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  • Les Musées lisztiens | Lola

    Musées, maisons et collections Franz Liszt dans le monde Sur les traces de Franz Liszt Grand voyageur et Européen avant l'heure, Franz Liszt a partagé sa vie entre de nombreux pays. De Raiding, où il naquit en 1811, à Bayreuth, où il mourut en 1886, ses traces sont aujourd'hui dispersées à travers l'Europe et bien au-delà. Plusieurs maisons dans lesquelles il a vécu sont devenues des musées. Ailleurs, bibliothèques, archives et institutions musicales conservent ses manuscrits, sa correspondance, ses partitions, ses instruments, ses objets personnels et une abondante documentation. Partons sur les traces de Liszt à travers quelques-uns des principaux lieux de mémoire et grandes collections qui lui sont consacrés dans le monde. Autriche Raiding — La maison natale et le Liszt Museum Franz Liszt est né le 22 octobre 1811 à Doborján, alors situé dans le royaume de Hongrie et aujourd'hui Raiding, en Autriche. Sa maison natale est devenue un lieu de mémoire consacré au compositeur. Elle rappelle ses premières années et l'environnement dans lequel grandit l'enfant prodige avant son départ pour Vienne. Un centre culturel et une salle de concert ont été aménagés à proximité, faisant de Raiding un lieu vivant de la mémoire lisztienne. Pour découvrir le Liszt Museum : Cliquer ici Allemagne Weimar — L'altenburg Le nom du bâtiment remonte à l'ancien nom de domaine Die Alte Burg (le Vieux Château). La maison a été le foyer de Franz Liszt et de sa compagne Carolyne zu Sayn-Wittgenstein pendant 13 ans à partir de 1848. De nombreuses personnalités de tous pays ont fréquenté les lieux : Johannes Brahms, Gioachino Rossini, Gérard de Nerval, George Eliott, Hans Christian Andersen, Alexander von Humboldt, Bedrich Smetana, Charles de Talleyrand, Bettina von Arnim , Hector Berlioz , Peter Cornelius , Joseph Joachim, Hans von Bülow et bien sur le Grand duc Charles Alexandre de Saxe-Weimar Eisenach. Aujourd'hui, l'Altenburg abrite la Hochschule für Musik Franz Liszt Weimar . On y trouve le Centre Franz Liszt, la Chaire d'histoire de la musique juive, des projets de recherche DFG , le Salon Liszt et de la documentation sur « Liszt, l'Altenburg et l'Europe ». (Source klassik-stiftung Weimar) Weimar — Die Hofgärtnerhaus ou Liszt Haus Maison du jardinier de la cour Weimar fut l'un des lieux essentiels de la vie artistique de Liszt. Après sa grande période comme maître de chapelle à Weimar, de 1848 à 1861, Liszt revint régulièrement dans la ville à partir de 1869. Durant les mois qu'il passait à Weimar, il habitait à l'étage de l'ancienne maison du jardinier de la cour, à l'entrée du parc sur l'Ilm. Il y recevait ses élèves venus de toute l'Europe et y donnait ses célèbres Masterclass. Le bâtiment classique est situé à la limite ouest du parc sur l'Ilm et au début de l'avenue menant au palais du Belvédère. C'est ici que commença le deuxième séjour de Liszt à Weimar. Lorsqu'il revint à Weimar en 1869 à l'invitation du grand-duc Carl Alexander, il utilisa l'appartement confortablement meublé par la grande-duchesse Sophie jusqu'à la fin de sa vie en 1886. Peu de temps après sa mort, une partie des pièces fut ouverte comme un site commémoratif à l'initiative de Carl Alexander. Le salon de musique, le cabinet de travail et la chambre permettent aujourd'hui de retrouver l'univers quotidien du vieux maître. On peut notamment y voir son piano à queue Bechstein. U ne exposition médiatique permanente sur la vie, l'œuvre et l'influence de Liszt est présentée au rez-de-chaussée, créée dans le cadre d'un projet de coopération entre la Klassik Stiftung Weimar, l'Université de musique FRANZ LISZT et l'Université Bauhaus de Weimar. (Source klassik-stiftung Weimar) Pour en savoir plus Cliquer ici Le Musée des archives Goethe Schiller et Franz Liszt Les archives Goethe et Schiller sont les plus anciennes archives littéraires d’Allemagne. Elles disposent de plus de 130 héritages d’écrivains, de savants, de philosophes, de compositeurs et d’artistes, de 14 archives de maison d’éditions, d’associations et de sociétés littéraires (entre autre la société Goethe, la maison d’éditions « Insel » de Leipzig et la fondation allemande de Schiller) ainsi qu’une collection d’autographes dans laquelle sont représentés environ 3000 auteurs. En raison de son inventaire, l’archive a le caractère d’archives centrales pour la littérature allemande des XVIII et XIXème siècle. De plus, la collection de Goethe a été ajoutée en 2001 au patrimoine culturel de l’humanité, dans la collection « Memory of the World » de l’UNESCO. Cette structure dispose également du plus grand fond documentaire sur Franz Liszt constituant une ressource privilégiée de documents et partitions autographes. La grande-duchesse Sophie von Sachsen-Weimar-Eisenach a fait construire les archives Goethe et Schiller, inaugurées en 1896, spécialement pour l'enregistrement des manuscrits de grande importance de Goethe et Schiller. Les trois salles du premier étage constituent le cœur du bâtiment. Dans la salle du milieu se trouvent des expositions temporaires qui présentent des manuscrits originaux issus des archives. La salle de droite sert de salle de lecture des manuscrits, tandis que celle de gauche est prévue pour les évènements. Les visiteurs individuels peuvent venir pendant les horaires d’ouverture sans avoir fait de réservation au préalable. Le jardin du bâtiment des archives invite à y rester un petit moment. Depuis la terrasse, vous pourrez profiter d’une vue imprenable sur la vieille ville de Weimar (Source Kulturstadt Weimar) Pour en savoir plus Cliquer ici Weimar — Bien plus qu'une maison Liszt Weimar occupe une place exceptionnelle dans la conservation du patrimoine lisztien. La Klassik Stiftung Weimar conserve, entre plusieurs de ses institutions, ce qu'elle présente comme le plus important ensemble de Lisztiana au monde. La Herzogin Anna Amalia Bibliothek conserve une très importante collection de partitions, éditions anciennes et littérature consacrée à Liszt, comprenant également des livres provenant de sa bibliothèque personnelle. La Herzogin Anna Amalia Bibliothek Cliquer ici Le Goethe-Nationalmuseum possède également des objets provenant de Liszt ou liés à sa mémoire. Weimar constitue ainsi à la fois un lieu de visite et un centre documentaire fondamental pour les chercheurs. Le Goethe-Nationalmuseum Cliquer ici Bayreuth — Franz-Liszt-Museum Bayreuth est associé aux derniers jours de Franz Liszt. Malade et très affaibli, il s'y rendit en juillet 1886 pour assister au Festival où sa fille Cosima dirigeait l'héritage de Richard Wagner. Liszt mourut à Bayreuth le 31 juillet 1886. La maison dans laquelle il passa ses derniers jours, située à proximité de la Villa Wahnfried, est aujourd'hui le Franz-Liszt-Museum. Le rapprochement géographique des musées Liszt et Wagner rappelle aussi les liens familiaux et artistiques, parfois complexes, qui unirent les deux compositeurs. Pour découvrir le Musée Franz Liszt de Bayreuth : Cliquer ici Hongrie Budapest — Musée mémorial Franz Liszt Liszt se revendiquait hongrois et a donc entretenu avec la Hongrie un lien profond. En 1875, il devint président fondateur de l'Académie royale hongroise de musique. À partir de 1881, il disposa d'un appartement dans le bâtiment de l'ancienne Académie de musique, aujourd'hui situé au 35 Vörösmarty utca. Cet appartement abrite désormais le Liszt Ferenc Memorial Museum. Il constitue l'un des grands centres internationaux consacrés à l'étude de la vie et de l'œuvre du compositeur. Manuscrits, partitions, livres et documents y sont conservés et étudiés. Une partie des collections et des catalogues est accessible en ligne. Le Centre organise également conférences, publications, expositions et collaborations internationales. On peut y découvrir plusieurs de ses instruments — notamment des pianos Bösendorfer et Chickering —, son bureau de composition, des meubles, objets personnels, portraits, livres et partitions. C'est l'un des lieux où l'on ressent le plus directement la présence du Liszt des dernières années. Pour découvrir le Musée mémorial Franz Liszt de Budapest : Cliquez ici Budapest — Académie de musique de Franz Liszt Le musée est associé au Liszt Ferenc Research Centre, créé en 1986 au sein de l'Académie de musique Franz-Liszt qui est l'une des institutions les plus connues de la musique classique hongroise. Située au cœur du centre-ville, l'Académie de musique, reconnue et appréciée mondialement, abrite à la fois une institution académique et un centre de concerts. Au fil des ans, l'Académie de musique Liszt Ferenc a acquis une réputation mondiale et des étudiants du monde entier viennent y suivre des cours de musique. ici à apprendre la musique. L'Académie, qui sert également de centre de concerts, est ouverte aux mélomanes tout au long de l'année. Pour découvrir l'Académie de musique de Franz Liszt : Cliquez ici Italie UN LIEU LISZTIEN SANS ÊTRE UN MUSÉE LISZT Tivoli — La Villa d'Este La Villa d'Este n'est pas un musée consacré à Franz Liszt. Elle occupe pourtant une place particulière dans son univers. Liszt séjourna régulièrement à Tivoli, près de Rome, comme invité du cardinal Gustav Adolf von Hohenlohe. Les jardins, les cyprès et surtout les jeux d'eau de la Villa inspirèrent plusieurs pages des dernières Années de pèlerinage, notamment Les Jeux d'eau à la Villa d'Este. Visiter la Villa permet ainsi de découvrir directement certains des paysages qui nourrirent l'imagination musicale du compositeur. La visite de la stanza delle rose, chambre où séjournait Liszt n'est normalement pas ouverte au public. Cette petite pièce au dernier étage du palais doit son nom à son plafond décoré de motifs de roses. Etats Unis Les lieux où Liszt a vécu ne sont qu'une partie de son patrimoine. Ses innombrables voyages, sa correspondance et son extraordinaire réseau de relations expliquent que ses manuscrits et documents soient aujourd'hui dispersés dans de nombreuses institutions. Certaines collections situées aux Etats Unis, sont devenues essentielles pour la connaissance du compositeur. Washington — Library of Congress La Library of Congress, à Washington, possède l'un des ensembles documentaires consacrés à Franz Liszt les plus importants hors d'Europe. Sa Music Division conserve manuscrits musicaux, esquisses, correspondances, premières éditions, documents personnels et ouvrages annotés. Plus de 900 documents provenant de ces collections sont présentés dans sa collection numérique consacrée à Franz Liszt. La présence d'un fonds de l'American Liszt Society témoigne également de l'importance de la tradition lisztienne aux États-Unis. Pour le simple amateur comme pour le chercheur, l'intérêt est considérable : une grande quantité de documents peut être découverte gratuitement sur Internet. Pour découvrir la Franz Liszt Collection de la Library of Congress : Cliquer ici France Un patrimoine dispersé mais particulièrement riche. La France ne possède pas de maison musée exclusivement consacrée à Franz Liszt. Elle conserve cependant un patrimoine lisztien considérable. Cela n'a rien d'étonnant : Liszt arriva à Paris en 1823, à l'âge de douze ans, et entretint jusqu'à la fin de sa vie des liens particulièrement étroits avec la France. Il considérait que le français était sa première langue. Paris Bibliothèque nationale de France — BnF La Bibliothèque nationale de France conserve de nombreux documents concernant Liszt : partitions, éditions anciennes, manuscrits, correspondances, photographies, portraits, livres et périodiques. Une partie de ce patrimoine est accessible gratuitement grâce à Gallica. Pour rechercher Franz Liszt dans les collections de la BnF et de Gallica : Cliquer ici → Voir également sur notre site : Liszt sur le Web Paris Musée de la musique — Philharmonie de Paris Les collections du Musée de la musique et les ressources documentaires de la Philharmonie permettent également d'approcher Liszt, son époque, le piano romantique et les instruments qui participèrent à l'évolution de la pratique musicale au XIXᵉ siècle. La Philharmonie propose par ailleurs de nombreux dossiers, guides d'écoute, concerts et ressources pédagogiques accessibles en ligne. Pour découvrir les collections et ressources de la Philharmonie de Paris : Cliquer ici Paris Franz Liszt dans les Archives de France À l'occasion du bicentenaire de la naissance de Liszt, une importante enquête archivistique a été menée sous la direction scientifique du musicologue Nicolas Dufetel. Elle a permis de mettre en évidence la présence de documents liés à Liszt dans de nombreuses archives publiques françaises. Une sélection de 38 documents provenant de 14 institutions réparties dans 12 villes françaises illustre la diversité des traces laissées par Liszt en France : manuscrits, imprimés, iconographie, presse et documents administratifs. Cette dispersion géographique témoigne admirablement des liens que Liszt entretint avec la France tout au long de sa carrière. Pour découvrir « Franz Liszt dans les Archives de France (1824-1887) » : Cliquer ici Paris Bibliothèque musicale La Grange Fleuret — Paris La Bibliothèque musicale La Grange Fleuret constitue une autre ressource importante pour l'étude de la musique des XIXᵉ et XXᵉ siècles. Ses collections et son catalogue permettent de poursuivre les recherches bibliographiques et documentaires autour de Liszt et de son époque. Pour consulter le catalogue : Cliquer ici Le patrimoine lisztien ne connaît pas de frontières Il serait impossible de réunir ici tous les lieux conservant un manuscrit, une lettre, une partition ou un souvenir de Franz Liszt. C'est précisément l'un des aspects fascinants du personnage. Liszt fut hongrois et profondément européen. Il vécut en Hongrie, Autriche, en France, en Allemagne, en Suisse et en Italie ; parcourut une grande partie de l'Europe ; correspondit avec des centaines de personnalités et entretint un réseau artistique et intellectuel exceptionnel. Ses traces se retrouvent donc aujourd'hui dans les musées, bibliothèques et archives de nombreux pays. Cette page a vocation à s'enrichir progressivement au fil de nos découvertes et de vos contributions. Vous connaissez un musée, une collection ou un fonds documentaire important consacré à Franz Liszt qui ne figure pas encore dans cet inventaire ? N'hésitez pas à nous le signaler . Cliquez ici „Pourquoi suis-je à Weimar ? [...] Dans le domaine de la musique, pour les œuvres, l'enseignement, la publication, c'est pour moi le point d'appui en Allemagne.“ Liszt le 10 septembre 1882 dans une lettre à la princesse Carolyne zu Sayn-Wittgenstein Le Musée des archives Goethe Schiller et Franz Liszt La stanza delle rose de la Villa d'Este où vécu Liszt le Musée Franz Liszt de Bayreuth Musée mémorial Franz Liszt de Budapest la maison natale de Franz Liszt à Raiding L'Altenburg Retour à connaître Liszt Cliquez ici

