sous primauté linguistique française. A son arrivée à Paris en décembre 1823, il vient d' avoir 12 ans, et 4 mois plus tard, en mars 1824, il maîtrise déjà honorablement le français. Comme en témoigne cette lettre touchante écrite à Londres par le jeune Franz et citée dans le Liszt de Alan Walker tome I. " Monsieur, je vous serai infiniment obligée si vous voudrais bien vous donner la peine de venir me voir aujourd'hui à trois heures et quart ayant quelques morceaux de fini, et comme je désire de les faire graver je m' adresse à vous en vous priant de bien vouloir les entendre pour que vous n' achetez pas le chat dans le sac,…" Entre cette lettre et celle inédite ci-dessous datée du 1er juin 1826 concernant un concert qu’il a donné à Lyon et dont nous pouvons vous offrir la primeur sur ce site grâce à Stéphane Monier qui en a fait l' acquisition, il ne s' est écoulé que 2 ans. Années bien remplies, avec des tournées en Angleterre et en Suisse ainsi qu' une activité musicale importante en concerts et en compositions, son opéra "Don Sanche" écrit à 13 ans produit à l'Académie Royale de Paris et la composition et publication de son Étude pour le piano en 12 exercices (48 initialement prévus) qui deviendront plus tard Les Études d' exécution transcendante. Liszt a ensuite vécu une douzaine d' années à Paris où il a pu s' imprégner de la culture française; il a toujours préféré s' exprimer en français qu' il maîtrisait mieux que la langue allemande comme le prouve la quantité d'œuvres, essais et prose écrits dans un excellent français. Rappelons néanmoins qu' il s'est toujours défini comme " magyar" et qu' il se sentait avant tout Hongrois , nationalité qu’il revendiquait pour ses trois enfants. Françoise Quédeville Marmey Lettre inédite du 1 juin 1826, Liszt à 14 ans (voir ci contre) Voir ci-dessous commentaire de Stéphane Monier que nous remercions pour son intéressante contribution. LETTRE INEDITE DE FRANZ LISZT ECRITE DANS SA QUINZIEME ANNEE En l’an 1826 le jeune Liszt effectua une tournée de concerts dans le sud de la France. Il se produisit en effet dans les villes de Bordeaux, Marseille et Lyon. Dans la « Cité des Gaules » Liszt se présenta trois fois en public : le mardi 23 mai, le mercredi 31 mai, puis, suite à l’insistance du Préfet, du Maire et du Lieutenant général, le mardi 13 juin, invariablement à 8 heures du soir dans l’ancienne salle de la bourse au Palais Saint-Pierre. Cette lettre, écrite le lendemain du deuxième concert, témoigne de la maturité du jeune Liszt et de sa maîtrise (déjà) de la langue française. Grâce à un article de Antoine Salles, conseiller municipal de Lyon, publié en 1911 pour le centenaire de la naissance de Liszt, nous en savons un peu sur l’organisation et la teneur de ces concerts. Des personnalités musicales de la ville telles que Mrs Baumann et Donjon, l’un premier violon, l’autre flûtiste à l’orchestre du Grand-Théâtre et Mlle Falleville qui quelques semaines plus tôt avait créé « la Dame blanche » (François Adrien Boieldieu) s’étaient mis à sa disposition pour l’encadrer et le seconder. Le prix des places était modeste, fixé à 3 francs. Le programme du 31 mai comprenait une étude de piano probablement extraite de la première mouture des futures Etudes d’exécution transcendante publiée chez Boisselot à Marseille en cette année 1826 sous le n° d’opus 6 - en fait 1- et dédiée à une jeune bossue Lydia Garella, son premier amour ! Figurait également un pot-pourri dans lequel s’enchaînaient des motifs du chœur des Montagnards écossais de la Dame blanche, un air des Noces de Figaro et divers autres morceaux connus. Enfin, une ouverture, celle de Don Sanche, jouée auparavant le 20 juin 1825 à Manchester. Lors de ce concert, Donjon exécuta des variations sur la flûte et Mlle Falleville chanta un air des Folies amoureuses. Le terme de "brioche" indique une bévue ou une bourde provenant de l'argot du XIXème. Il désignait une amande que les musiciens fautifs de l'orchestre de l'Opéra de Paris devaient payer et qui permettait d'acheter une brioche. Il faut remarquer aussi l’ardent et précoce désir du jeune Liszt de s’imprégner de la culture française. Le destinataire de la lettre « Mon cher Monsieur Fouquet » n’a pas été identifié. Stéphane Monier P our un texte agrandi cliquer ici Retour à Liszt écrivain Cliquer ici