  • Les chefs d'orchestre | Lola

    Les chefs d’ orchestre D es chefs d'orchestre prestigieux qui ont défendu et servi la musique de Liszt de son vivant jusqu'à aujourd'hui ..dès son époque Il faut toutefois distinguer les chefs qui ont réellement dirigé Liszt avant sa mort, de ceux qui l’ont surtout défendu après. À son époque, la profession de chef d’orchestre au sens moderne était encore en pleine évolution. Liszt qui fut lui-même le premier grand chef de ses œuvres orchestrales, contribua à cette modernisation à Weimar. Voir Liszt chef d'orchestre Cliquez ici Franz Liszt (1811-1886) – Il faut commencer par Liszt lui-même. À Weimar, il dirigea les créations de plusieurs de ses poèmes symphoniques et de la Faust-Symphonie , faisant de l’orchestre le laboratoire de ses conceptions nouvelles. Il ne fut donc pas seulement le compositeur de cette musique : il en fut son premier interprète . Hans von Bülow ( 1830-1894) – Élève de Liszt et longtemps l’un de ses plus proches défenseurs, Bülow dirigea notamment la Faust-Symphonie à Weimar en 1861, de mémoire, dans une exécution remarquée pour sa précision et son énergie. Sa relation avec Liszt fut ensuite plus complexe, mais il joua un rôle capital dans la diffusion de sa musique, également comme pianiste. Eduard Lassen (1830-1904) – Liszt le recommanda pour lui succéder à la direction musicale de la cour de Weimar en 1858. Lassen se trouva ainsi au cœur même du lieu où étaient nés les poèmes symphoniques et contribua à maintenir vivant le répertoire de la « Nouvelle École allemande » après le retrait de Liszt. Camille Saint-Saëns (1835-1921) - il a été l'un des tous premiers musiciens à introduire et diriger en France les poëmes synphoniques. Dans les années 1870 et 1878 il n'ésita pas à engager ses propres deniers pour faire jouer des grandes pièces orchestrales de son ami Liszt. Hans Richter (1843-1916) – Grande figure de la génération wagnérienne, Richter entretint un lien direct avec Liszt. En 1873, à Budapest, il dirigea Christus lors des célébrations du cinquantième anniversaire de la carrière artistique du compositeur : un témoignage particulièrement important de la reconnaissance du Liszt religieux de son vivant. Max Erdmannsdörfer (1848-1905) – Correspondant de Liszt , il créa à Sondershausen en 1876 le poème symphonique Hamlet . Son rôle est précieux dans l’histoire lisztienne : il appartient à ces chefs qui firent sortir les œuvres orchestrales de Liszt du cercle de Weimar pour les installer progressivement dans le répertoire allemand. Arthur Nikisch (1855-1922) – Né en Hongrie comme Liszt, Nikisch appartient à la génération immédiatement suivante et connut encore l’époque du compositeur. Il allait devenir l’un des grands défenseurs de Liszt au tournant du XXe siècle, privilégiant une direction souple, sensuelle et très colorée, particulièrement adaptée au caractère rhapsodique de cette musique. et plus tard… « Les œuvres de Liszt pour piano sont reconnues, mais ses œuvres symphoniques ne sont pas assez jouées, alors que Liszt est un compositeur de premier ordre, l’un des plus grands compositeurs de tous les temps, aussi important que Beethoven. Il a écrit dans de multiples genres et a été le plus célèbre de son temps. Il a eu une grande influence sur beaucoup d’autres compositeurs, comme Wagner et Debussy, qui n’ ont cessé d’être joués, alors que lui ne l’est toujours pas suffisamment. Pourquoi ? » Leonard Bernstein De Toscanini à François-Xavier Roth, Franz Liszt occupe une place essentielle dans l’histoire de la direction d’orchestre. L’audace de son orchestration, la puissance dramatique de ses poèmes symphoniques et la modernité de son langage ont attiré plusieurs générations de chefs. Chacun y a révélé une facette différente : romantisme, virtuosité, profondeur spirituelle ou modernité visionnaire. Cette diversité d’interprétations témoigne de l’inépuisable richesse de l’œuvre orchestrale de Liszt. Quelques chefs parmi les plus importants : Arturo Toscanini – célèbre pour Les Préludes et les Rhapsodies hongroises . Chez Toscanini, Liszt trouve une grandeur orchestrale débarrassée de toute emphase gratuite : clarté, tension et puissance dramatique dominent. Thomas Beecham – pour sa Faust-Symphonie . Son approche fait ressortir le caractère théâtral, fantastique et généreusement romantique de Liszt. Ernest Ansermet – a développé une passion pour Liszt dans ses dernières années. Il fut particulièrement sensible à l’audace harmonique et orchestrale d’un compositeur qu’il considérait avec un intérêt croissant comme un précurseur de la musique moderne. Wilhelm Furtwängler – a dirigé notamment la Faust-Symphonie . Sa conception profondément romantique trouve dans Liszt un terrain privilégié pour déployer tension, architecture et profondeur métaphysique. Herbert von Karajan – a enregistré Les Préludes, Mazeppa, Tasso et plusieurs Rhapsodies hongroises . Karajan met particulièrement en valeur la somptuosité des couleurs, l’ampleur des lignes et le spectaculaire orchestral de Liszt. Willi Boskovsky – spécialiste des Rhapsodies hongroises. Son approche souligne le caractère populaire, dansant et spontanément magyar de cette partie de l’univers lisztien. Georg Solti – interprète majeur de la Faust-Symphonie et des concertos. Son tempérament énergique et théâtral épouse particulièrement bien les contrastes, les élans dramatiques et la puissance orchestrale de Liszt. Leonard Bernstein – son interprétation de la Faust-Symphonie compte parmi les grandes lectures de l’œuvre. Bernstein trouve chez Liszt ce qu’il recherche lui-même dans la musique : le théâtre, la passion, la transformation des thèmes et une interrogation profondément humaine derrière le spectaculaire. Pierre Boulez - a révélé la modernité visionnaire de Liszt en s’associant avec Daniel Barenboim au piano et la Staatskapelle de Berlin dans les deux concertos pour piano de Liszt. Son regard est particulièrement important : Boulez permet d’entendre derrière le grand romantique un expérimentateur de la forme, de l’harmonie et de la couleur orchestrale qui annonce le XXe siècle. Kurt Masur – exceptionnel dans la Dante-Symphonie. Héritier de la grande tradition germanique, Masur met en valeur l’architecture, la gravité et la dimension spirituelle de Liszt plutôt que le seul éclat virtuose. Bernard Haitink – a enregistré l'intégrale des poèmes symphoniques avec le London Philharmonic Orchestra. Son approche équilibrée et sans surcharge rhétorique permet de mesurer la cohérence et l’inventivité de Liszt dans la naissance du poème symphonique. Claudio Abbado – a souvent programmé les concertos et les poèmes symphoniques. Il privilégie chez Liszt la transparence des textures, la poésie des timbres et la mobilité du discours, révélant une musique souvent plus subtile qu’on ne l’imagine. Michel Plasson – a dirigé les concertos pour piano de Liszt avec de grands solistes. Sa sensibilité à la couleur et au lyrisme fait ressortir le dialogue entre le piano virtuose et un orchestre qui, chez Liszt, est un véritable partenaire dramatique. Zubin Mehta – a dirigé Orpheus et d'autres œuvres orchestrales. Son Liszt conjugue ampleur sonore et lyrisme, particulièrement adaptés aux grandes fresques symphoniques et à leur pouvoir narratif. Michael Halász – a enregistré les poèmes symphoniques. Son travail discographique contribue à faire entendre Liszt au-delà des quelques pages les plus célèbres et à restituer l’étendue de sa production symphonique. Iván Fischer – spécialiste du répertoire hongrois, notamment les Rhapsodies hongroises. Sa proximité culturelle avec cette tradition lui permet d’en souligner les rythmes, les inflexions et les couleurs populaires sans réduire Liszt au pittoresque hongrois. Riccardo Chailly – reconnu pour ses interprétations de Liszt avec le Gewandhaus de Leipzig. Il inscrit Liszt dans la grande tradition orchestrale européenne tout en faisant ressortir la précision de son écriture et son extraordinaire imagination sonore. Louis Langrée – a dirigé plusieurs œuvres de Liszt en concert. Son approche contribue à défendre un Liszt orchestral vivant et théâtral, dont les œuvres gagnent toute leur force lorsqu’elles sont replacées au cœur du concert plutôt que considérées comme de simples pièces de répertoire. Gianandrea Noseda – a enregistré un cycle moderne très apprécié des œuvres orchestrales de Liszt. Son engagement permet de redécouvrir un corpus beaucoup plus vaste que Les Préludes , en faisant apparaître la continuité et l’ambition du projet symphonique lisztien. François-Xavier Roth et l'orchestre Les Siècles ont marqué la critique par leurs interprétations de Franz Liszt, notamment la Dante-Symphonie et des partitions rarement jouées, en utilisant des instruments d'époque adaptés au XIXe siècle. Cette démarche renouvelle profondément l’écoute de Liszt : équilibres, couleurs et transparence orchestrale rapprochent ces œuvres de l’univers sonore que le compositeur pouvait lui-même imaginer. Les œuvres sacrées Elles révèlent un compositeur très différent du virtuose flamboyant. À partir des années 1860, sa musique devient plus intérieure, contemplative, parfois même visionnaire. Voici quelques-uns des principaux chefs qui ont contribué à faire connaître et à défendre les œuvres sacrées de Liszt après sa mort. Antal Doráti (1906-1988) – pour Christus. Doráti donne à cette immense fresque religieuse une ampleur symphonique et une intensité dramatique remarquables. Il montre que, chez Liszt, la ferveur religieuse peut s’unir à la puissance de l’orchestre et faire de Christus l’une des grandes œuvres chorales du romantisme. Helmuth Rilling (1933-2025) – pour les grandes œuvres sacrées de Liszt, notamment les oratorios et les psaumes. Rilling occupe une place importante dans la redécouverte du Liszt religieux. Son approche, attentive au texte, au chœur et à l’architecture des œuvres, révèle que la musique sacrée constitue l’un des versants essentiels de la maturité du compositeur. Michel Corboz ( 1934-2021) – pour la Missa solemnis , dite Messe de Gran . Grand interprète du répertoire choral sacré, Corboz met en valeur la ferveur, le lyrisme et la dimension méditative de Liszt. Sous sa direction, la Messe de Gran apparaît moins comme une démonstration monumentale que comme l’expression d’une foi profondément personnelle. Gerd Albrecht (1935-2014) – pour La Légende de sainte Élisabeth . Albrecht révèle la dimension narrative et théâtrale de ce vaste oratorio. Son interprétation montre comment Liszt unit la ferveur religieuse, le drame et la richesse de l’écriture orchestrale pour construire une véritable fresque spirituelle. Zoltán Peskó (1937-2020) – pour Christus . Peskó met particulièrement en lumière la construction et l’audace du langage de Liszt. Son approche de Christus permet d’entendre, derrière la tradition de l’oratorio romantique, un compositeur qui expérimente déjà de nouvelles couleurs harmoniques et orchestrales. Remarquable direction en 2011 du Christus de Liszt aux Invalides à Paris Reinbert de Leeuw ( 1938-2020) – pour les œuvres tardives et Via Crucis . Grand défenseur de la musique moderne et contemporaine, de Leeuw trouve dans le dernier Liszt un véritable précurseur. Il souligne dans Via Crucis les silences, les dissonances et l’extrême dépouillement d’une musique qui semble parfois annoncer le XXe siècle. Frieder Bernius (né en 1947) – pour Via Crucis . Bernius révèle avec une grande sobriété la spiritualité de Via Crucis . La transparence du chœur, l’économie des moyens et l’attention portée aux silences font apparaître un Liszt radicalement éloigné du virtuose flamboyant : intérieur, austère et étonnamment moderne. La succession chronologique de ces chefs raconte aussi l’évolution de notre perception de Liszt. Doráti privilégie encore la grande fresque romantique, tandis que de Leeuw et Bernius nous conduisent progressivement vers le Liszt dépouillé, expérimental et presque contemporain. Retour à la page "Aimez-vous Liszt Cliquez ici

  • introduction | Lola

    Liszt intime Liszt et sa famille Ses parents cliquez ici Adam "En toi je veux me rajeunir et me continuer" Anna "il n'y a qu'elle au monde que je puis aimer pleinement " Ses enfants, leur éducation cliquez ici Blandine "Je vous embrasse comme je vous aime du fond du cœur " Cosima "Il n'y a que Richard qui m'a aimée" Daniel "Je vais préparer vos places" Education et affection "Les enfants portent tous trois mon nom et j'ai sur eux un droit absolu" Ses grandes compagnes cliquez ici La comtesse Marie "C'est à lui que je dois tout. Il m'a inspiré un grand amour" La princesse Carolyne "Il est des dévouements sans borne" et un cas particulier ; La baronne Olga von Meyendorff Liszt sa santé, addictions cliquez ici "Il m'est désagréable d'aborder dans la conversation autant que dans mes lettres tout ce qui concerne ma santé" Liszt son caractère Cliquez ici "La contradiction est le signe de la vie, seuls les morts sont cohérents" George Sand

  • Liszt et Rome inspirations | Lola

    Les pistes d'inspiration de Franz Liszt à Rome À Rome, plusieurs lieux sont directement liés aux séjours de Franz Liszt, surtout à partir des années 1860, lorsqu’il partage son temps entre Rome, Weimar et Budapest. Voici les principaux sites à retenir : Villa d’Este à Tivoli — probablement le lieu d’inspiration lisztienne le plus important autour de Rome. Liszt y séjourne régulièrement comme invité du cardinal Gustav Adolf Hohenlohe. Les jardins, les jeux d’eau et les fontaines nourrissent notamment Les Jeux d’eaux à la Villa d’Este, pièce du troisième volume des Années de pèlerinage. C’est le site incontournable si votre intérêt porte sur le rapport entre paysage et musique. Église Santa Francesca Romana — Liszt y reçoit les ordres mineurs en 1865. Le lieu témoigne de la dimension religieuse de sa période romaine, essentielle pour comprendre ses œuvres sacrées et la spiritualité de ses dernières décennies. Basilique San Giovanni in Laterano — le monde religieux romain et la liturgie catholique occupent une place importante dans la vie de Liszt à Rome. Saint-Jean-de-Latran fait partie de cet environnement spirituel et artistique qui accompagne son projet de renouvellement de la musique d'Église. Madonna del Rosario à Monte Mario — Liszt loge dans le monastère de Santa Maria del Rosario sur le Monte Mario à partir de 1863. Le calme du lieu, alors nettement plus retiré du centre urbain qu'aujourd'hui, correspond à sa recherche de solitude, de contemplation et de travail. Le Vatican et la basilique Saint-Pierre — Liszt fréquente les milieux ecclésiastiques romains et rencontre le pape Pie IX. Rome représente pour lui non seulement une ville d'art, mais aussi le centre d'une réflexion sur la musique sacrée et la foi catholique. Le Colisée et la Rome antique — les monuments antiques participent à l'imaginaire romain de Liszt. Plus largement, ruines, art chrétien, légendes et histoire de l'Italie avaient déjà nourri le deuxième volume des Années de pèlerinage consacré à l'Italie. Il faut distinguer Rome même de Tivoli, située à une trentaine de kilomètres : pour une visite véritablement « sur les traces de Liszt », je privilégierais Monte Mario → centre religieux de Rome → Tivoli/Villa d’Este, cette dernière offrant le lien le plus immédiatement perceptible entre un lieu précis et une œuvre de Liszt. la villa d'Este à Rome La Villa d'Este ne se trouve pas dans le centre de Rome, mais à Tivoli, à environ 30 km à l'est de Rome. C'est l'une des plus belles excursions à faire depuis la capitale italienne. Classée au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2001, elle est célèbre pour ses jardins Renaissance et ses centaines de fontaines monumentales, alimentées uniquement par la gravité, sans pompes mécaniques. Elle est considérée comme un chef-d'œuvre de l'art des jardins italiens et a inspiré de nombreux parcs en Europe. Parmi les incontournables : la Fontaine de Neptune ; l'Allée des Cent Fontaines ; la Fontaine de l'Orgue, qui produit de la musique grâce à un ingénieux système hydraulique ; les salons du palais, décorés de magnifiques fresques du XVIᵉ siècle. Comment s'y rendre depuis Rome : en train depuis Roma Termini jusqu'à Tivoli, puis environ 15 minutes à pied ; ou en bus depuis la station Ponte Mammolo (métro ligne B). Si vous disposez d'une journée, il est également possible de combiner la visite avec la Villa Adriana (Villa d'Hadrien), un autre site exceptionnel de Tivoli. Souhaitez-vous un itinéraire d'une journée au départ de Rome incluant la Villa d'Este et la Villa Adriana ? pistes d'inspiration de liszt à la villa d'este La Villa d'Este a profondément marqué le dernier Liszt. À partir des années 1860, il séjourne régulièrement à Tivoli, invité par le cardinal Gustav Adolf von Hohenlohe, qui résidait dans la villa. C'est là qu'il compose plusieurs pages de la Troisième année des Années de pèlerinage, où le paysage devient une véritable méditation spirituelle. Les principales sources d'inspiration sont les suivantes : Les fontaines Les cascades, les jets d'eau et leurs jeux de lumière inspirent Les Jeux d'eaux à la Villa d'Este (Les jeux d'eau à la Villa d'Este). Les arpèges scintillants du piano évoquent le ruissellement de l'eau, mais l'œuvre dépasse la simple peinture sonore : Liszt y associe une dimension mystique en inscrivant en exergue une citation de l'Évangile selon saint Jean (« l'eau vive »), symbole de la vie éternelle. Les cyprès Les immenses cyprès de la villa inspirent les deux pièces Aux cyprès de la Villa d'Este I et II (Thrénodies). Chez Liszt, ces arbres deviennent des symboles de mémoire, de deuil et d'éternité. Leur verticalité semble relier la terre au ciel dans une méditation sur la mort et la transcendance. Le jardin comme lieu de contemplation Contrairement au Liszt virtuose de sa jeunesse, le Liszt des années 1870 recherche le silence et la réflexion. Les promenades dans les terrasses, les perspectives et les jeux d'ombre des jardins nourrissent une musique beaucoup plus épurée, où chaque harmonie semble suspendre le temps. La spiritualité Après avoir reçu les ordres mineurs en 1865, Liszt est profondément marqué par sa foi. La Villa d'Este devient pour lui un lieu où la beauté de la nature révèle le divin. Les fontaines ne représentent plus seulement l'eau, mais aussi la grâce, le baptême et le renouveau spirituel. Une œuvre visionnaire Les harmonies de Les Jeux d'eaux à la Villa d'Este annoncent déjà l'impressionnisme de Debussy et surtout de Ravel. Beaucoup de musicologues considèrent cette pièce comme l'une des œuvres qui ont ouvert la voie à une nouvelle écriture pianistique, fondée sur la couleur sonore plus que sur la virtuosité. Vous pouvez également écouter cette œuvre : En visitant la Villa d'Este, il est intéressant de suivre un parcours « lisztien » : commencer par les cyprès, descendre vers l'Allée des Cent Fontaines, puis terminer devant la Fontaine de Neptune. On comprend alors comment Liszt a transformé l'eau, la lumière et le paysage en une musique d'une modernité étonnante.

  • Oeuvres pour piano et orchestre | Lola

    Les oeuvres pour piano et orchestre ★ Concerto pour piano nº 1 en mi bémol majeur 1830-1856 — S.124 Quatre sections enchaînées et un matériau thématique constamment transformé. Le piano dialogue étroitement avec l'orchestre au lieu de simplement s'y opposer. Joué à Weimar pour la première fois sous la direction de Berlioz avec Liszt au piano. Pour Bartok ce concerto est une première composition parfaite de forme sonate cyclique. Le triangle bien présent dialoguant avec le piano et l’ orchestre n’ a pas manqué de choquer à l’ époque et en choque même toujours certains aujourd'hui. Pour en savoir plus, la Tribune des critiques de disques, Radio France - Concerto n°1 en mi bémol majeur Cliquez ici ★ Concerto pour piano nº 2 en la majeur 1839-1861 — S.125 Plus poétique et moins spectaculaire que le Premier Concerto. Ses différentes sections naissent les unes des autres dans une remarquable continuité. C’ est souvent le préféré des musiciens. Il a été créé à Weimar sous la direction de Liszt. ★ Totentanz Paraphrase sur le Dies irae — 1849-1859 — S.126 Une série de transformations du Dies irae grégorien. L'écriture du piano, violente et percussive, annonce la musique du XXème avec ce que Bartok et Prokofiev feront jaillir de leur piano un siècle plus tard. Pour en savoir plus, la Tribune des critiques de disques, Radio France Cliquez ici ● Fantaisie hongroise Fantaisie sur des mélodies populaires hongroises — 1852 — S.123 Grande œuvre concertante issue du même univers musical que les Rhapsodies hongroises. ● Malédiction Pour piano et cordes — vers 1833-1840 — S.121 Œuvre de jeunesse fascinante par ses tensions harmoniques et son caractère expérimental. Sur la partition Liszt avait indiqué ; orgueil, raillerie, pleurs, angoisses, rêves. "C'est un heurt harmonique sans précédent. Cette innovation restera unique jusqu'au passage de Petrouchka d'Igor Stravinsky en 1911." Source Wikipédia. Retour à l'oeuvre de Liszt Cliquez ici