- St François de Paule (flots) | Lola
Légende de Saint François de Paule marchant sur les flots C’est une œuvre exceptionnelle, en ce sens qu’elle combine les plus hautes exigences de virtuosité et la spiritualité la plus élevée. Elle est inspirée d’un épisode de la vie de Saint François de Paule, un moine du XVème siècle grand faiseur de miracles et fondateur de l’ordre des Minimes. S’étant vu refuser le passage sur un bateau, il traversa le détroit de Messine en marchant sur l’eau. En voici le détail : il se présente dans un petit port du sud de l’Italie, avec deux compagnons pour se rendre en Sicile. Il demande le passage sur un bateau, mais, comme ils n’ont pas d’argent pour payer, le capitaine refuse le passage. Des villageois indignés interpellent le capitaine : « Vous ne savez pas à qui vous parlez, l’un d’entre eux est un saint ». Et le capitaine répond : « Si c’est un saint, il n’a qu’à faire un miracle et marcher sur l’eau ». Alors François s’isole quelques instants pour prier Dieu de lui donner la force d’accomplir ce miracle, puis il étend son manteau sur l’eau, invite ses compagnons à prendre place dessus, soulève un pan en guise de voile, et, poussé par le vent, s’élance sur l’eau et dépasse le bateau. Les marins, à genoux, les prient de monter à bord, le capitaine supplie François de lui pardonner, mais celui-ci, inspiré par Dieu, continue et aborde le rivage bien avant le bateau. La foi soumet la nature, tel est le message spirituel. La pièce de Liszt suit ce déroulement, mais il fait marcher le saint sur l’eau et lui fait rencontrer une tempête. Les quelques mesures d’introduction, graves et solennelles, évoquent bien la prière du saint. Puis il s’élance sur un beau thème de choral, qui reviendra plusieurs fois, tandis que la mer, calme au début, s’agite de plus en plus : la houle devient plus forte, le vent souffle en rafales, les vagues enflent, le saint restant imperturbable dans sa marche. Mais vient un moment où le mouvement s’accélère, et le saint est englouti dans des gerbes d’eau. Alors la tempête se déchaîne : tonnerre, éclairs, une vague monstrueuse se lève. Et le miracle se produit : au sommet de la vague, le saint réapparaît en plein triomphe, chante des hymnes, aborde le rivage dans la plus grande agitation, et, en trois gestes impérieux, calme les flots. Un grand silence, puis il fait sa prière d’action de grâces, et se remet à marcher, d’abord doucement, puis l’intensité augmente et il termine comme s’il allait au ciel. Liszt faisait une impression extraordinaire en interprétant cette pièce, de même que son disciple Hans von Bulöw qui l’a créée.
- Citoyen du monde | Lola
Liszt, le voyageur cosmopolite citoyen du monde Le voyage une source d'inspiration Franz Liszt ne cessa de parcourir l’Europe dès son enfance. Il eut de nombreux points d’ancrage, sans jamais se soucier d’être propriétaire, sauf lorsqu’il envisagea d’acquérir sa maison natale de Raiding, à la frontière austro-hongroise ; mais, velléitaire, il ne donna pas suite. Il n’eut donc que des ports d’attache temporaires : Paris, Weimar, Rome, Budapest. Il se vivait comme le « Zigeuner » de la Hongrie. En vieillissant, il séjourna de plus en plus souvent en Hongrie, se « magyarisant » davantage. Pour citer Serge Gut Liszt : « Il restera le tzigane, c’est-à-dire l’homme de partout et de nulle part, le sans-patrie éternellement errant. » Voyageur polyglotte, Liszt avait le français pour première langue, celle dans laquelle il aimait écrire. Il parlait couramment l’allemand, sa langue maternelle, et possédait un bon niveau d’italien. Il lisait et s’exprimait également en anglais. Il avait acquis quelques bonnes notions de russe auprès de la princesse Carolyne et connaissait, bien sûr, quelques mots de hongrois, langue de son pays natal. Il fut une éponge des différentes cultures, n’en méprisa aucune ; au contraire, il n’eut de cesse de les approfondir et de les assimiler pour devenir un personnage transnational, un Européen avant l’heure. Cette approche culturelle, intrinsèque au personnage, a nourri toute sa musique. Voici ce qu’il écrivit en 1842 dans la préface de l’Album d’un voyageur : « Ayant parcouru en ces derniers temps bien des pays nouveaux, bien des sites divers, bien des lieux consacrés par l’histoire et la poésie ; ayant senti que les aspects variés de la nature et les scènes qui s’y rattachent ne passaient pas devant les yeux comme de vagues images, mais qu’elles remuaient dans mon âme des émotions ; qu’il s’établissait entre elles et moi une relation vague mais immédiate, un rapport indéfini mais réel, une communication inexplicable mais certaine, j’ai essayé de rendre en musique quelques-unes de mes sensations les plus fortes, de mes plus vives perceptions. » Le plus grand musicien voyageur du XIXᵉ siècle, Liszt recueille des informations dans tous les domaines, devient un musicographe et agit presque comme un ethnologue. Il organise soigneusement ses déplacements et se fait même fabriquer un petit piano de voyage qu’il peut emporter avec lui. Lui-même suscite les voyages des autres, puisqu’on viendra du monde entier pour l’écouter et profiter de ses leçons. Enfin, n’oublions pas qu’il voyage dans le présent, mais aussi dans le passé, tant il s’intéresse aux cultures anciennes, en art comme en littérature. En musique, son intérêt va des chants grégoriens et de la Renaissance jusqu’aux œuvres des grands compositeurs récemment disparus, comme Beethoven et Schubert. Liszt, l’infatigable nomade Liszt quitte son petit village natal, Raiding, en Hongrie — à l’époque sous hégémonie de l’Empire austro-hongrois — pour parfaire ses talents de pianiste. Il s’installe d’abord à Vienne en 1822, à l’âge de onze ans, où il suit les cours de Czerny et de Salieri. L’année suivante, son père l’arrache aux leçons de Czerny, au grand regret de ce dernier, pour se rendre à Paris en passant par l’Allemagne, avec de nombreux concerts à chaque étape. En 1824, il donne un concert triomphal à Paris, puis part en tournée en province, en Angleterre et en Suisse. En 1833 a lieu sa rencontre avec Marie d’Agoult, puis la fuite en Suisse en 1835, où le couple se réfugie d’abord à Bâle puis à Genève. Ce séjour est la source d’inspiration de son cycle Album d’un voyageur, qui deviendra, remanié, les Années de pèlerinage I. Les paysages ont véritablement inspiré le compositeur. Après un retour à Paris, en 1837, ils repartent pour une autre destination à la mode : l’Italie. Ses séjours au lac de Côme, à Florence, Rome, Naples et Venise lui inspirent les Années de pèlerinage II et III. Cette fois, ce sont surtout les beaux-arts qui nourrissent son inspiration. Puis, en 1838, depuis Venise, en passant par Vienne, il vient en aide aux sinistrés des inondations du Danube à Budapest en donnant des concerts. La série des grands concerts internationaux et triomphaux démarre alors. Il les enchaîne pendant la célèbre Glanzperiode, de 1839 à 1847. La Glanzperiode peut se résumer à 100 000 kilomètres, 1 000 concerts en près de dix ans à travers l’Europe, de l’Irlande à la Russie, dans toutes sortes de lieux, des cours royales aux salles de village. Il triomphe partout : Grande-Bretagne, Pays-Bas, Belgique, France, Allemagne, Autriche, Portugal, Espagne, Hongrie, Roumanie, Russie. Il se produit même à Constantinople, aujourd’hui Istanbul, après sa rencontre, en 1847, avec Carolyne Sayn-Wittgenstein, princesse russo-polonaise qui le reçoit dans son domaine de Woronince, en Ukraine. Avec le voyage dans l’Empire ottoman, destination dont il rêvait depuis longtemps, il finalise sa carrière d’estrade. C’est encore une destination à la mode et, à l’instigation de Lamartine, son ami auquel il ne cesse de se référer, il se met sur les pas de son Voyage en Orient. « Je suis fatigué de l’Occident ; je voudrais respirer des parfums, me réchauffer au soleil, échanger la fumée du charbon de terre contre la douce fumée du narguilé. Bref, j’ai soif d’Orient ! » Cet Orient le fascine et il espère y revenir. Enfin, sa rencontre avec