  • l'écrivain | Lola

    L'écrivain « Liszt grandit en spirale, car il présente toujours de nouvelles faces : être extraordinaire. Je ne serais pas étonné de le voir quitter la musique tout à fait pour ne s’occuper que de littérature . » Charles Alexandre, grand-duc de Saxe-Weimar-Eisenach, 1851 Liszt, penseur et philosophe érudit, fut un témoin emblématique de son siècle romantique. Écrivain prolifique, il figure dans le trio de tête des musiciens compositeurs célèbres du XIXᵉ siècle ayant le plus écrit, avec Berlioz et Wagner. Les thèmes qu’il a évoqués sont éclectiques. Ainsi dans les Lettres d’ un bachelier es musique, il s’ y montre concerné par les arts, la religion, la politique et la société dans son ensemble. Ses combats sont multiples et il n’élude aucun sujet de société dans laquelle il évolue, y compris son iniquité et les multiples injustices qu’il dénonce. Quelques thèmes de prédilection autour de la musique : Le rôle salvateur de la musique, qui relie l’homme à Dieu : « La musique doit s’enquérir du peuple et de Dieu ; aller de l’un à l’autre ; améliorer, consoler l’homme ; bénir et glorifier Dieu. » L’alliance de la musique et des autres arts : « La musique et la poésie devront-elles s’unir de plus en plus intimement pour prendre possession, l’une de l’autre, du vaste héritage qui leur est providentiellement assigné ? » Écrivains et poètes anciens comme Dante, Shakespeare, Milton, Goethe, Schiller ou Byron, ainsi que de très nombreux contemporains, tels que Lamartine, Victor Hugo ou Baudelaire, pour ne citer que les poètes français dont il fut l’ami, n’ont cessé de l’inspirer. Lamartine, qui se disait un musicien des mots, qualifiait Liszt de poète des sons. La subalternité dans laquelle sont tenus les musiciens est dénoncée dans De la situation des artistes et de leur condition dans la société. La promotion d’une musique nouvelle, dite musique de l’avenir (Zukunftsmusik). L’incompétence d’une critique trop sclérosée, qui pourfendait notamment la modernité de cette musique. Mais Liszt savait se défendre. Le public, souvent décevant, Liszt écrit : « Le public est blasé, distrait, sinon stupide ; la critique, bouffie de son importance, très réelle à l’extérieur, est souvent vénale et occupée d’intérêts tout autres que ceux de l’art et des artistes. » La critique de la musique religieuse, des concerts et des œuvres de ses contemporains. Il fut parfois mordant, notamment à l’égard de Thalberg, un concurrent de sa jeunesse ; mais, en règle générale, par ses articles et ses ouvrages, il soutint et aida de nombreux compositeurs et interprètes contemporains, comme John Field, Meyerbeer, Mendelssohn, Berlioz, Donizetti, Alkan, Chopin, Schumann, Wagner, Pauline Viardot, Bellini, Auber, et tant d’ autres, ou disparus, qu’il ne cessa de remettre en lumière, comme Palestrina, Lassus, Bach, Mozart, Gluck, Beethoven, Weber ou Schubert. C’est à Weimar (1847-1861), après avoir abandonné sa carrière de concertiste virtuose, qu’il publia l’essentiel de sa production littéraire. Notamment un livre sur Chopin, des essais sur Berlioz et Wagner et un ouvrage conséquent sur la musique tzigane, Des Bohémiens et de leur musique en Hongrie . Ensuite, déçu par tous les combats qu’il y mena, il aborda une période italienne plus religieuse et abandonna la littérature pour se concentrer sur la musique, notamment la musique d’Église, qu’il souhaitait réformer. L’écrivain, terrassé, allait laisser toute la place à l’épistolier qu’il n’avait jamais cessé d’être. L'épistolier Ses lettres autographes sont la meilleure preuve de ses capacités rédactionnelles, de ses activités de penseur et de son érudition. Elles sont bien écrites ; le style est concis et imaginatif, le vocabulaire riche, l’humour omniprésent et les aphorismes percutants. La lecture de cette correspondance impressionnante le révèle véritablement comme un observateur et un acteur de son temps. Il mettait un point d’honneur à répondre au plus grand nombre de lettres qu’il recevait du monde entier, même si cela lui apparaissait contraignant, surtout à la fin de sa vie, lorsqu’il voyait de plus en plus mal et devait être assisté pour rédiger ses réponses. Les lettres qui nous sont parvenues ne constituent que la partie émergée de son immense correspondance, que l’on n’en finit pas de découvrir et qui n’a pas encore été entièrement exploitée dans les diverses archives. Elles sont estimées à plus de 12 000 ; certains chercheurs parlent même de 18 000! Les plus importantes correspondances sont celles qu’il entretint avec les femmes de sa vie : sa mère, Anna Liszt ; ses enfants, Blandine et Cosima ; ses compagnes et amies, telles que Marie d’Agoult, Carolyne Sayn-Wittgenstein, Agnès Klindworth ou Olga Meyendorff ; ainsi qu’avec ses amis, parmi lesquels Hans von Bülow, Richard Wagner, Charles Alexandre, grand-duc de Saxe-Weimar-Eisenach, et une myriade d’autres correspondants, estimés à environ 1 200 à travers le monde. Les musicologues Pierre-Antoine Huré et Claude Knepper nous en donnent un bel aperçu grâce à la pertinence du choix des textes réunis dans Liszt en son temps . Les premières publications posthumes des oeuvres de Liszt Lina Ramann (1833-1912), recrutée par la princesse Carolyne Sayn-Wittgenstein, rédigea la première biographie de Liszt ainsi que la première analyse critique approfondie de ses œuvres. L’ensemble fut publié en trois volumes sous le titre Franz Liszt als Künstler und Mensch (« Franz Liszt, l’artiste et l’homme »). La Mara (Maria Lipsius, 1837-1927), musicologue allemande, publia les Gesammelte Schriften (« Œuvres complètes »), qui comprennent six volumes rassemblant les livres, recueils, brochures et correspondances de Liszt. Publiés après la mort du compositeur, de 1893 à 1918, ils mirent à la disposition des chercheurs un total d’au moins 4 000 lettres, qu’elle soumit malheureusement parfois à sa propre censure. Volume 1 — F. Chopin (1852) Volume 2 — Articles de la Revue et Gazette musicale (1834-1840) De la situation des artistes et de leur condition dans la société Lettres d’un bachelier ès musique Volume 3 — Pages consacrées au théâtre lyrique (1854-1856) Richard Wagner Volume 4 — Des Annales du Progrès (1855-1858) Volume 5 — Incursions : critiques, polémiques et sujets d’actualité (1850-1858) Volume 6 — Des Bohémiens et de leur musique en Hongrie (1859) La Mara publia en tout une vingtaine de volumes comprenant notamment la correspondance de Liszt avec Hans von Bülow, Charles Alexandre, grand-duc de Saxe-Weimar-Eisenach, ainsi qu’avec sa mère, Anna Liszt. Peter Raabe (1872-1945), directeur du musée Liszt à Weimar, publia Franz Liszt : Leben und Schaffen (Vie et œuvre) en deux volumes. Cet ouvrage présente néanmoins plusieurs erreurs. Raabe réalisa également le premier grand catalogue des compositions de Liszt. Daniel Ollivier, petit-fils de Liszt, publia la correspondance de Liszt avec la comtesse d’Agoult, ainsi que les correspondances de Liszt avec sa mère et sa fille, Madame Émile Ollivier. Aujourd’hui, on trouve de nombreuses éditions et rééditions critiques de ses œuvres et de sa correspondance, plus scientifiques et accompagnées de commentaires de grande valeur, comme Liszt épistolier de Christiane Bourrel. Un amoureux de la langue française Il fut élevé dans un contexte germanophone, mais ses parents ne parlaient qu’un allemand dénaturé, celui du Burgenland. La Hongrie était alors sous domination autrichienne. C’est pourtant le français qui devint sa langue dominante. Lorsqu’il arriva à Paris, à l’âge de douze ans, il ne possédait encore que quelques notions de français. Citons Adam Liszt, père de Franz : « Je suis venu à Paris (...) pour perfectionner le talent de mon fils par l’audition des grands artistes que cette capitale renferme en si grand nombre et pour lui faire cultiver la langue française, dont il a déjà quelques notions et que l’on peut appeler à juste titre la langue européenne. » De plus, il ne bénéficia pas d’une scolarité normale, puisqu’il passa sa jeunesse, en tant que petit génie, à être exhibé un peu partout en Europe, comme le fut Mozart par son père. Il rappelle sans cesse à ses filles, dans sa correspondance, qu’elles ont eu la chance de pouvoir étudier et que cela lui a beaucoup manqué. Cette absence de scolarité, il la regrettera toute sa vie. On peut considérer que, par rapport à beaucoup d’autres compositeurs célèbres de son époque, tels que Chopin, Wagner, Mendelssohn, Schumann ou Meyerbeer, il fut un autodidacte. En tout cas, le jeune Liszt, grand lecteur, très doué et doté d’une excellente mémoire, fit rapidement d’énormes progrès en français. Pour en savoir plus, lettre inédite écrite par Liszt à l'âge de 14 ans, contribution de Stéphane Monier Cliquer ici Puis, en fréquentant, à partir de 1830, tout l’aréopage parisien des célébrités les plus cultivées — Victor Hugo, à qui il donna des cours de piano, Alexandre Dumas, Berlioz, Musset, George Sand, Chopin, Balzac, Théophile Gautier, Lamartine —, il s’immergea intensément dans cette culture et rattrapa son retard. « Voici quinze jours que mon esprit et mes doigts travaillent comme deux damnés. Homère, la Bible, Platon, Locke, Byron, Hugo, Lamartine, Chateaubriand, Beethoven, Bach, Hummel, Mozart, Weber sont tous autour de moi. Je les étudie, les médite, les dévore avec fureur… » , écrit-il à Marie d’Agoult. Il retrouvera avec elle l’allemand, sa langue maternelle. Marie avait été élevée dans cette culture par sa mère d’origine allemande. Plus tard, en 1848, lorsqu’il s’installera à Weimar, on peut dire qu’il deviendra bilingue, bien qu’il ne le reconnaisse jamais vraiment, se reprochant l’indigence de son allemand écrit et préférant écrire en français à sa mère, restée à Paris, à qui il impose cette langue dans leurs échanges. Même s’il n’en est jamais satisfait, il manie le français avec élégance. Il apprécie les traits d’esprit, l’humour ; il aime les maximes et les proverbes. « J’ai toujours eu le goût des proverbes, dictons, maximes, aphorismes, devises », écrira-t-il. Il était obsédé par le style et ne laissait rien au hasard, à commencer par la ponctuation. Voici l’un des nombreux conseils qu’il donnait à ses filles : « Apprenez à distinguer le point et la virgule ; le double point ; et n’abusez pas trop du trait de séparation ou d’union, qui est un expédient fort commode et très utilisé depuis quelque temps par les écrivains dépourvus de style. » Il admirait Flaubert qui, d’ailleurs, n’était, comme George Sand et lui-même, jamais satisfait de ses propres écrits. Son vocabulaire, très riche, est le fruit de sa culture des textes anciens, de sa connaissance du vieux français acquise par ses lectures, mais aussi de sa culture cosmopolite, nourrie par une vie passée à parcourir l’Europe, principalement la France, la Hongrie, l’Allemagne, l’Italie et la Grande-Bretagne. Il emploie ainsi des mots inhabituels et des néologismes, jamais farfelus, qui avaient toujours un sens et auraient parfois mérité d’être retenus. Sa prose est, comme lui, duale. Elle peut être généreuse, lyrique, fleurie, enthousiaste, avec d’importantes digressions — ce que lui reprochait son gendre Émile Ollivier —, mais elle peut aussi être condensée et concise. Liszt apprécie la brièveté : « Excusez moi, je n’ai pas eu le temps de faire court », écrivait il à un ami… Dans son Richard Wagner et Tannhäuser , Baudelaire a vanté les qualités de la prose lisztienne : « Ici je laisse humblement la parole à Liszt, dont, par occasion, je recommande le livre (Lohengrin et Tannhäuser) à tous les amateurs de l’art profond et raffiné, et qui sait, malgré cette langue un peu bizarre qu’il affecte, espèce d’idiome composé d’extraits de plusieurs langues, traduire avec un charme infini toute la rhétorique du maître. » Dans un autre poème, Le Thyrse , que Baudelaire dédia à Liszt, il rend de nouveau hommage au musicien et à l’écrivain : « Cher Liszt (…) Improvisant des chants de délectation ou d’ineffable douleur, ou confiant au papier vos méditations abstruses, chantre de la Volupté et de l’Angoisse éternelles, philosophe, poète et artiste, je vous salue en l’immortalité. » Paternité de ses écrits On a beaucoup glosé sur le fait que Liszt n’aurait pas été l’auteur de ses écrits, mais que ce furent d’abord la comtesse Marie d’Agoult pour les œuvres de jeunesse (1834-1842), puis Carolyne Sayn-Wittgenstein pour les œuvres publiées à partir de 1848. Liszt, très occupé par ses fonctions musicales et ne maîtrisant pas parfaitement le français, qu’il avait acquis tardivement, souffrait d’un excès de modestie, comme nous l’avons vu, et ne cessait de s’autocritiquer : « Je souffre parfois amèrement de ne pouvoir manier la parole comme je manie les touches de mon clavier ». Pourtant il était très érudit comme en témoigne une de ses compatriotes Janka Wohl : "Liszt avait une erudition d'autant plus remarquable qu'elle embrassait plusieurs littératures(...) Souvent je restais ébahie devant cette mémoire colossale doublée d'un savoir infini, qu'il élargissait sans cesse". Et pourtant Franz Liszt fut un grand « complexé », qui ne cessa de se méjuger, tant sur ses talents de compositeur que sur ceux d’écrivain polyglotte. Ainsi, l’utilisation de l’adjectif faible pour désigner ses ouvrages — « la propagation de mes faibles ouvrages » — est récurrente, comme le souligne Christiane Bourrel dans son livre Liszt épistolier. Il prit donc l’habitude de faire relire ses écrits par ses deux compagnes, Marie, puis, plus tard, Carolyne, établissant avec elles une forme de collaboration allant de la simple relecture à une participation plus importante à la rédaction. Il leur fournissait la trame et les idées afin qu’elles puissent développer le sujet, comme le prouvent plusieurs correspondances. Parfois, elles pouvaient même rédiger l’intégralité d’un article, comme ce fut le cas de la première des Lettres d’un bachelier ès musique, rédigée par Marie d’Agoult. Cette dernière écrit dans ses Mémoires qu’elle l’a aidé : « J’ai eu pendant de longues années une défiance de moi excessive, et je ne songeais pas à faire autre chose de ma plume qu’à aider Liszt à faire ses articles de musique. » On peut penser que, si elle avait fait davantage qu’aider Liszt, elle ne se serait pas privée de le faire savoir, tant sa rancœur et son désir de vengeance à son égard étaient forts. Plus tard, Carolyne de Sayn-Wittgenstein insista auprès de Liszt pour assurer la révision de deux de ses ouvrages en vue d’une réédition : Chopin et Des Bohémiens et de leur musique en Hongrie . Liszt regretta ensuite cette décision, tant le style et certaines idées de Carolyne bouleversèrent ces deux œuvres, allant jusqu’à faire passer Liszt pour antisémite, ce qu’il ne fut jamais. Par égard pour Carolyne, il n’osa cependant pas désavouer publiquement les modifications qu’elle y avait apportées. Ce qui contribua également à faire douter de la paternité de ses écrits fut le faible nombre de manuscrits autographes retrouvés. Liszt avait en effet pris l’habitude de dicter ses textes, comme en témoigne Lina Ramann, autrice de la première biographie de Liszt, qui vécut auprès de Carolyne : « La princesse devint la secrétaire de Liszt… Il lui dictait ou lui indiquait ses pensées ainsi que le fil de ses idées, ou bien tous deux discutaient ensemble d’un sujet. La princesse transformait aussitôt le résumé de la discussion en un essai ou en un chapitre. » Marie, la fille de Carolyne, à l’Altenburg de Weimar, confirme cette version : Liszt dictait à sa mère — d’où l’absence de documents autographes —, puis il corrigeait scrupuleusement le texte, souvent oralement, avant que les élèves n’en assurent la traduction en allemand. À de rares exceptions près, quel que fût le niveau de participation de son entourage, c’est Liszt qui imposait ses idées et cherchait toujours à conserver le contrôle des écrits qu’il signait. D’ailleurs, aucun manuscrit autographe de Marie d’Agoult ou de Carolyne Sayn-Wittgenstein correspondant à des textes publiés sous le nom de Liszt n’a été retrouvé. Pourtant, la rumeur d’un Liszt qui ne serait pas l’auteur de ses œuvres littéraires n’a cessé de croître et de s’enkyster. Elle fut renforcée par les écrits de certains musicographes, comme Peter Raabe, Émile Haraszti ou Ernest Newman, influençant les biographes ultérieurs, qui ne cherchèrent pas toujours à vérifier le véritable degré de participation de ses collaboratrices. Or, aujourd’hui, les musicologues ne cessent de découvrir de nouveaux autographes, prouvant que Liszt fut un écrivain à part entière, même si une collaboration effective de ses deux compagnes est désormais établie. Encore une fois, rien ne semble avoir été pardonné à Liszt. Pourtant, il nous paraît aujourd’hui naturel que les auteurs soumettent leurs textes à un examen critique et s’entourent de documentalistes, de secrétaires, de correcteurs ou de relecteurs. Et que dire désormais de l’intelligence artificielle ? Combien d’écrivains ont eu recours à ce que l’on appelle des prête-plume ou des écrivains fantômes ? Auguste Maquet, contemporain de Liszt, demeure le plus célèbre d’entre eux pour sa collaboration avec Alexandre Dumas. Ce dernier n’avait d’ailleurs pas hésité à accuser Berlioz d’être le « ghost writer » de Louise Bertin. On peut également citer Paul Arène auprès d’Alphonse Daudet ou encore Erik Orsenna auprès de François Mitterrand. Les exemples sont nombreux, et nous les ignorons souvent. Heureusement, les chercheurs de la nouvelle génération, plus rigoureux dans leur démarche scientifique, ont su replacer la participation des deux compagnes de Liszt à sa juste mesure. À propos de Liszt écrivain, il convient de citer les riches analyses de Nicolas Dufetel, un lisztien érudit, dans plusieurs de ses publications, notamment Le Hérisson . Éditions Le Passeur 2016 Aujourd’hui, cette question devrait être un non sujet. Le recours d’Alexandre Dumas à un prête-plume ne l’a pas empêché de reposer au Panthéon. Laissons-nous donc porter, comme le disait Baudelaire, par le « charme » de la prose de Liszt et par son « art profond et raffiné » . Ce qu’on a écrit sur lui Novateur éclectique, doué en tout, mais aussi homme de paradoxes et personnage profondément dual, Liszt, par la longueur de sa vie comme par l’ampleur de son génie, a intrigué ses contemporains et continue de susciter une abondante littérature. Les publications qui lui sont consacrées sont foisonnantes. Des ouvrages de témoignage rédigés par ses nombreux élèves, qui, de retour chez eux, s’empressaient de raconter leur expérience auprès du maître, aux romans de vulgarisation, tels que La vie de Liszt est un roman de Zsolt Harsányi, jusqu’aux nombreux travaux des chercheurs, dont les publications scientifiques, aussi salutaires qu’exigeantes, s’efforcent de percer le mystère Liszt et de tendre vers un plus large consensus. Principalement issus des pays où il vécut longtemps — l’Allemagne, la France, l’Italie et la Hongrie, son pays natal —, ces travaux sont aujourd’hui estimés à plus de 10 000 ouvrages qui lui sont consacrés à travers le monde, même si une part importante d’entre eux relève du roman. Ces derniers, plus facilement disponibles que les travaux de recherche, constituent néanmoins, pour certains lecteurs, une porte d’entrée vers son immense œuvre musicale et littéraire. Copyright FQM Sources, voir menu C onnaître Franz Liszt/bibliographie Et plus particulièrement : Pierre-Antoine Huré et Claude Kneper Liszt en son temps , Hachette Littérature 1987 Christiane Bourrel, Franz Liszt épistolier, Lettres à son entourage professionnel et familier, Editions Honoré Champion Paris 2024 Nicolas Dufetel, Liszt et le hérisson dans Liszt Franz, Tout le ciel en musique . Pensées intempestives Le Passeur 2016 P our un texte agrandi cliquer ici Charles Baudelaire 1821-1867 Carolyne Sayn-Wittgenstein Alexandre Dumas 1802-1870 L'Altenburg, demeure de Liszt à Weimar Lina Ramann 1893-1912 Maria Lipsius, La Mara 1837-1927 Peter Raabe 1872-1945 Franz Liszt en 1825, 14 ans Retour à Liszt et sa carrière Cliquer ici