Carolyne Sayn-Wittgenstein change définitivement le cours de sa vie. Il souhaitait depuis longtemps arrêter son métier de concertiste, désirant « s’affranchir complètement de la servitude du public » pour se consacrer à la composition. Il va se sédentariser et s’installer à Weimar en 1847 comme Kapellmeister, où Carolyne le rejoint. En 1861, déçu par son expérience weimarienne, il rejoint Carolyne qui, maltraitée dans cette petite cour archiducale, avait déjà quitté Weimar pour Rome. En 1869, il commence sa vie trifurquée entre l’Italie, la Hongrie et l’Allemagne, sans compter ses nombreux déplacements dans les pays limitrophes comme la France, la Belgique, l’Angleterre ou le Luxembourg. De plus, lorsqu’il était sur place, il ne cessait de bouger. Ainsi, à partir de Weimar, qui fut l’un de ses principaux points d’attache, il parcourut toutes les villes de Thuringe dès qu’il y avait de la musique à faire ou à entendre. Rappelons qu’il était Kapellmeister du grand-duc de Saxe-Weimar-Eisenach ; à ce titre, il était « corvéable » sur tout le territoire, ce qui ne lui déplaisait pas. Ainsi se multiplièrent ses « excursions musicales » à Erfurt, aujourd’hui capitale de la Thuringe, Meiningen, Iéna, Gotha, Altenburg, Eisenach, Sondershausen. Et puis, au-delà de la Thuringe : Munich, Vienne, Berlin, Dresde, Leipzig, Mannheim, Karlsruhe, Marbourg, bref aux quatre coins de l’Allemagne et de l’Autriche. Quand on observe les périples accomplis au jour le jour, tels que Serge Gut les répertorie dans son livre Liszt, c’est hallucinant : comment trouvait-il le temps de composer ? Et la princesse Carolyne qui le traitait de fainéant ! N’oublions pas que la première voie ferrée reliant ces principales villes ne fut réalisée qu’en 1846. Liszt était aussi un grand marcheur mais l’invention du train fut pour lui un immense soulagement et un inestimable confort, même s’il voyageait en classe économique. Liszt, le citoyen du monde Liszt écrivait à Carolyne Sayn-Wittgenstein : « Pour moi, comme pour Humboldt, le patriotisme n’est qu’une forme très relative et tronquée du sentiment. En tant qu’artiste, j’ai peu de goût pour les cocardes, qui prêtent très aisément au cocasse et n’ont que faire dans les régions que nous hantons. » Dans cette citation, tout est dit. Tous ses voyages l’ont conduit à la transnationalité et, contrairement à Wagner, il ne fut jamais un nationaliste fondamentaliste, même s’il affirma, en vieillissant, son identité hongroise et son attachement à la Hongrie. "Tu es un enfant de l'Europe, tandis que moi, je suis un pur produit de la Germanie ", écrivit Wagner à Liszt en 1849. La fréquentation de tous les « grands » du XIXᵉ siècle, laïques et religieux, de toute l’intelligentsia de son époque, des artistes et des scientifiques, mais aussi des plus pauvres et des plus démunis, lui permit d’avoir une vision panoramique de la société et une réflexion profonde sur son temps. Il a nourri ainsi sa personnalité aux multiples facettes et enrichit son ouverture au monde. Liszt l’utopiste a toujours rêvé d’un monde meilleur, plus juste, sans racisme et sans frontières. « L’étroitesse d’esprit et le racisme n’étaient pas de son monde. » A écrit Peter Raabe. C’ était plus qu’ un voyageur cosmopolite, c’ était un citoyen du monde. Pour en savoir plus, Franz Liszt ou l'engagement d'un artiste européen avec Damien Ehrhardt, musicologue et maître de conférence Cliquez ici Sources, voir menu C onnaître Franz Liszt/bibliographie Et plus particulièrement : Malou Haine et Nicolas Dufetel, Franz Liszt, un saltimbanque en province, Editions Symétrie 2007 Serge Gut, Liszt , Editions de Fallois 1989 Actes du colloque International Franz Liszt, La Revue musicale , Paris, 1986 -Nationalisme et supra nationalisme chez Franz Liszt, Serge Gut Alexander von Humboldt 1796 - 1859 par Joseph Karl Stieler 1843 Alphonse de Lamartine en 1844, par Théodore Chassériau . Chemins de Fer Allemands 1835 Retour à l'engagement de Liszt Cliquez ici
- Introduction | Lola