  • Le virtuose | Lola

    Franz Liszt, virtuose Par Catherine Joly, pianiste concertiste, professeure Biographie Cliquez ici Qu’est-ce qu’un virtuose ? Un artiste au talent exceptionnel et à la maîtrise technique extraordinaire, surmontant les plus grandes difficultés avec infiniment de facilité. LISZT a été le plus grand virtuose de tous les temps, et sa gloire de pianiste a été incommensurable ! Comme le note Serge Gut, la prodigieuse virtuosité de LISZT résulte de la conjonction de son incomparable don de « fascination magnétique », allié à une technique éblouissante hors pair, et une sensibilité suprêmement aiguisée. LISZT est l’inventeur de la technique dite « transcendante », un langage nouveau qui n’existait pas auparavant. (Se référer aux « Etudes d’exécution transcendante », le titre en dit long). Il y a en fait 3 aspects dans cette REVOLUTION de la Technique du Piano : -la révolution de l’écriture pianistique, par ses formes, -l’évolution dans la manière de l’interpréter, c’est-à-dire la gestuelle, -l’amélioration de la mécanique des pianos au 19ème siècle: le développement technique de l’instrument, grâce à Liszt. L’Ecriture : les OCTAVES deviennent martelées, alternées aux 2 mains, souvent chromatiques, permettant de grands crescendo (c’est une invention de Liszt !). Ces octaves amples et fréquentes ne se trouvent pas avant Liszt. Et le redoublement à l’octave de la mélodie, permet le « pathos » déclamatoire typique de Liszt. Les Trilles deviennent des TREMOLOS = Trilles plus riches en doubles notes. Cette alternance des mains dans les trilles assure plus de puissance, plus de brillance, par l’exploitation du poids du bras. Mentionnons enfin les SAUTS fulgurants (cf. la Campanella ), et vertigineux (cf. Méphisto-Valse ). Toutes ces figures d’écriture restent chez Liszt (malgré la difficulté technique), très « pianistiques », c’est-à-dire adaptées à l’instrument, contrairement à Schumann et Brahms… qui n’étaient pas virtuoses comme Liszt ! La Gestuelle : le nouveau style de Liszt fut nommé « La grande manière » (Grand Style, « grand piano »), avec un jeu fougueux, orchestral, virtuose. LISZT transfère directement la force du dos, des épaules et des bras aux doigts, ce qui explique la haute position de ses mains et de ses doigts sur les illustrations. Cette technique permet une variété de touchers inconnue jusqu’alors. En pratique, Liszt combine en permanence avec ses bras des poussées vers le haut, des gestes vers le bas, ainsi que des impulsions, des rebondissements… L’amélioration des pianos : Liszt joua souvent sur un Pleyel et le trouvait insuffisant : il le dépréciait en l’appelant « pianino ». L’ERARD de 7 octaves (piano typique de Liszt) avec son jeu plus lourd et sa sonorité plus ample, était plus adapté à son style pianistique. Puis les STEINWAY et BECHSTEIN, encore plus solides, arrivèrent vers 1850. C’est LISZT qui sortit le piano du salon (où jouait exclusivement Chopin) et le plaça dans la salle de concert moderne. Quand en 1837, il donna un récital devant 3000 spectateurs à la Scala de Milan, il a démocratisé cet instrument. LISZT est l’inventeur du « RECITAL » de piano. Aux ORIGINES de la Révolution de la technique du piano avec LISZT : 3 « chocs » dans sa carrière : -La « Symphonie fantastique » de BERLIOZ ( qu’il a transcrite pour piano), -Choc de son ami CHOPIN, qu’il a entendu dans les Salons Pleyel, -et surtout le choc PAGANINI ! En 1832, LISZT entend Paganini à Paris : il est impressionné, bouleversé par le génie diabolique du virtuose de l’archet, qui exerce sur lui une fascination incroyable ! Paganini avait un charme ensorcelant, et créait l’illusion (au violon) de différents instruments. LISZT reprit de Paganini l’art de subjuguer les foules, grâce à un don d’hypnotiseur et de séducteur ! On peut dire que Liszt est le véritable « héritier » de Paganini. Il a exploité toutes les ressources du piano dans e but d’opérer une projection sonore dans de grandes salles. Ce fut, selon son expression, une « Orchestration » du piano, qui lui permit aussi de réaliser de très nombreuses transcriptions d’œuvres symphoniques et d’opéras divers… Citons une œuvre (entre autres) où Liszt devient réellement le « Paganini du piano » : la « Grande Fantaisie de bravoure sur la Clochette de Paganini » (d’après le Rondo du 2 e concerto pour violon ) devient ensuite la scintillante CAMPANELLA , où Liszt rivalise avec les prouesses acrobatiques de son modèle, et crée une technique nouvelle qui exploite de manière étincelante le registre aigu du piano. En composant ses «Etudes d’après Paganini », Liszt déclarait : «Mon esprit et mes doigts travaillent comme des damnés »… Il est important de noter que chez LISZT, les grands passages virtuoses sont bien loin d’être un simple étalage de bravoure technique, que beaucoup interprètent malheureusement ainsi ! Ils sont avant tout l’expression de force, de passion, de grandeur, du sens le plus élevé de la vie dans la joie comme dans la douleur. L’élément mécanique se transmue en POESIE … Il y a encore des préjugés sur cette virtuosité de LISZT : on le catalogue hélas comme un virtuose qui épate les foules, en oubliant son côté merveilleusement sensible, son côté mystique méconnu. En conclusion, les puissants moyens techniques qu’utilise LISZT dans son écriture, permettent l’expression totale de son AME. Par sa révolution de la technique du piano, LISZT a été un Visionnaire, et le PERE de la Musique Moderne . Il a influencé aussi bien Debussy, Ravel, Saint-Saëns, Albéniz, que Wagner, Busoni, Scriabine, Rachmaninov, et Messiaen. Catherine Joly Podcast, Fréquence Protestante et Catherine Joly, Dans les pas de Liszt, Franz Liszt et Stephen Heller Cliquez ici Liszt, un virtuose caricaturé Les caricatures de Liszt au piano notamment pendant sa Glanzperiod sont célèbres en particulier celles de János Janko peintre et caricaturiste Hongrois publiées en 1873 et celle du peintre portraitiste Henri Lehmann le montrant en gravitation alors qu´il interprète son fameux galop chromatique. Liszt vivait sa musique avec tout son corps et cela était innovant voire choquant pour l’époque aussi ne manquait on pas de l’opposer à son non moins célèbre et concurrent de l’époque, Sigismund Thalberg . Citons Heinrich Heine , écrivain allemand : « Il est impossible d’imaginer un contraste plus tranché que Thalberg, noble, sensible, intelligent, tendre, calme, Allemand et même Autrichien opposé à Liszt, emporté, orageux, volcanique, fougueux comme un titan » François Joseph Fétis , musicien et critique Belge qui détestait Liszt, autant que Heine , conclura que Thalberg est le champion de la musique de l’ avenir et Liszt l’ apôtre du passé ! Quelle clairvoyance ! Liszt a été le premier à mettre tout son corps y compris sa magnifique chevelure en osmose avec la musique qu’il jouait. Il entrait ainsi en transe subjuguant son public par sa virtuosité et son fascinant charisme. Cela lui vaudra des charges bien imagées, Heine que nous venons de citer : « Quand il s’assied au piano, qu’il a rejeté plusieurs fois en arrière sa longue chevelure et qu’il commence à improviser, il se jette souvent avec furie sur les touches d’ivoire, alors surgit une forêt de pensées chaotiques … ». Plus tard en 1841, il écrira : « Liszt est une sorte de phénomène météorologique, quand il dépeint un orage au piano, nous voyons des éclairs ébranlant ses traits convulsifs, ses membres semblent secoués par la tempête et ses longs cheveux semblent ruisseler de plui e » De nombreux autres témoignages dépeignent Liszt au piano, parmi les plus célèbres - Friedrich Wieck professeur de piano allemand, père de Clara Schuman, « Certains pianistes transpirent, balayent leurs cheveux qui tombent sur leurs yeux, lorgnent l’auditoire tout énamourés d’eux-mêmes. » - Ernest Legouvé , écrivain français le décrit comme "un animal sauvage jetant constamment ses cheveux en arrière, ses lèvres tremblantes, ses narines palpitantes, balayant le public de son sourire". - Louis Moreau Gottschalk , pianiste et compositeur américain, fit en 1860, l’une des charges les plus féroces « Quand il jouait, le mouvement de sa tête, le balancement miraculeux de son corps, les contractions de ses énormes doigts le faisait ressembler à un fakir dans les affres d’ une convulsion extatique. Se penchant en arrière , les yeux fermés, la bouche serrée, secouant son immense chevelure, se ruant sur le clavier comme une bête sauvage sur une proie, balayant de ses cheveux les touches, les emmêlant de ses doigts sur ses yeux endoloris, il semblait lutter comme les anciens pythons dans l’ étreinte d’ un dieu invisible ». Nous voyons que la chevelure fait largement partie du mythe lisztien . Pourtant Liszt n´ a pas été le premier à adopter cette coiffure romantique, à commencer par Beethoven et surtout Paganini. Il eut de nombreux suiveurs notamment parmi ses disciples, comme Anton Rubinstein et Arthur Friedheim qui tous deux avaient coutume de rejeter leurs cheveux en arrière quand ils jouaient. Toutes ces démonstrations acrobatiques étaient-elles gratuites, répondaient elles au désir de Liszt de se faire de la publicité ou plutôt, comme l’explique Jean Marc Onkelinx sur son blog, ne sont-elles pas liées à la pensée musicale très sophistiquée de Liszt : «Le geste possède une signification strictement musicale et même s’ il peut impressionner l’ auditeur et le spectateur, cette libération du corps permet au piano de faire un bond en avant. Et cela c’était vraiment nouveau » ? FQM Auriez-vous aimé avoir Liszt comme voisin ? Voici un texte publié dans Liszt en son temps de Pierre Antoine Huré et Claude Knepper (Hachette Littérature) dont nous vous conseillons la lecture en raison de la pertinence des documents choisis et annotés. Liszt travaillait de façon répétitive suivant les conseils de son maître Czerny qu’il n’a jamais désavoué. Liszt disait que ces exercices répétitifs et fastidieux étaient nécessaires et ajoutait qu’ il les travaillait pendant des heures tout en lisant pour ne pas s’ ennuyer. Ainsi, lassée de ces répétitions, la Comtesse Dash, dans l'extrait ci-dessous, nous montre des voisins voulant faire déménager Liszt. Pour voir le texte Cliquez ici La modernisation de la technique des pianos D’autres éléments ont contribué au 19ieme siècle à améliorer la qualité, la rapidité du jeu, c’est la modernisation de la technique des pianos. Apparition du piano à 8 octaves, une plus grande longueur des cordes, les marteaux de cuir sont remplacés par des feutres et surtout le double échappement mis en place par Erard en 1821, amélioré en 1833, qui autorise une répétition rapide des notes. Sources, voir menu C onnaître Franz Liszt/bibliographie Et plus particulièrement : Burger, Ernst Franz Liszt. Chronique en images et en documents, Paris, Fayard, 1988. Moysan Bruno , Liszt virtuose subversif , Lyon, Symétrie, Collection Perpetuum mobile « L’ excellent Liszt, virtuose subversif de Bruno Moysan renouvelle notre vision du romantisme en proposant une (re)lecture érudite et captivante du genre mésestimé de la Fantaisie pour piano, situé au croisement du musical, de l’ historique, du social et du politique. » Pianiste Reynaud, Cécile, Liszt et le virtuose romantique, Paris, Honoré Champion, 2006. Jankélévitch, Vladimir, Liszt et la rhapsodie. Essai sur la virtuosité, Paris, Plon, 2019. Podcasts France musique Anne-Charlotte Remond Musicopolis France Musique Liszt un virtuose moderne Pour en savoir plus Cliquez ici Une matinée chez Franz Liszt Lithographie de Josef Kriehuber 1846 Concert du 18 mai 1872, salle de la Redoute Budapest Peinture de Schams et Lafitte Liszt au piano 1869 par Edgard Hanfstaeng Caricature de Henri Lehmann. Liszt a 32 ans, il est au cœur de sa Glanz-Period. Lehman peintre, ami de Liszt et de Marie d'Agoult dont il réalisa plusieurs portraits. Cette caricature est intitulée Galop chromatique exécutée par le Diable de l’harmonie le 18 avril 1843. Liszt semble léviter de son siège, accréditant les critiques de ses acrobaties au piano. Il se mettait tout en mouvement, doigts, poignets, bras corps et même la chevelure dont il jouait provoquant parfois l’hystérie des foules et la fameuse Lisztomania Wikimedia Commons Caricatures de Janos Janko Portrait-charge de Liszt, sculpture de JP Dantan Wikimédia Commons Piano Erard sur lequel Liszt donna une série de concerts en 1844 Musée de la musique Retour à la carrière de Liszt Cliquez ici

  • Musique de chambre et orgue | Lola

    La musique de chambre et musique pour orgue La musique de chambre Liszt a relativement peu écrit pour la musique de chambre. Ce petit corpus est néanmoins précieux, notamment parce qu'il permet d'observer sa pratique constante de la réécriture. ★ Duo — Sonate Pour violon et piano, sur des thèmes polonais — S.127 Une ambitieuse œuvre de jeunesse qui montre que Liszt s'intéressa très tôt au dialogue entre le piano et un autre instrument. ● Grand Duo concertant Sur Le Marin de Lafont — S.128 Œuvre brillante pour violon et piano dans laquelle les deux instruments sont traités comme de véritables partenaires virtuoses. ● Romance oubliée Romance oubliée — S.132 Œuvre tardive d'une grande intériorité, connue notamment dans sa version pour alto et piano. ● La lugubre gondole Liszt adapta cette méditation funèbre pour différents effectifs. Les versions avec instrument à cordes donnent à la ligne mélodique une couleur particulièrement sombre. ○ Pour aller plus loin ○ Élégie nº 1 ○ Élégie nº 2 ○ Die Zelle in Nonnenwerth ○ Am Grabe Richard Wagners Oeuvres pour orgue ★ Fantaisie et Fugue sur « Ad nos, ad salutarem undam » 1850 — S.259 Fondée sur le choral des anabaptistes du Prophète de Meyerbeer. Par son ampleur et sa construction, l'œuvre est parfois comparée à un poème symphonique pour orgue. Pour en savoir plus Cliquez ici A lire aussi, Liszt et l'orgue, dossier (4) Crescendo Magazine par Benoît Jacquemin Cliquez ici ★ Prélude et Fugue sur B-A-C-H 1855, révision 1870 — S.260 Les notes correspondant en notation allemande aux lettres B-A-C-H fournissent la cellule fondamentale d'une œuvre qui associe hommage à Bach et langage harmonique romantique. ★ Variations sur « Weinen, Klagen, Sorgen, Zagen » 1862 — S.673 Liszt utilise la basse chromatique d'une cantate de Bach, également présente dans le Crucifixus de la Messe en si mineur, pour construire une vaste méditation sur la douleur. ● Évocation à la Chapelle Sixtine S.658 Liszt rapproche dans une même méditation musicale Allegri et Mozart, deux compositeurs associés pour lui au souvenir de la Chapelle Sixtine. Retour à l'oeuvre de Liszt Cliquez ici

  • La Dante Symphonie | Lola

    La Dante Symphonie "comprendre le sens mystérieux du poème de Dante" "Dante accompagna Liszt toute sa vie : dès les années 1830, il lui inspira une pièce de piano qui devint Après une lecture du Dante, d’après Victor Hugo, insérée dans la deuxième Année de pèlerinage (Italie). Au cours de ses tournées de virtuose, il voulut par la suite composer la Divine Comédie, en collaboration avec le poète Joseph Autran, pour orchestre, récitant et chœur. Cependant, il attendit d’être installé à Weimar pour finalement composer sa Dante-Symphonie entre 1855 et 1856. Wagner considérait cette œuvre, qui lui est dédiée, comme une « création aussi géniale que magistrale ». Selon lui, elle représentait « l’âme du poème de Dante dans sa transfiguration la plus pure » et, la musique se faisant exégèse, elle permettrait de comprendre le sens mystérieux du poème de Dante. On a par exemple souvent écrit que Liszt n’avait pas mis en musique le Paradis, puisque l’œuvre paraît être en deux mouvements : « Inferno » et « Purgatorio et Magnificat ». Cependant, la symphonie de Liszt, selon ses conceptions de la musique à programme, est comme une « vision » presque surnaturelle confiée au pouvoir de la musique. La conférence, illustrée par des documents inédits ou peu connus, se propose de revenir sur l’histoire, les mystères et le sens philosophique et religieux de cette œuvre unique, « un des actes les plus étonnants de la musique » selon Wagner". Nicolas DUFETEL*, extrait d'une conférence donnée à la Philharmonie de Paris le 15 novembre 2018 avant l'interprétation de l'oeuvre par l'Orchestre de Paris *Nicolas DUFETEL est chargé de recherche au CNRS (IReMus/Institut de recherche en musicologie, Paris). Ancien Fellow de la Houghton Library (Harvard, 2009) et postdoc à la BnF et à la Hochschule für Musik Franz Liszt de Weimar (Institut für Musikwissenschaft /Humboldt Stiftung), il enseigne à l’Université catholique de l’Ouest (Angers). Ses travaux portent sur Liszt, le XIXe siècle et l’histoire de la musique au Levant. Auteur d’une thèse sur la musique religieuse de Liszt, il a notamment publié l’édition critique du livre de ce dernier sur Wagner, Trois opéras de Richard Wagner (2013), Tout le ciel en musique. Pensées intempestives de Liszt (2016) et la Correspondance entre Liszt et Carl Alexander, grand-duc de Saxe-Weimar (2018). La Dante Symphonie : Dossier de la Philharmonie de Paris Cliquez ici ...et aussi "Dante nous hante" les chemins de la philosophie (diffusé le 23/10/2017 sur France Culture) Podcast "Mauvaises rencontres en enfer" Cliquez ici Retour à Oeuvre FL Cliquez ici

  • Sur le Web | Lola

    Ressources numériques, sites internet et podcasts Écouter, regarder, lire, découvrir et approfondir Internet est aujourd'hui une formidable porte d'entrée dans l'univers de Franz Liszt. Émissions de radio, podcasts, documentaires, concerts, guides d'écoute, partitions, manuscrits et correspondances permettent de découvrir Liszt de multiples façons — et le plus souvent gratuitement. Cette sélection privilégie des ressources accessibles et de qualité pour tout niveau, susceptibles de donner envie de découvrir Liszt ou d'approfondir sa connaissance. Découvrir Franz Liszt France Culture — Une vie, une œuvre « Franz Liszt, entre ciel et terre », émission de Mathieu Garrigou-Lagrange, France Culture, 2011. Une émission pour découvrir l'homme, sa personnalité, sa vie et son œuvre. Pour écouter : Cliquer ici France Musique — Une heure, un compositeur « Une heure, un compositeur : Franz Liszt », Stars du classique, France Musique, 19 mai 2023. Une excellente première approche, largement illustrée par la musique. Pour écouter : Cliquer ici France Musique — 10 petites choses… « 10 petites choses que vous ne savez peut-être pas sur Liszt » Une présentation courte et accessible de quelques aspects parfois méconnus du compositeur. Pour lire : Cliquer ici France Musique — Musicopolis France Musique, Anne Charlotte Rémond, a consacré une série de cinq émissions à Franz Liszt. Le premier épisode, « Liszt à Weimar, Budapest et Rome en 1877 », nous fait notamment découvrir le Liszt des dernières années et cette étonnante « vie trifurquée » entre trois villes. Pour écouter la série : Cliquer ici France Musique - Les trésors de France Musique Feuilleton en 10 épisodes Franz Liszt production Robert Arnaut, illustrés avec bruitages et musique, légèrement romancé, initiation plaisante si vous n'avez pas le temps de lire Pour écouter : Cliquer ici France Musique « Découvrir Liszt en 5 morceaux » Quelques œuvres pour rencontrer différentes facettes du compositeur. Pour écouter : Cliquez ici Radio Classique Radio Classique propose plusieurs émissions et portraits de Franz Liszt accompagnés de nombreuses illustrations musicales. Pour lire et écouter : Cliquer ici Radio Classique "Liszt et la pop culture" : Lisztomanias par le groupe Phoenix, extrait de l'album Wolfgang Amadeus Phoenix 2009 Cliquez ici RTBF — Radio-télévision belge francophone La RTBF rassemble de nombreux contenus consacrés à Franz Liszt. On y trouve notamment « Les amours de Liszt » ainsi qu'un feuilleton en cinq épisodes consacré à Franz Liszt et Caroline de Saint-Cricq. Pour découvrir les émissions consacrées à Liszt : Cliquer ici "Les amours de Franz Liszt" Franz Liszt et Caroline de Saint-Cricq Pour écouter Cliquer ici ARTE HD - Liszt - un virtuose visionnaire Ce documentaire de Judit Kele, France 2010 des Films d'Ici, constitue, une première approche facile pour ceux qui découvrent Franz Liszt. Pour voir le documentaire (diffusé par Eduard Moya, août 2026) : Cliquer ici La Tribune des critiques de disques — France Musique La Tribune des critiques de disques a confronté différentes interprétations de plusieurs grandes œuvres de Franz Liszt. Une excellente façon de découvrir qu'une même partition peut susciter des lectures très différentes. Parmi les émissions consacrées à Liszt : Sonate pour piano en si mineur Pour écouter : Cliquez ici Harmonies poétiques et religieuses Pour écouter : Cliquez ici Faust-Symphonie Pour écouter : Cliquez ici Douze Études d'exécution transcendante Pour écouter : Cliquez ici Danse macabre Pour écouter : Cliquez ici Concerto pour piano n° 1 en mi bémol majeur Pour écouter : Cliquez ici Philippe Cassard — France Musique Le pianiste Philippe Cassard a régulièrement abordé Liszt et ses interprètes dans ses émissions. Notes du traducteur — Les Années de Pèlerinage : Les Trois Sonnets de Pétrarque Pour écouter : Cliquer ici Portraits de famille — La Sonate de Liszt à travers ses interprètes Pour écouter : Cliquer ici Dans les pas de Liszt — Fréquence Protestante Paul-Hubert des Mesnards et Catherine Gras reçoivent régulièrement des artistes, écrivains, musicologues et personnalités passionnés par Franz Liszt. Ces entretiens permettent de découvrir Liszt à travers des regards, des sensibilités et des expériences très différents. Pour accéder aux podcasts des émissions Cliquer ici IMSLP — International Music Score Library Project Derrière ce sigle un peu mystérieux se cache une extraordinaire bibliothèque musicale numérique internationale. IMSLP (International Music Score Library Project) permet de consulter gratuitement une immense collection de partitions, principalement dans le domaine public. Pour Franz Liszt, on y trouve ses œuvres originales, ses transcriptions et arrangements, mais également différentes éditions, dont de nombreuses éditions anciennes. Cette ressource intéressera naturellement les musiciens, mais pas seulement. Feuilleter une partition de Liszt, comparer différentes éditions ou simplement découvrir l'ampleur de son catalogue constitue une autre manière d'entrer dans son univers. Pour consulter les œuvres et partitions de Franz Liszt : Cliquez ici Gallica — Bibliothèque nationale de France Gallica permet de consulter gratuitement de très nombreux documents anciens concernant Liszt : partitions, livres, journaux et revues du XIXᵉ siècle, iconographie et autres documents numérisés. Une ressource précieuse pour remonter aux documents de l'époque. Pour rechercher Franz Liszt dans Gallica : Cliquez ici Voir aussi l'institut de recherche en musicologie IREMUS. Pour en savoir plus Cliquez ici LISZT À LA SOURCE Internet nous permet aujourd'hui quelque chose qui aurait été inimaginable il y a encore quelques décennies : consulter depuis chez soi certains des documents originaux de Franz Liszt conservés dans les grandes bibliothèques et archives du monde. Library of Congress — Washington La Library of Congress conserve une exceptionnelle collection consacrée à Franz Liszt : manuscrits musicaux, esquisses, premières éditions, photographies, documents personnels et correspondances. Sa Music Division conserve notamment plus de 370 lettres manuscrites de Liszt, dont la grande majorité a été numérisée. Pour en savoir plus Cliquez ici Weimar — Klassik Stiftung Weimar Weimar constitue l'un des centres fondamentaux du patrimoine lisztien. La Klassik Stiftung Weimar conserve un ensemble exceptionnel de Lisztiana, réparti notamment entre la Herzogin Anna Amalia Bibliothek, le Goethe- und Schiller-Archiv et les collections muséales. On y trouve partitions et éditions anciennes, littérature consacrée à Liszt, correspondance, manuscrits musicaux et même des livres provenant de sa bibliothèque personnelle. Pour découvrir les collections Liszt de Weimar : Cliquer ici Budapest — Musée mémorial et Centre de recherche Franz Liszt Le Musée mémorial et Centre de recherche Franz Liszt, rattaché à l'Académie de musique Franz-Liszt de Budapest, constitue un autre grand centre international de conservation et d'étude de l'œuvre du compositeur. Pour découvrir le Musée et le Centre de recherche : Cliquer ici Philharmonie de Paris La Philharmonie de Paris propose de nombreuses pages de découverte, ressources documentaires et guides d'écoute permettant d'aborder Liszt et ses œuvres. Pour lire et écouter : Cliquer ici Bibliothèque musicale La Grange-Fleuret 11 bis, rue de Vézelay 75008 Paris Associée à la Fondation Royaumont, la Bibliothèque musicale La Grange-Fleuret possède un important fonds consacré à la musique des XIXᵉ et XXᵉ siècles et de nombreuses ressources concernant Liszt. Une partie de son catalogue est consultable en ligne. Pour en savoir plus Cliquez ici POUR LES ANGLOPHONES Le Web anglophone offre de bien plus nombreuses ressources consacrées à Franz Liszt. quelques exemples pour une initiation : University of California Television — UCTV « Liszt in the World » Une conférence filmée permettant d'élargir la découverte de Liszt et de son rayonnement international. Pour voir : Cliquez ici Autres sources You Tube / Piano TV Pour une biographie simple « A Brief History of Franz Liszt » Une introduction vidéo à Franz Liszt en deux parties. Part 1 Cliquez ici - Part 2 Cliquez ici YouTube / Alan Walker (2023)"Liszt and his pupils " Pour voir : Cliquer ici You Tube / Inside the Score "Why listen to Liszt "? 2023 Cliquez ici You Tube / AuthenticSound "The real secret of Liszt unique technique revealed" 2024 Cliquez ici You Tube / Piano Music Bros "The Evolution of Liszt's Music (From 10 to 73 Years Old)" 2023 You Tube / Piano Music Bros " Top 10 Most Famous Pieces by Liszt" 2023 Une touche d'initiation consacrée au piano. Pour écouter : Cliquez ici UNE TOILE QUI NE CESSE DE S'ENRICHIR De nouveaux manuscrits sont numérisés, de nouvelles émissions apparaissent, des conférences et des concerts sont mis en ligne tandis que, malheureusement, certains liens disparaissent. Cette sélection sera donc régulièrement enrichie et mise à jour. Elle ne cherche pas à tout répertorier, mais à proposer quelques chemins sûrs et faciles pour entrer dans l'univers de Franz Liszt. Vous connaissez une ressource de qualité consacrée à Franz Liszt qui ne figure pas encore sur cette page ? N'hésitez pas à nous la signaler. Cliquez ici Philippe Cassard Paul Hubert des Mesnards Retour à connaître Liszt Cliquez ici