L’ œuvre musicale de Franz Liszt Une oeuvre musicale immense ! L'œuvre de Franz Liszt est immense. Elle accompagne presque tout le XIXe siècle musical et ne se limite nullement au piano virtuose auquel son nom reste souvent associé. Liszt a composé pour le piano, l'orchestre, l'orgue, la voix et le chœur ; il a écrit des concertos, des symphonies, des poèmes symphoniques, des œuvres religieuses et de la musique de chambre. Il a également consacré une part importante de son activité à la transcription et à la transformation des œuvres d'autres compositeurs. La complexité de son catalogue tient aussi à sa manière de travailler. Liszt revenait fréquemment sur ses compositions, parfois plusieurs décennies après leur première rédaction. Une même œuvre peut donc exister sous plusieurs versions et pour différents effectifs. Cet inventaire n'a pas pour ambition de reproduire le catalogue complet de Liszt. Il propose plutôt un parcours raisonné permettant de découvrir ses œuvres les plus importantes et de s'aventurer progressivement vers les pages moins connues. Une première compilation chronologique des œuvres de Liszt fut effectuée par Peter Raabe (1872-1945) et publiée en 1931. Plus tard, Humphrey Searle (1915-1982), musicologue anglais, classa près d’un millier d’œuvres. Il utilisa la lettre « S », initiale de son nom, comme préfixe de numérotation. Il répartit les partitions par genres en deux volumes, de S1 à S530, puis de S531 à S999, en respectant, autant que cela lui fut possible, l’ordre chronologique. Quant à l’élaboration du catalogue numérique des œuvres de Liszt, elle a débuté en avril 2022 et devrait durer une douzaine d’années. Financée par la Fondation allemande pour la recherche, elle coûtera 1,2 million d’euros. L’ élaboration du catalogue numérique des œuvres de Liszt a démarré en avril 2022 et est prévu pour durer une douzaine d’ années. Financé par la Fondation allemande pour la recherche , il coûtera 1, 2 millions d’ euros. « Franz Liszt est le seul compositeur éminent du 19eme siècle , pour lequel il n’ existe à ce jour aucun catalogue complet des sources et des œuvres. Cela s’ explique peut-être par le fait que la création lisztienne résiste particulièrement bien à une définition fixe de l’ œuvre. Adaptations et remaniements, nouvelles créations, variantes d’ exécution, inspirations littéraires changeantes , peu de catalogues de compositeurs romantiques sont aussi bigarrés, colorés et mouvants que celui de Liszt » explique Dr. Christiane Wiesenfeldt, directrice du projet. Le portail numérique Liszt devra refléter cette complexité Digitales Liszt Quellen-und Werkverzeichnis sera élaboré en commun sur les 3 sites du projet, à savoir Heidelberg , Dresde et Weimar avec notamment le Musée des Archives Goethe Schiller qui comporte également celles de Franz Liszt. Ce ne sera pas une mince affaire dont on peut se rendre compte en lisant cet article d'Alain Paris dans Crescendo Magazine :"La publication des oeuvres de Liszt est un véritable serpent de mer ". Cliquez ici On en peut clore ce chapitre sans évoquer le travail tout aussi considérable du pianiste Leslie Howard et de ses enregistrement en 99CD des compositions pour le piano de Liszt. Les oeuvres originales pour piano seul Cliquez ici Les oeuvres pour piano et orchestre Cliquez ici Les oeuvres pour orchestre Cliquez ici La musique de chambre et orgue Cliquez ici La musique vocale sacrée et religieuse Cliquez ici La musique chorale, les mélodies et opéras Cliquez ici Comment utiliser cet inventaire ? Pour une première découverte de Liszt, commencer par les œuvres marquées ★ permet de parcourir ses principaux univers : piano virtuose et poétique, musique symphonique, musique religieuse, transcription et Lied. Les œuvres ● permettent ensuite de dépasser l'image traditionnelle du virtuose romantique et de découvrir notamment le Liszt spirituel, expérimental et visionnaire. Les œuvres ○ conduisent enfin vers un autre Liszt : celui des premières versions, des œuvres rares et surtout des dernières années, dont certaines audaces annoncent étonnamment la musique du XXe siècle. Humphrey Searle (1915-1982) Dr. Christiane Wiesenfeldt La compilation complete des oeuvres de Franz Liszt (99CD) par Leslie Howard