  • autour de Liszt

    Décourir Liszt, ses oeuvres sa vie, ses amis ses amours ... Lang Lang joue Czerny Lang Lang "l'école de la vélocité" Czerny Op. 299, 1. Presto Voir sur YouTube Cliquez ici Carl Czerny : Piano Concerto N°.1 in D minor Allegro molto agitato Concession Naxos of America Pour écouter sur You Tube Cliquez ici Franz Liszt au piano "Ein Matinée bei Liszt" -1846 Face à lui, Czerny et Berlioz Liszt et Sainte Cécile L'histoire de Saint Cécile Ste Cécile qui vécut à Rome avait réussi à préserver sa virginité bien que mariée et à convertir son mari et d´ autres au christianisme ce qui lui valut d'être condamnée à mort. Le légende raconte qu’ allant au martyre elle entendit une musique céleste. Cette anecdote en fera la patronne des musiciens . En 1585, quelques siècles après, elle fut faite patronne de la fameuse Académie nationale de Rome consacrée à la musique, l’ une des plus anciennes sociétés musicales du monde qui gère aujourd’hui hui l’ Orchestre nationale de Sainte Cécile . Cette consécration faite à Sainte Cécile, une femme, n’ a pas sauvé Maria Rosa Croccia (1759-1833) grande musicienne et compositrice italienne. En 1716 le Pape Clément Xl avait décrété que toute personne pratiquant la musique devait s´inscrire à l'Accademia et réussir l’ examen pour devenir Maître de Chapelle. A 16 ans Maria Rosa Croccia réussit brillamment cet examen mais l’ entrée lui en fut interdit parce que femme. On y joua néanmoins quelques unes de ses pièces. Liszt Écrivain et la Sainte Cécile de Raphaël Liszt y consacre la 11ieme Lettres d’ un Bachelier ès musique . Marie d’ Agoult l’ aurait écrite sous l´égide de Liszt. La première fois que le couple vit ce tableau à Bologne en 1839, ils n’ en furent pas enchantés surtout Marie qui le critiqua vivement et Liszt à qui le visage de Ste Cécile ne plaisait pas trop. Or la surprise arrive lorsque quelques mois plus tard, Liszt et Marie écrivent la fameuse 11ieme lettre du bachelier, très élogieuse à l’ égard du tableau de Raphaël . Nous citons…. "je crus reconnaître un symbolisme admirable et complet de l’ art auquel nous avons voué notre vie.. " "N’ eussiez - vous pas vu ainsi que moi dans cette noble figure le symbole de la musique à son plus haut degré de puissance". Pourquoi, que s’ est il passé entre temps ? Ceux qui auront la chance de faire le voyage en Italie avec Le conférencier, écrivain Jean-Claude Menou, pourront découvrir le tableau et peut être percer le mystère Voir le programme du voyage "Sur les pas de Liszt et Marie d'Agout en Emilie Romagne et Toscane en mai 2021 "Pour en savoir plus Cliquez ici Liszt compositeur inspiré par Sain te Cécile Deux œuvres : - La transcription pour piano de Liszt, librement inspirée de la Messe de Sainte Cécile de Gounod , que vous pouvez suivre tout au long de sa partition Cliquez ici - Une œuvre composée en 1875 pour soprano solo et orchestre, en langue française et très rarement interprétée, mais qui a été chantée par Karine Deshayes sous la direction de Laurence Equilbey, La légende de Sainte Cécile Cliquez ici Maria Rosa Coccia, 1759-1833 claveciniste et compositrice italienne Sainte Cécile par Raphaël Cosima Liszt Wagner, comment déshériter sa fille, un sujet toujours d'actualité Cosima Liszt Wagner, comment déshériter sa fille, un sujet toujours d'actualité Franz Liszt appelait sa fille « ma terrible fille » Le fut-elle jusqu’ à déshériter sa propre fille Isolde, la première qu’elle eut avec R.Wagner tout en étant encore mariée et vivant avec son premier mari Hans Von Bülow qui reconnut Isolde, prêt à tout pardonner à Cosima ? Isolde eut la fâcheuse idée d’épouser un chef d’orchestre suisse Franz Beidler qui risquait de faire de l’ombre à Siegfried, le dernier rejeton que Cosima eut avec Wagner et l’unique de sexe masculin de ses cinq enfants *. C’est donc à ce dernier, Siegfried qu’il incombait d’assurer une « digne » descendance d’autant qu’il a choisi de travailler dans le même secteur que papa, la musique et qu’il se piquait d’être chef d’orchestre comme Franz Beidler, mari d’Isolde. Il y en avait un de trop, ce fut Franz qui fut chassé de Bayreuth par sa belle mère Cosima. En 1909, Isolde très fâchée, intenta un procès à sa mère pour être reconnue fille biologique de Wagner, ce qu’elle était, et avoir sa part d’héritage. Hélas Hans Von Bülow l’ayant déclarée comme sa fille, elle fut déboutée. Cette affaire poussa enfin Siegfried toujours célibataire à 46 ans à se marier et à avoir des enfants. Ouf la descendance est assurée mais plus jamais on osa évoquer le nom d’Isolde sur la colline. A lire Cosima Wagner, la maitresse de la colline par Oliver Hilmes *Pour mémoire, les deux premières dont le père est Hans Von Bülow, Daniela 1860/1940 et Blandine 1863/1941 et les trois derniers dont le père est Richard Wagner, Isolde 1865/1919, Eva 1867/1942 et Siegfried 1869/1930 Liszt et Wagner Cosima avec son fils Seigfried, le futur chef d'orchestre Isolde, fille de Cosima, épouse de Franz Beidler, chef d'orchestre Un sujet qui déchaîne parfois les passions. En effet, il y a encore quelques wagnériens passionnés (voire intégristes ?) qui opposent Liszt à Wagner en mettant à mort le premier pour mieux glorifier le second ... Sujet à mon avis bien stérile sur lequel je n' épiloguerai pas, ils sont incomparables. Néanmoins, je soumets à votre réflexion la dernière page de l' avant-propos de Georges Liébert à la passionnante Correspondance Franz Liszt / Richard Wagner, édition Gallimard 2013, présentée et annotée par Georges Liébert: "aujourd'hui, si le canon de la littérature pianistique comprend plusieurs œuvres de Liszt, ses ouvrages symphoniques et choraux (...) ont presque disparu des programmes de concerts mais l’homme est quasiment sanctifié, tandis que Wagner dont les opéras ne quittent pas l’affiche, est diabolisé. Notre époque a donc plus d’indulgence pour les défauts et les faiblesses de Liszt que pour les qualités de Wagner. Puisse cette édition de leur correspondance contribuer à rétablir entre eux l' équilibre". Et Liébert d' enchaîner dans une note en bas de page sur l' œuvre en deux volumes d' Alan Walker ...en la qualifiant « d' hagiographie lisztienne entachée de nombreuses erreurs ». Reprenant ainsi la critique de Serge Gut auteur d’un des livres concurrents intitulé Liszt. Toujours dans la veine Liszt et Wagner : Les deux mages de Venise de Philippe André éditions Le Passeur 2015 qui conte « le récit du périple imaginaire de deux génies romantiques Liszt et Wagner dans le labyrinthe vénitien » Pour en savoir plus consultez sur le net « Luminesciences » le Blog de Jean-Pierre Luminet astrophysicien qui vous donnera vraiment envie de le lire. https://blogs.futura-sciences.com/luminet/2015/02/22/les-deux-mages-de-venise-par-philippe-andre/ FQM liszt-franz.com Jean-Yves Clément ; "Les romantiques étaient les premiers écologistes" Propos recueillis par Claire Julliard BIBLI OBS Philosophe, musicien, auteur d’essais sur Liszt et Chopin, le co-fondateur du Passeur Editeur est aussi le directeur artistique du «Nohant Festival Chopin» présidé par Yves Henry. Dans le domaine de George Sand, au charme champêtre intact, celui-ci convie chaque année en juin et juillet des talents internationaux. A travers causeries-rencontres et spectacles littéraires et musicaux, la manifestation propose sa vision d’« un romantisme nature». Entretien avec Jean-Yves Clément. BibliObs. Qu’est-ce qui vous a conduit à reprendre ce festival, dont ce sera cette année la 52e édition ? Jean-Yves Clément. Je suis depuis toujours amoureux de Chopin. J’allais chaque année comme en pèlerinage à Nohant, à une heure de Bourges où je suis né. Je m’imprégnais de l’atmosphère de ce lieu magique où il a composé ses plus grands chefs d’œuvre entre 1839 et 1947, à son retour de Majorque avec George Sand. Je n’imaginais pas alors reprendre un jour le festival ! Nous y avons été nommés ensemble en 1995, Yves Henry et moi. Nohant c’est à la fois le piano, la littérature, l’art… on n’était pas trop de deux pour s’en occuper. A l’époque, la manifestation occupait les week-ends de juin. On l’a prolongée jusqu’au 24 juillet et on y a introduit des causeries avec des écrivains, des penseurs des musiciens, des comédiens, Jean-Claude Brialy, Régine Desforges, Françoise Chandernagor pour ne citer qu’eux. Par la suite j’ai aussi lancé «lesLisztomanias» à Châteauroux dans la même région En savoir plus... . Liszt est venu deux fois à Nohant, où George Sand avait créé de manière spontanée la première communauté naturelle artistique de l’histoire. On sent chez vous une admiration pour George Sand… Oui j’admire sa modernité, sa liberté d’esprit qui pouvait en remontrer à tous les hommes qu’elle croisait. Balzac, Flaubert ou Delacroix faisaient quarante heures de diligence pour rendre visite à cette femme d’un mètre cinquante qui les toisait avec affection. Cette romancière de valeur était dotée d’un incroyable magnétisme, d’une grande vivacité, d’une générosité d’âme et d’un sens de l’amitié inégalable. Elle était supérieure à tous ces hommes sur tous ces points. Flaubert se faisait tout petit devant elle. Le Passeur republie leur correspondance en octobre. C’est une véritable leçon de vie. Dans cet échange entre deux génies, Sand a toujours le dernier mot avec sa vision de la vie, qui, pour elle, est plus grande que l’art. Les plus grands écrivains de l’époque la tenaient en grande estime. Balzac souhaitait qu’elle préface «La Comédie humaine». Hugo a fait son éloge funèbre. Vous reconnaissez-vous dans le Romantisme ? Oui, mais pas au sens convenu du terme. Le Romantisme est un mouvement de révolte contre l’ordre établi, il a parfois pris une tournure violente comme lors de l’insurrection de 1830. Liszt est allé au chevet des Canuts de Lyon, il est monté sur les barricades. Sand s’est engagée dans la Commune. Les Romantiques étaient des êtres audacieux, téméraires, rebelles, anti-bourgeois. Les valeurs qu’ils ont exaltées au XIXe siècle restent des valeurs éternelles. Je me sens proche de cette subjectivité romantique qui est au cœur de l’homme et qui a engendré des chefs d’œuvre. Pour le festival, j’ai inventé ce slogan de «romantisme nature» car les Romantiques étaient les premiers écologistes. Ils ont aimé la nature, y ont trouvé refuge et l’ont exaltée dans leurs œuvres. Le Domaine de Nohant à lui seul symboliserait-il ce mouvement ? Oui, le lieu-dit est connu dans le monde entier. La gentilhommière a gardé son charme initial, sa simplicité. Sa grande bergerie a été rénovée, elle contient quatre cents places. C’est là que sont donnés les concerts. Les plus grands pianistes y sont venus: Cziffra, Samson François, Rubinstein. L’édition 2018 accueillera entre autres pianistes Fazil Say, Marc-André Hamelin, Seong-Jin Cho. Fabrice Luchini s’y produira pour un concert littéraire avec Henri Demarquette au violoncelle et Vanessa Benelli Mosell au piano. Pour son «récit initiatique» autour de Chopin, Eric-Emmanuel Schmitt sera accompagné par Nicolas Stavy au piano. Et Marie-Christine Barrault donnera une lecture musicale des romans champêtres de George Sand avec Yves Henry au piano. Grâce à eux, l’esprit de la Bonne Dame reste présent à Nohant. Propos recueillis par Claire Julliard BIBLIOBS https://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20180430.OBS5965/les-romantiques-etaient-les-premiers-ecologistes.html Jean-Yves Clément a fait paraître en 2017 une édition revue et augmentée de son essai Les Deux Âmes de Frédéric Chopin (le Passeur Editeur) Informations pratiques : www.festivalnohant.com Gravure Maurice Sand - Domaine de Nohant "Le Monde illustre" de 1857. "Il y a des heures où je m'échappe de moi, où je vis dans une plante, où je me sens herbe, oiseau, cime d’arbre, nuage, eau courante, horizon, couleur, formes et sensations changeantes, mobiles, indéfinies ; des heures où je cours, où je vole, [...], où je brille avec les étoiles et les vers luisants, où je vis enfin dans tout ce qui est le milieu qui est comme une dilatation de mon être". George Sand Ecoutez "Le monde en un jardin" sur France Culture Cliquez ici... George Sand Festival Nohant Chopin Chaque année en juin et juillet www.festivalnohant.com Nicolas Dufetel : Richard Wagner par Franz Liszt Merci Nicolas, ce sont tout à fait les informations que nous apprécions pour la dynamique de ce site. Un livre que nous allons vite acquérir en attendant la correspondance entre Liszt et le Grand-Duc de Saxe-Weimar FQM "Chers amis, un grand bravo pour ces belles initiatives! Je réagis juste : il n’y a pas de « secret » de recherches, puisque justement, tout est publié publiquement! Vous en trouverez la liste ici (livres, articles) : http://www.iremus.cnrs.fr/fr/membres-permanents/nicolas-dufetel . Juste deux petites précisions: 1) je vous signale mon édition des textes de Liszt sur Wagner chez Actes Sud, avec un essai sur le rapport entre les deux musiciens, et 2) il n’y a pas de traduction à faire de La Mara : ses volumes (qu’on trouve en ligne maintenant, sur archive.org notamment) contiennent les lettres de Liszt dans les langues qu’il a utilisées (français et allemand). Malheureusement, ces volumes sont loin de contenir toutes les lettres qu’il a écrites, et La Mara a opéré des censures, modifications, etc. Je m’occupe actuellement de la correspondance entre Liszt et le grand-duc de Saxe-Weimar, Carl Alexander, 598 lettres (quand La Mara en a publié seulement 203 il y a un peu plus de 100 ans!). Au plaisir de vous retrouver aux Lisztomanias, avant la croisière! Bien amicalement". Nicolas Dufetel Franz Liszt et la science Liszt contemporain de Charles Darwin (1809- 1882), d' Alfred Wallace ( 1823-1913), esprit éclectique dans un siècle riche en découvertes et en progrès, l' électricité, la locomotive, le téléphone ... quels furent ses contacts avec les scientifiques, a-t-il eu connaissance des théories de Darwin, a t' il participé aux débats évolutionnistes suite à la parution en 1859 de l' Évolution des Espèces? Ce sujet m' intéresse beaucoup, s'il a été abordé dans l' une de vos lectures je serais ravie que vous m' en donniez les références. Allez à la rubrique "commentez/contribuez" et laissez votre message FQM Les femmes de Liszt, thème du festival des Lisztomanias de Châteauroux octobre 2023 Lisztomanias 2023, un très grand crû Un avis unanime au niveau de tous les spectateurs qui ont eu la chance d’ assister aux Lisztomanias 2023 « les femmes de Liszt » dont les concertistes furent toutes des femmes. Cela nous a permis de constater qu’ il y a de grandes lisztiennes parmi les pianistes d’ aujourd’hui qui, avec un supplément d’ âme et d’ engagement, nous permettent de goûter différemment les œuvres du grand compositeur . Les Lisztomanias 2023 ont ainsi compensé le festival 2022 où il n’ y eut qu’ une seule invitée femme, Marie Vermeulin. Nous pouvons espérer que l’ an prochain, il y aura la parité à Châteauroux comme elle existe pour d’ autres festivals consacrés à Liszt ainsi de « Liszt en Provence » ou de la biennale Listz à Weimar. Françoise Quédeville Marmey Vous avez besoin de vous remémorer la place des femmes dans la vie de Liszt Cliquez ici Pour accéder au site internet des Lisztomanias de Châteauroux Cliquer ici Les très riches heures des Lisztomanias 2023 Le "billet" de Marie Hutin Pouvions-nous imaginer au XIXe siècle un tel enchantement musical deux cents ans plus tard ? Pouvions-nous imaginer que Franz Liszt, « la plus grande force musicale du XIXe siecle » selon Nicolas Dufetel, lors de cette rencontre internationale 2023 susciterait autant de considération et d'échanges ? Sous le signe de l'excellence, osons le dire, les Lisztomanias ont eu à cœur , cette saison, d'aborder le sujet des femmes qui ont été proches de notre compositeur, ont œuvré pour lui, ont su transmettre sa mémoire et furent connues grâce à lui: Inspiratrices, épistolières, romancières ,... femmes aimées, créatrices, amies ,... femmes demeurées dans son rêve ...; élèves, disciples, « membres de la petite église dispersée » (1) , mécènes, confidentes ; femmes pianistes, compositrices, cantatrices,... soutenues par Liszt, encouragées, recommandées et admirées. « Quand on ouvre une partition, on est devant du beau » (2) … Au cœur et à la source de notre séjour lisztien, les Cours d'Interprétation de Bruno Rigutto, épiphénomènes de sa réflexion et de son intériorité artistique, n'ont eu de cesse, à travers trois jeunes pianistes au féminin, de nous rendre plus familières encore les œuvres jouées. Au sein de cette Chapelle où règne une alchimie toute lisztienne, l'exigence de l’interprétation transmise par Bruno Rigutto fût dotée du don d'élever le jeu sans jamais vouloir changer la particularité de chacune. De Bach à Prokofiev, Rameau, Haydn, Chopin, Shumann, Liszt, Franck,Debussy , Ravel … Et pour terminer ce voyage musical du XVIIe au XXe siècle, le Concerto n° 2 de Rachmaninov sur deux pianos, … moment intense, dans la pensée que nous étions de cette rencontre prévue à la fin de l'année 1886 entre F. Liszt et le tout jeune Rachmaninov et qui n'a pu avoir lieu... « Liszt est plus que la musique, Liszt va au-delà de la musique ». Ces mots de Nicolas Dufetel nous invitent à nous pencher vers le regard qu'il nous propose, regard incarné, regard sensible sur l'homme qui rassembla en lui l'art virtuose, la création dans toute sa splendeur, l'écriture, mais aussi le questionnement intérieur, secret, constant,... et l'élan spirituel, source intarissable de son œuvre. Tout ce qu'il porte en lui, il le donne. Et c'est ici que Nike Wagner dans un dialogue avec N. Dufetel nous a offert des éléments de réflexion précieux, indispensables à notre compréhension de l'histoire lisztienne et de Liszt lui-même. Les liens entre Liszt et Clara Schumann, éclairés par Brigitte François-Sappey , nous ont montré à quel point Liszt était non seulement concerné par les artistes de son époque, mais nourrissait des liens tangibles, affectueux, amicaux , reconnaissants. La ville aux six pianos... Les pianos de Vincent Bergerault, spécialement dédiés aux Lisztomanias, posés ici et là, au fil des évènements, en toute discrétion. De la Chapelle F. Liszt, au Saint Hubert, à l'Equinoxe et autres lieux, Châteauroux fait sonner en son sein le rêve de Liszt et de George Sand. Six pianos réglés avec finesse ont reçu la pensée musicale de pianistes, si différentes les unes des autres et dédiant à nos sens leur propre rencontre avec Franz Liszt, Clara Schumann, Sophie Menter, Adèle aus der Ohe, etc... La reconnaissance de Franz Liszt pour ses pères, les sources littéraires, spirituelles et émotionnelles dont il s'imprègne, l'envie d'être acteur de cette offrande musicale ravive en nous ce moment unique du récital d'Anne Queffelec, évoquant le monde dans lequel nous vivons , puis jouant dans un recueillement collectif – silence absolu chargé de sens, des transcriptions de Bach, Haendel, ainsi que Scarlatti et Beethoven. Le décor est posé. Tout au long de cette semaine d'octobre, les sons s'envolent puis retombent, s'enfouissent et se posent et viennent chercher en nous l'écho... tout comme peut-être nous cherchons en eux la vibration intérieure. Noblesse de Véronique Bonnecaze dans Liszt , Chopin, Rachmaninov et Schubert … Fraîcheur et profondeur de Lynn Renouil-Hata, seize ans, en duo avec Eliane Reyes dans l'Elégie n° 1 pour violoncelle et piano de Liszt. Enfin, dans un partage chaleureux de ce qui l'anime, Béatrice Berrut a joué cet « élan d'amour » de Robert pour Clara Schumann qu'est la sonate en fa dièze mineur op.11, intitulée « Pour Clara... », ainsi que les deux ballades de Liszt. Toutes ces œuvres aimées, travaillées et pensées venant s'unir au passé musical de la Chapelle Franz Liszt. Dans une mise en scène étincelante, sombre ou chatoyante , mouvante et parfois symbolique, les récitals de L'Equinoxe de Châteauroux ont suscité l'enthousiasme d'un public curieux , souvent connaisseur à qui était proposé l'argument d'un émerveillement nouveau. Mariam Batsashvili, habitée par Liszt, théâtrale et authentique, nous a donné l'impression d'un jeu au delà du jeu, nous faisant peut-être approcher le sentiment de la « Lisztomanie » provoquée voici deux siècles par le jeu de Liszt lui-même... Autre période de la vie de Liszt, tant espérée, tant attendue par lui-même, celle de l'écriture de son œuvre. « Les harmonies poétiques et religieuses », sous les doigts de Saskia Giorgini suggérant avec art l'atmosphère de chaque poème de Lamartine, de chaque prière. Son jeu, empreint de délicatesse, de profondeur, de vérité et de fluidité nous entraîne loin en nous-mêmes et au-delà de nous-mêmes dans cette vision poétique. Enfin, les doigts de velours de Etsuko Hirose , irisent et scintillent, effleurent les touches dans la lumière dorée, éveillant notre admiration, retenant notre souffle, comme un rêve, entre temps et éternité, entre matière et immatérialité … Les perceptions erronées et les légendes cèdent désormais la place à une appréciation nouvelle de l'étendue de la personnalité de Liszt ainsi que de l'ampleur de son oeuvre. Et pour conclure notre sujet, nous aimons à dire que les liens avec Marie d'Agoult d'une part, puis avec Carolyne de Sayn-Wittgenstein d’autre part, furent instigateurs d’une force créatrice considérable et indomptable. « La musique de Liszt est une musique ouverte » nous dit Serge Gut, « il ouvre des voies, conclut N.Dufetel, qui ont permis à d'autres de s'en inspirer ». Il y aurait encore tant à dire, mais il y eut tant à vivre ! Marie Hutin, membre de SPL (1) : F. Liszt (2) : B. Rigutto Marie Hutin Nicolas Dufetel et Nike Wagner Brigitte François-Sappey Anne Queffelec Etsuko Hirose Françoise Quédeville Marmey Lisztomanias

  • Carillon | Lola

    Carillon Liszt et Philip Glass Composé par Liszt en 1870 pour l'anniversaire de sa petite fille Daniela von Bulöw, l'Arbre de Noël est un ensemble de douze pièces, souvent inspirées de chants de Noël. La sixième intitulée Carillon rappelle par le rythme saccadé du carillon la musique minimaliste de Philip Glass "Music with changing parts". Première minute à écouter pour comparaison. Music with changing parts de Philip Glass Cliquez ici Carillon extrait de l'Arbre de Noël de Franz Liszt Cliquez ici P our prendre plaisir à cette oeuvre dans son intégralité écouter les interprétations de France Clidat et Leslie Howard Retour à oeuvres pour piano Cliquez ici

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